Philip K. Dick’s Electric Dreams est un très bon clone de Black Mirror (critique)

Philip K. Dick’s Electric Dreams

Des échos de Blade Runner, Total Recall et A Scanner Darkly habitent cette anthologie SF anglo-américaine pleine de stars et de lentes rêveries sous LSD.

Le diffuseur anglais Channel 4 est désormais plus connu dans l'industrie pour avoir « perdu » Black Mirror que pour l’avoir enfanté. Suite à son rachat par Netflix en 2015 (pour la modique somme de 40 M$), la chaîne eut la mauvaise surprise de découvrir qu’elle ne disposerait pas d’une fenêtre de première diffusion en Angleterre pour les nouveaux épisodes. Une situation embarrassante qui fit exploser le créatif en chef, Jay Hunt, à coups de « Channel 4 a fait de cette idée potentiellement dangereuse une marque mondiale ! » et de « Voilà comment on récompense la prise de risques dans ce métier ! ». Ambiance... On sait maintenant, grâce à Philip K. Dick’s Electric Dreams, cofinancée par Amazon Prime, à quel point la chaîne en avait gros sur la patate. Tirée des nouvelles du gourou SF torturé (les ayant-droits en mettent 150 à disposition de la production), la série est un clone quasi avoué de Black Mirror. Même tonalité adulte, même quête de vertige contemporain, mêmes standards de qualité, même atmosphère parano... Certains segments pourraient s’intituler Black Mirror qu’on ne verrait pas la différence. Bien sûr, le format « anthologie » des deux séries rend la frontière encore plus floue.

Vortex

La griffe anglo-américaine du show entraîne une légère disparité de style et de sensibilité d’un épisode à l’autre, tout en proposant un beau panel de stars (Steve Buscemi, Anna Paquin, Terence Howard, Vera Farmiga, Bryan Cranston...). Là où Black Mirror puise ses scénarios dans l’omni-dépendance à la technologie, Electric Dreams carbure à la grande question des origines, aux réalités superposées, au mystère de la perception et aux vertiges de l’identité, tous ces thèmes phiosophico-médicamenteux chers à K. Dick. Son héritage cinéma est plus que visible dans le premier épisode, The Hood Maker, un polar rétro-futuriste situé dans un État policier où la libre pensée est menacée, qui fonctionne comme un Blade Runner à petit budget. La série aimerait vous plonger dans un état de fugue cérébrale (Real Life) ; tous les épisodes cherchent à atteindre une étape intermédiaire entre l’éveil et l’hypnose qui est la définition même du vortex « dickien ». Quand ça marche, c’est un rêve de SF.


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