Discovery fait entrer Star Trek dans le XXI siècle (critique)

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Une grande série SF, visuellement éblouissante.

Les Trekkies se déchirent déjà sur les réseaux sociaux. On ne dépoussière par Star Trek sans prendre quelques coups de "bat'leth" sur les doigts ! Pourtant, n'en déplaise aux puristes coincés dans les années 60, Discovery réussit à emmener la franchise là où elle n'est jamais allée. Attention spoilers !

Notre reportage sur le tournage de Star Trek : Discovery

L'histoire commence une petite décennie avant les événements de Star Trek, la série originale. On découvre Michael Burnham, une jeune humaine, commandante en second de l'USS Shenzhou, sous les ordres de la Capitaine Philippa Georgiou. Après avoir perdu sa famille dans une attaque klingonne, lorsqu'elle était enfant, Michael a été recueillie et élevée par les Vulcains, et notamment par Sarek (le père de Spock). Devenue adulte, elle a été placée dans ce vaisseau d'exploration de la flotte de la Fédération, et jongle depuis, non sans mal, entre sa nature humaine et sa culture vulcaine. Jusqu'au jour où l'USS Shenzhou croise la route d'un objet non-identifié, caché en orbite autour d'une Étoile binaire. La commandante Burnham est envoyée sur place, pour découvrir de quoi il retourne. Elle se retrouve alors nez à nez face à son pire cauchemar : un guerrier klingon...

À l'image de son superbe générique, l'ouverture de cette 6e itération de la célèbre franchise créée par Gene Roddenberry est simple, directe et merveilleusement efficace. Dès les toutes premières secondes, Star Trek : Discovery pose sa marque, une marque avant tout visuelle, éblouissante, et probablement jamais vue encore à la télévision. CBS a pris tout son temps pour être sûre de bien faire les choses. La chaîne américaine a mis les moyens. Et ça se voit à l'écran. La photographie est parfaite, et n'a rien à envier aux récents longs-métrages de JJ Abrams. Les décors sont dans la même ligne (et rendent encore plus pathétique la parodie ratée de Seth MacFarlane). Et si les batailles spatiales, à grands coups de canons lasers, sont un peu brouillonnes, les effets spéciaux demeurent de grande qualité, digne d'un blockbuster hollywoodien. C'est certain, la saga SF la plus culte du petit écran n'a jamais été aussi belle. Et quand on revoie aujourd'hui les images de Star Trek Enterprise (en 2001), on se dit que Discovery fait enfin rentrer Star Trek dans le XXIe siècle.

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Oui, ce grand pilote d'1h30 - qui est en fait un prologue à la série - mise d'abord et avant tout sur de l'action à couper le souffle et un rythme intense (malgré quelques problèmes de montage surprenants). Mais il prend aussi le temps de développer le personnage de Burnham, qui sera par la suite au centre de Discovery, d'une manière inédite dans la saga. Car Michael n'est pas une Capitaine de la Fédération. Elle n'a pas l'ambition d'être l'héritière de Kirk ou Picard (pas pour l'instant en tout cas). Si le show tire son nom du vaisseau principal de la série - dans la plus pure tradition de la franchise - c'est bien le destin de la jeune Burnham que conte cette nouvelle série. Et dans la peau de l'héroïne, Sonequa Martin-Green prouve rapidement qu'elle a le charisme et le talent suffisant pour être bien plus que l'agaçante Sasha de The Walking Dead (ouf, on avait quelques doutes) !

Discovery pose ainsi les bases convaincantes et enthousiasmantes de ce qui a tout d'une grande série de science fiction. Mais elle n'oublie pas, au passage, de respecter soigneusement un demi siècle d'héritage Star Trek, ses codes, ses obligations, et bien sûr, sa mythologie. La guerre entre la Fédération et les Klingons sera le coeur de la saison 1 et les Trekkies (qui regarderont peut-être la série avec des sous-titres Klingons comme le propose carrément Netflix !) apprécieront certainement. Cela ne veut pas dire que Bryan Fuller et Alex Kurtzman n'ont pas osé quelques variations, sur la musique par exemple, ou en relookant les guerriers extraterrestres originaires de la planète Qo'noS. Ils ont également introduit quelques thématiques beaucoup plus modernes, comme une réflexion sur la science quantique, le relativisme moral, la logique vs l'instinct ou la race contre la culture. Une manière, aussi, de dépoussiérer Star Trek sur le fond.

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Il y a donc vraiment matière à se réjouir du retour de Star Trek, aujourd'hui, même si vous n'êtes pas un fan de la première heure. Il vous faudra, pour cela, franchir la barrière de la langue SF et ses dialogues du futur tarabiscotés, saturés de grands mots savants imbitables (qu'il ne vaut mieux pas chercher à comprendre). Discovery fait ensuite le pas nécessaire vers les novices, pour les attirer dans la franchise, sans pour autant mettre de côté les puristes. Un exercice délicat mais pour le moment abouti. Parce que Discovery, c'est indéniablement du Star Trek. Une excellente fusion entre l'héritage de Gene Roddenberry et la télévision moderne.

Star Trek : Discovery, la saison 1 diffusée depuis le 24 septembre sur CBS All Access et en France sur Netflix.

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