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France 3 adapte le roman de Nicolas Mathieu et livre une peinture électrique de la misère ouvrière, au fin fond du Jura.

Une petite ville jurassienne. Son usine menacée de fermeture. Des ouvriers en détresse et prêts à tout pour s'en sortir. C'est le décor de la future série de France 3, Aux animaux la guerre, présentée hier soir en avant-première, au Festival Séries Mania.

On y suit les destins croisés de Rita, une inspectrice du travail déprimée, de Martel, syndicaliste qui accepte un boulot de malfrat pour se remettre à flot ; de Bruce, un bodybuilder sous stéroïdes et aussi de leurs collègues de l'usine locale, qui va bientôt fermer ses portes...

La désindustrialisation des Vosges, c'est le point de départ de cette histoire aux multiples facettes, signée Nicolas Mathieu (qui adapte ici son propre roman). Drame social décortiquant la brutalité du monde du travail et son impact sur les familles, Aux animaux la guerre se transforme peu à peu en polar glauque et inquiétant. Une direction assumée, et une multiplication des intrigues qu'on pourrait presque regretter, tant la force de cette série, ce sont simplement ses personnages.

Une galerie de portraits ouvriers, dans la ruralité française, tout à fait fascinante, et qui se suffisait à elle-même. Car le casting est excellent. Roschdy Zem et Olivia Bonamy incarnent avec sobriété et force les deux héros attachants. Mention spéciale au culturiste Florent Dorizon, qui joue pour la première fois devant une caméra et dont la puissance crève presque littéralement l'écran !