Leila Bekhti: "Jour polaire est l'une des expériences les plus fortes de ma carrière"

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Ce lundi, Canal plus démarre la diffusion de sa toute nouvelle création originale : Jour Polaire avec à son casting, l’actrice Leila Bekhti. Nous l’avons rencontrée.

Située au cœur de l’Arctique à Kiruna, une ville suédoise du cercle polaire aux confins de la Laponie, dans le pays des Samis, la série Jour Polaire est une création du duo Måns Mårlind et Björn Stein à qui nous devons déjà la série Bron / The Bridge.
 
Leila Bekhti y joue le capitaine Kahina Zadi, de l'Office central pour la répression des violences aux personnes, dépêchée sur place, afin d’enquêter sur le meurtre particulièrement atroce d’un ressortissant français. Pour lui prêter main fort : le procureur Anders Harnesk (Gustaf Hammarsten), moitié suédois, moitié Sami (autrement dit lapon) : une population minoritaire en Suède, souvent victime du racisme qui entre en résonnance avec les origines algériennes de l’héroïne.  
 
Leila, c’est votre première série, pourquoi si tard ? 
On ne m’avait jamais vraiment proposé de série, avant. Oui une fois, il y a quelques temps, mais je n’avais pas été emballée. Du coup, j’ai décliné. Là, c’était différent. Les séries scandinaves m’ont toujours beaucoup touchée. J’avais adoré Bron, The Killing aussi. J’aime les séries noires, la pluie, la nuit… Et quand mon agent m’a parlé de cette série suédoise, j’étais super contente. Le problème c’est que c’était en anglais et que je n’ai pas le niveau. Du coup je suis allée aux essais sans y croire et donc sans rien en attendre. La chance que j’ai eue, c’est qu’il y avait deux scènes en anglais et surtout une en français que j’avais super bossé. Ensuite, ils m’ont rappelée pour un deuxième test, pour vérifier mon anglais. Là je me suis préparée à mort avec un coach, mais je reviens de loin. En anglais, je ne connaissais même pas les jours de la semaine.

Au-delà de votre goût pour les séries scandinaves, qu’est-ce qui vous a attiré dans ce projet ? 
J’ai adoré l’intelligence d’écriture, l’idée de parler d’une minorité dont la majorité ne reconnait même pas l’existence. C’est très malin, car du coup mon personnage Kahina - qui est d’origine algérienne, ne sait rien du peuple Sami [« Lapons » en français. NDA]. En gros, elle en connait autant que n’importe quel français.  D’origine bordelaise, par exemple : elle n’y connait rien ! Et puis j’ai aimé l’écriture du personnage -c’est ce que j’aime dans les séries scandinaves- ses failles, son histoire. J’ai aimé ne pas l’aimer, quelquefois…
Et puis j’allais devoir me plonger dans un vrai univers. Moi quand on me parle de Kiruna [ville suédoise du cercle polaire où se situe l’action. NDA], je ne sais pas ce que c’est. Les Samis, je ne sais pas ce que c’est. Quand on me parle de cette nuit qui n’arrive pas, je n’y crois pas. Je n’avais jamais entendu parler d’une ville qui bouge… Et puis surtout, ce n’est pas qu’une simple enquête policière, un énième Cluedo. Cette série dit quelque chose sur la société, elle soulève pas mal de questions.
 
Comment définiriez-vous Kahina ?
Pour moi ce personnage, c’est une force faible, elle se noie depuis des années, tout le monde la pense forte, alors qu’elle soigne juste les apparences. Ce que j’aime en elle, c’est qu’elle est justement loin de moi. Il y a certes quelques points communs, mais c’était un vrai rôle pour moi. Une expérience très forte au-delà du tournage en lui-même qui fut, à vrai dire, assez dure. Il n’y avait rien à faire là-bas, il faisait vraiment froid. Quand la nuit ne vient pas, on a l’impression que la journée ne finit jamais. Plus cette sensation d’être au bout du monde, ça épuise. Fascine et épuise… 
Mais justement, pour elle, cette nuit qui ne vient jamais va peut-être lui permettre de retrouver la lumière.
D’ailleurs je n’ai pas pu enchaîner sur un autre tournage après ce rôle. Je n’avais pas la force de raconter autre chose. C’est sûrement l’une des expériences les plus fortes de ma carrière. J’ai le sentiment d’avoir un peu changé après le tournage. Pour moi avant, la solitude était synonyme de tristesse par exemple. Depuis, j’en ressens le besoin, je prends un peu plus le temps pour moi.

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