DR

Une dramédie présentée en compétition officielle.

L'année prochaine, cela fera pile-poil trente ans qu'Hollywood a scellé le sort de la représentation des autistes à l'écran avec Rain Man. Depuis, l'imaginaire autour du syndrome d'Asperger n'a pratiquement pas bougé d'un iota : celui qui en est atteint est forcément un génie des mathématiques ou du raisonnement déductif. Les exemples pullulent sur le petit écran (de Sherlock à The Big Bang Theory, en passant par Touch ou Alphas), sans qu'aucun scénariste ne vienne remettre en question la vision imprimée par le film de Barry Levinson. Si Atypical a dernièrement relancé le débat en explorant des territoires encore vierges à la télévision (les relations amoureuses à la sortie de l'adolescence), c'est une production israélienne qui chamboule aujourd'hui avec brio toutes les idées reçues.

Présentée en avant-première mondiale et en compétition officielle au festival Séries Mania, On the Spectrum déconstruit le mythe à travers le quotidien de trois jeunes adultes autistes qui vivent en colocation. Obsessions (l'amour, la nourriture, la télévision, un robot nettoyeur Roomba...), difficultés à communiquer, incompréhension des règles qui régissent la vie en société : On the Spectrum aurait rapidement pu verser dans le pathos si ses showrunners ne visaient pas tout autre chose. Portrait d'un réalisme sidérant de l'autisme sous toutes ses facettes, la série prend son sujet très au sérieux tout en s'autorisant à rire des réactions souvent lunaires de ses protagonistes, sans jamais s'en moquer. Portée par ce regard toujours bienveillant, la série se niche miraculeusement dans l'espace – très réduit, vu le sujet – entre comédie et drame. C'est parfois bruyant, presque cacophonique, mais toujours drôle et d'une douceur inouïe. Pour le moment, On the Spectrum n'a malheureusement pas de diffuseur français.

A lire aussi sur Première