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Les créateurs de Sherlock sont vraiment doués. Leur nouvelle adaptation d'un classique de la littérature britannique est, une fois encore, une délicieuse réussite.

Il a déjà été invité à entrer chez nos voisins britanniques. Après avoir fait des ravages sur la BBC, Dracula débarque ce samedi 4 janvier dans les foyers français, sur Netflix, pour trois épisodes de 90 minutes, littéralement saignants !

L'histoire nous ramène en Transylvanie, en 1897. Le gentil Jonathan Harker, travaillant pour un cabinet d'avocats londoniens, se rend dans le château du Comte Dracula, pour lui faire signer des papiers importants : ce mystérieux seigneur d'Europe de l'est vient d'acquérir des propriétés en Angleterre. Jonathan, qui a laissé sa douce Mina au pays, espère boucler l'affaire au plus vite. Mais il se retrouve, sans s'en rendre compte, prisonnier de ce mystérieux personnage manipulateur et de son château labyrinthique...


Après SherlockSteven Moffat et Mark Gatiss s'attaquent donc à une autre icône de la littérature britannique. Reprenant à leur compte le roman épistolaire de Bram Stoker, ils signent une adaptation effrayante, drôle, originale, à la fois hommage aux classiques du cinéma d'horreur... tout en s'offrant par moment le luxe de pasticher celui-ci ! Parce que oui, ce Dracula-là ne manque pas d'humour. C'est le moins qu'on puisse dire. "Il fait ça depuis 400 ans. Forcément, il y prend du plaisir. Sinon, pourquoi serait-il resté sur la Terre tout ce temps ?", nous confiait récemment Moffat avec un sourire en coin. Force est de constater que le duo est allé au bout de son idée. La série oscille de manière audacieuse entre grands moments de rires et sombres séquences sanglantes, voire angoissantes. Elle parvient à jongler entre une série de genre pure et dure, sanguinolente, celle qui vous fait frémir au fond du canapé, et une comédie pétillante, spirituelle et irrévérencieuse. Et voilà comment on fait rentrer le vieux suceur des Carpates dans la pop culture du XXIe Siècle !

L'exercice de style a quand même ses limites et la série est assez déconcertante par moment, il faut bien l'avouer. Les scénaristes ont poussé le curseur un peu loin par instant. Certaines joutes verbales aux envolées presque burlesques sont trop appuyées et dissonent avec l'ambiance gothique qui s'impose naturellement. Le Comte se veut systématiquement impertinent et perd au passage un peu de son inquiétante aura. Soeur Agatha, dont le personnage a été considérablement renforcé (par rapport au roman) se montre aussi bien facétieuse pour une nonne du XIXe Siècle... Mais qu'importe, on se laisse guider par cette lettre d'amour à Dracula avec beaucoup de plaisir. Claes Bang (révélé dans The Square) fait un magnifique et charismatique vampire des plus classiques, rappelant bien souvent Christopher Lee et le Nosferatu original (la série a d'ailleurs été filmée dans le même château, en Slovaquie). Moffat et Gatiss savent vraiment adapter les grands classiques comme personne.