Lethal Weapon : que vaut la nouvelle série adaptée de L'Arme Fatale ? (review)

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Ne sont-ils pas un peu trop vieux pour ces conneries ?

Trente ans après leur première sortie au cinéma, Riggs et Murtaugh reprennent du service, pour une adaptation télé bien tiède, mais qui évite miraculeusement le pire, craint par tous les nostalgiques de Mel Gibson et Danny Glover. Alors que vaut ce Lethal Weapon, diffusé aux Etats-Unis sur la Fox depuis mercredi soir ?

Côté histoire, zéro surprise : le showrunner Matt Miller a opté pour un remake pur et simple, avec l'ancien agent des stups du Texas, qui déménage à Los Angeles, après la mort tragique de sa femme et son bébé. Brillant mais tête-brûlée, courageux mais suicidaire, Martin Riggs va faire équipe avec le "vieux" Roger Murtaugh, qui vient tout juste d'échapper à une crise cardiaque et qui regarde la retraite droit dans les yeux. Ensemble, ils vont faire équipe, pour le meilleur et pour le pire.

La subtilité, ce n'est pas le fort de Lethal Weapon. La série marche allègrement sur la sophistication du scénario tissé en 1987 par le génial Shane Black. Pas question de se prendre la tête en circonvolutions. Ici, tout est servi brut, à consommer sur place. L'accident mélodramatique de Madame Riggs, la santé minutée de Murtaugh (avec une smart-watch, parce c'est moderne), les tendances hyper-suicidaires de Riggs... Le drama mitraille ses poncifs grossiers en 10 minutes, pour mettre derrière lui une histoire qu'on connaît déjà, et passer à autre chose : un "cop show" tendance "buddy movie", qui enchaînera les enquêtes de la semaine sans sourciller. Et bientôt, ne restera plus de L'Arme Fatale que le titre.

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Pour autant, il faut avouer que ce pilote n'en est pas moins divertissant. Parce que les personnages créés par Shane Blake restent de bons personnages. Parce que le réalisateur McG (à qui l'on doit les films Terminator Salvation et Charlie's Angels notamment) a eu les moyens de mettre en scène quelques séquences d'action efficaces. Et surtout parce que l'alchimie entre Damon Wayans et Clayne Crawford opère à plein régime. Si l'ancien papa de Ma Famille d'Abord est loin d'égaler l'élégance burlesque de Danny Glover (d'ailleurs, à l'image, il a juste l'air trop jeune pour ces conneries), Crawford est une vraie bonne surprise. Moins intense que Mel Gibson à l'époque, cet acteur méconnu, aperçu dans Rectify, apporte tout de même une certaine épaisseur au personnage et ne manque clairement pas de charisme.

Reste que tout ça est un peu ridicule et sans réelle ambition. Et la triste question qui demeure à la fin de ce pilote, c'est : le monde avait-il vraiment besoin d'une nouvelle Arme Fatale ?

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