Plaidoyer pour Iron Fist, le premier soap Marvel (critique)

Iron Fist Netflix

La nouvelle super-série de Netflix est attaquée de tous les côtés. À tort ?

Un nouveau super-héros débarque dans les rues de New York sur Netflix : la première saison d'Iron Fist sera mise en ligne ce vendredi, partout dans le monde. L'histoire de Danny Rand, jeune héritier d'une riche compagnie américaine, que tout le monde croyait mort et qui rentre chez lui, après 15 ans d'absence. Suite au crash du jet privé familial, dans l'Himalaya, Danny a perdu ses parents et a été élevé pendant tout ce temps par les moines guerriers de K'un-Lun, qui lui ont enseigné le kung-fu et qui ont fait de lui le nouvel Iron Fist...

Après les succès de Daredevil, Luke Cage et surtout Jessica Jones, Iron Fist est-il à la hauteur ? Absolument pas, juge la presse américaine, particulièrement critique vis à vis de la dernière création Marvel. Flinguée par de nombreux critiques, elle est déjà considérée comme l'un des premiers gros faux pas de Netflix. Un drama insipide, mal écrit et mal casté. Forcément, on a envie de défendre le dernier Defender.

Verra-t-on Iron Fist dans d'autres séries Marvel ?

Et ce n'est pas facile, puisqu'il faut avouer que sur la forme, Iron Fist ne joue vraiment pas dans la même catégorie que ses prédécesseurs : la réalisation, quelconque, n'aide pas à mettre en valeur la Big Apple ; la photographie bas de gamme tranche avec le style délicatement sombre d'un Luke Cage, d'autant que la série ne s'appuie pas sur l'authenticité intimiste d'un quartier comme Harlem ou Hell's Kitchen ; les dialogues n'ont pas le piquant nécessaire et le héros central manque indéniablement de charisme pour tenir la comparaison avec les autres. 

C'est certain, Iron Fist n'est pas la super-série ultime. Logique : il faudrait plutôt la prendre comme un bon vieux soap à la sauce Marvel. Plus qu'un vengeur au poing d'acier, il faut regarder l'histoire de Danny Rand comme celle d'un garçon disparu depuis longtemps, qui tente de reprendre l'empire de son père. Un héros qui essaie de faire valoir ses droits et de se réapproprier son identité passée. Mais aussi la fable un ado dans le corps d'un adulte, qui n'a pas pu grandir normalement et qui se retrouve en décalage total avec son entourage. Un orphelin en perpétuelle recherche d'une nouvelle famille. Un gamin toujours amoureux de son amie d'enfance et un moine de l'Himalaya totalement déphasé par le monde moderne.

Une rampe de lancement pour The Defenders

C'est par l'évolution et l'ascension de Danny au sein de l'ancienne société de son père qu'Iron Fist s'apprécie. La série prend la forme d'un récit initiatique et romanesque, qui, comme tout soap, n'évite pas quelques grosses ficelles et pas mal de clichés. En somme, une approche différente du super-héros, beaucoup plus légère, moins neurasthénique et ténébreuse, mais qui ne manque pas de fraîcheur. Une vision qui change aussi du style dark et abîmé d'un Luke Cage ou d'un Daredevil. Avait-on vraiment envie de voir un Danny Rand rongé par la vie, énième écueil du vengeur moderne, contraint d'enfiler le costume du sauveur ?

Le showrunner d'Iron Fist nous dit tout sur Danny Rand et son pouvoir

Oui, Iron Fist se prend moins la tête et joue plus volontiers la carte de la série décérébrée. Et elle n'oublie pas, au passage, de s'intégrer pleinement dans l'univers Marvel de Netflix. Véritable suite de Daredevil - bonjour La Main ! - elle joue aussi le rôle de rampe de lancement pour les Defenders. De fait, on oublie ici l'aspect "quartier local" qui faisait la saveur des précédentes super-séries Netflix, pour explorer une mythologie beaucoup plus vaste, voire carrément inter-dimensionnelle. De ce point de vue, les six premiers épisodes (ceux mis à disposition de la presse) ouvrent une perspective intéressante pour la suite de la franchise. Et il était temps ! Alors non, Iron Fist n'est pas un total ratage insoutenable. Il faut juste l'appréhender pour ce qu'il est : un super-soap annonciateur de The Defenders.

Iron Fist, saison 1 en 13 épisodes, sur Netflix, à partir du 17 mars.

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