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La série sur les prépubères qui n'est pas, mais alors pas du tout, pour les prépubères.

Il y a quelques jours est apparue sur Netflix une nouvelle série d'animation dont, on boit bien l'avouer, on n'avait pas du tout entendu parler... Sans tambour ni trompette, la plateforme a lancé Big Mouth, cartoon adolescent complètement déjanté, qui pourrait bien s'avérer être la pépite de l'automne 2017 !

Big Mouth, c'est l'histoire de Nick et Andrew, jeunes pré-ados de la banlieue new-yorkaise, qui découvrent leur corps, leurs pulsions, leurs fantasmes... et les éjaculations nocturnes. La série raconte leurs aventures au collège du coin, avec les premiers émois amoureux, et surtout le difficile passage de l'enfance à l'âge adulte.

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Une comédie initiatique, inventée par Nick Kroll (comédien américain connu pour le Kroll Show sur Comedy Central) et Andrew Goldberg (scénariste de Family Guy), qui se base carrément sur la véritable et douloureuse expérience adolescente des deux créateurs. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que le résultat est totalement jubilatoire. Hilarant. Et déconcertant aussi.

Parce que Kroll et Goldberg ne reculent devant rien - absolument rien - pour montrer l'horreur de la puberté. Et ils le font avec malice, à travers le fabuleux Monstre des Hormones, qui pervertit l'esprit pur de nos chères têtes blondes. Coup de génie des auteurs, cette créature démoniaque est l'incarnation des pulsions les plus inavouables de nos jeunes héros. Il susurre à l'oreille de chaque adolescent et chaque adolescente, et les incite à se masturber jour et nuit, à mater des pornos, et à explorer leur sexualité, sans gène ni scrupule.

Et le plus hallucinant, c'est que Big Mouth montre tout ou presque. Ça commence par Andrew qui s'astique sous la couette, pendant que son meilleur ami dort. On le voit aussi éjaculer dans son pantalon en plein bal de l'école, alors qu'il danse un slow trop "collé-serré" avec une camarade de classe. Et puis il y a aussi la version féminine, avec Jessi, une fillette très à l'aise dans ses baskets, jusqu'au jour où une grosse tâche de sang apparaît au fond de son short, en plein voyage scolaire. Oui, elle vient d'avoir ses premières règles, et pour elle, le choc est terrible !

Big Mouth, c'est certainement la série la plus crue du moment. Trash, d'une certaine manière, et parfois même un peu gênante à regarder. Mais on n'est pas dans South Park et son délire total et absolu. La grande différence, c'est que Big Mouth se veut sincèrement honnête. Même dans ses vannes les plus politiquement incorrectes, elle cherche constamment à montrer la vérité de la puberté. Sans filtre.

Elle offre ainsi un autre niveau de lecture, plus profond, plus attendrissant et s'amuse clairement à réveiller quelques souvenirs embarrassants chez les téléspectateurs adultes, bien cachés au fond de leur mémoire nostalgique. Mais qu'est-ce qu'on se marre ! La série regorge de références à la pop culture, de Dwayne Johnson qui fait bander les jeunes garçons, à Freddie Mercury qui chante le bonheur d'être gai, en passant par The Italian Stallion, le film porno de Sylvester Stallone... 

Bref, les 10 épisodes de Big Mouth s'avalent comme... On ne finira pas cette phrase. Disons-juste que si vous êtes en deuil de Rick & Morty, après la conclusion de la géniale saison 3, Big Mouth est exactement le remontant qu'il vous faut !