dragon ball super film
Toei animation

On a vu le 20e long-métrage de la saga, et c'est certainement l'un des plus intéressants.

Goku, Vegeta & co débarquent en France cette semaine. Un mois après sa sortie japonaise très remarquée, Dragon Ball Super : Broly arrive enfin dans nos cinémas, avec une douzaine d'avant-premières, un peu partout (mercredi 23 et jeudi 24 janvier), en attendant la "vraie" sortie française, le 13 mars prochain. Un 20e film, pour la franchise Dragon Ball, qui a cette particularité cruciale d'être une suite directe de la série.

Carton au Box Office US pour le film Dragon Ball Super : Broly

Chose rare, ce film rentre donc dans les canons officiels de la saga, et ça change tout. Contrairement aux OAV classiques, il ne se contente pas de raconter une petite histoire indépendante, subsidiaire, oubliable. C'est un énorme morceau du puzzle, qu'on découvre pendant 1h30. Et pas n'importe quel morceau ! Attention spoilers...


Un flashback indispensable et jubilatoire

L'ouverture de Dragon Ball Super : Broly nous ramène dans le temps. Une bonne quarantaine d'années en arrière. À cette époque, la planète Vegeta existe toujours, sous le règne du Roi Vegeta, qui suit avec impatience l'évolution en couveuse de son héritier, le très prometteur Vegeta, 4eme du nom, au potentiel impressionnant. Mais un autre bambin se distingue au sein de la nurserie : le fils du Colonel Paragus, un certain Broly, dégage un potentiel encore plus extraordinaire ! Face à cette menace scandaleuse, le Roi décide d'exiler bébé Broly sur une planète lointaine. D'autant que la race guerrière des Sayiens plie déjà le genou devant une armée ennemie, celle du Roi Cooler. Ce dernier vient d'ailleurs annoncer une grande nouvelle à ses sujets : il se retire et laisse le commandement à son cruel fiston, le terrifiant Freezer. Sauf que le jeune tyran craint plus que tout de voir les Sayiens se révolter contre lui. Il a peur notamment du légendaire Super Sayian. Alors il va prendre une mesure radicale : il décide de détruire purement et simplement la planète Vegeta et ses guerriers. Parmi eux, le redoutable Bardock est le seul à avoir senti le coup venir. Après avoir prévenu sa femme, la jolie Gine, il s'active pour voler une capsule spatiale et envoyer son petit garçon, Goku, vers une lointaine planète, la Terre, où Freezer n'ira pas le chercher...

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Oui, il se passe beaucoup de choses, au cours de cette longue séquence flashback, qui occupe quasiment un tiers du film. Probablement la partie la plus intéressante pour les fans, puisqu'elle nous emmène pour la première fois, officiellement, sur la planète Vegeta. On découvre ainsi comment vivaient les Sayiens. Comment Freezer est arrivé au pouvoir, comment il a détruit leur planète et leur race. On comprend aussi un peu mieux la cutlure locale et le rapport des guerriers à leurs progénitures, plus motivés par la quête génétique de puissance que par la notion d'amour (Raditz, par exemple, se moque pas mal de ce qui a pu arriver à son petit frère). On retrouve avec nostalgie ce bon vieux Nappa (avec des cheveux). Et on fait surtout la connaissance des vrais parents de Kakarot : le courageux Bardock et sa tendre Gine, deux Sayiens lambda, qui ont eu la présence d'esprit de sauver leur enfant... Alors même si tout cela avait déjà été plus ou moins raconté au fil des épisodes des différentes séries, même s'il n'y a pas vraiment de grosses révélations, ce retour aux origines de Goku et Vegeta (et Broly) nous informe intelligemment sur les guerriers qu'ils sont devenus par la suite. Il bouche quelques trous majeurs de leurs histoires, réalisant au passage, à l'écran, de vieux fantasmes de fans...

La nouvelle histoire de Broly

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Au-delà de ce flashback, le film nous présente donc pour la première fois - officiellement - le plus fort d'entre tous les Sayiens, l'impressionnant Broly. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que cette nouvelle version n'a pas grand chose à voir avec celle de l'OAV de 1993. S'il y a toujours Paragus, le père, qui cherche à se venger, on découvre cette fois un Broly brimé, maltraité, mais essentiellement doté d'un bon fond. Un Broly tout simplement manipulé, et dont la toute puissance innée n'est pas vraiment expliquée. En tout cas, il s'avère plus fort que le Dieu de la Destruction Beerus... mais moins fort que Whis !

Un grand combat un peu décevant

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Le point culminant du film, cette baston qui oppose Vegeta puis Goku (comme d'hab) à Broly, manque toutefois de pas mal d'éléments dramatiques, pour vraiment nous enflammer. Si la superbe animation, soignée et dynamique, est très appréciable, elle se déroule exactement comme prévu, étape par étape, de Super Sayian à Super Sayian Blue, en passant par la version "God", jusqu'à la fusion Gogeta, déjà révélée avant la sortie du film. Une fusion ultime, qui rentre donc aussi dans les canons de la saga, et qui suffira à mettre Broly au tapis, au terme d'une battle de 30 minutes en mode automatique.

Un sens de l'humour toujours bien présent

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Au moins, on se sera bien marré, en voyant Vegeta piquer une colère, à l'idée de dévoir effectuer cette fameuse petite danse ridicule pour réussir la fusion. Parce que d'une manière générale, le ton du film est très léger. Ce Dragon Ball Super : Broly ne fait pas dans le pathos ou la dramaturgie, et préfère s'amuser avec les Dragon Ball (que Bulma et Freezer veulent réunir pour deux souhaits improbables) ou transformer Beerus en babysitter...

Une histoire parfaitement imbriquée dans la série

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Et puis ce 20e long-métrage a la bonne idée d'avoir été pensé comme un chapitre à part entière de Dragon Ball Super. Il reprend l'histoire là où on l'a arrêtée, en mars dernier, et il enchaîne à la suite du Tournoi du Pouvoir. Goku sait qu'il existe des êtres plus forts que lui, dans les différents univers (n'est-ce pas Jiren ?) et il est donc encore loin d'être arrivé au bout de sa quête de puissance. Surtout après avoir fait la connaissance de Broly.

Par ailleurs, il va bien falloir continuer à défendre la Terre, car Freezer, 40 ans après avoir pris les commandes de la planète Vegeta, n'en a toujours pas fini avec les Sayiens. Le voilà ressuscité pour de bon et en mission pour reformer une armée monstrueuse, comme à la grande époque de son père... La boucle est bouclée et de manière étonnante, Akira Toriyama réussit ainsi à faire le lien entre les orgines de la saga et sa version actuelle. En attendant le prochain épisode...