Cloak and Dagger critique
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Les deux jeunes stars, Olivia Holt et Aubrey Joseph, crèvent l'écran.

Des super-héros adolescents, dans une série pour ados, développée à destination d'une chaîne pour ados (celle de Pretty Little Liars)... Il y avait de quoi s'inquiéter avant de voir les premiers épisodes de Cloak and Dagger, lancés ces derniers jours sur la chaîne américaine Freeform. Mais on a plutôt été surpris. Agréablement surpris. Attention spoilers !

L'histoire de Cloak and Dagger se déroule à la Nouvelle-Orléans. On y suit Tandy Bowen, une jeune lycéenne marginale, qui vole pour survivre, tandis que sa mère alcoolique ne fait plus attention à elle. Pourtant, Tandy était une gamine heureuse, issue d'un milieu aisé. Sauf que son père, brillant scientifique pour la Roxxon Corporation, a été tué dans un terrible accident de la route, qui aurait aussi dû coûter la vie à son enfant. Mais au moment où la voiture sombrait, la mystérieuse explosion de l'usine Roxxon enveloppa la fillette d'une étrange lumière. Tandy n'était pas seule sous l'eau, à ce moment-là. Le jeune Tyrone Johnson, qui venait d'assister au meurtre de son frère par un flic pourri, se retrouva aussi dans les profondeurs du Golfe du Mexique. Lui aussi a vu la lumière. Les deux enfants se sont ainsi réveillés quelques instants plus tard, sur une plage, sans savoir ce qui leur était réellement arrivé. Une dizaine d'années plus tard, leurs chemins vont se recroiser et leurs pouvoirs vont soudainement se déclencher...
 

Si Cloak and Dagger fonctionne, c'est grâce à deux raisons principales : Olivia Holt et Aubrey Joseph. Les deux jeunes stars recrutées par Marvel crèvent l'écran, dans la peau de ces ados abîmés, en quête de justice et d'une voie à suivre. La première, pur produit de chez Disney (elle a été révélée dans la sitcom Tatami Academy sur Disney XD), est lumineuse. Comme lorsque ses mains se mettent à briller pour créer des lames, Olivia Holt  irradie l'écran par son charme désabusé et sa force rebelle. Le second (aperçu dans The Night Of), plus sobre, se révèle aussi charismatique et intense que les démons qui hantent l'enfance de son personnage.

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Les producteurs ont certainement senti qu'ils avaient là deux pépites à soigner, alors la série s'efforce de se concentrer d'abord et essentiellement sur eux, construisant avec soin deux personnages forts, imprévisibles. Deux véritables teenagers, mais jamais caricaturaux et loin d'être aussi lisses que ce qu'on aurait pu imaginer. Cloak and Dagger s'érige ainsi comme un modèle d'Origin Story, prenant le temps de présenter ses héros, leur réalité, leurs complexités, avant de les jeter dans le grand bain de la lutte contre le mal.

Evidemment, il ne faudrait pas que la série prenne trop son temps non plus. Parce que la mythologie de fond ne semble pas - a priori - d'une originalité débordante. On peut déjà anticiper les travaux du père scientifique, qui cherchait probablement à explorer la puissance du corps humain, d'une façon ou d'une autre. On voit bien derrière Roxxon l'idée d'une corporation aux buts pas vraiment humanistes. On comprend aussi vite que les pouvoirs de Tandy et Tyrone se révéleront vraiment, quand ils seront réunis pour de bon.

Mais quels pouvoirs exactement ? D'où viennent-ils ? Et que vont-ils en faire ? On espère que Cloak and Dagger ne va pas tourner trop longtemps autour du pot et déroulera la suite du livre de Le Cape et l'Épée (c'est le titre du comics en Français) avec autant de justesse que ces deux premiers épisodes.

Cloak and Dagger, saison 1 - chaque jeudi soir sur la chaîne américaine Freeform et dans la foulée en France, sur Amazon Video.