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Après avoir interprété Gilou, le flic impulsif de la série Engrenages, incarné Raymond Schwartz, le patron d’une scierie dans Un village français, Thierry Godard joue un chef cuisinier inquiétant, soupçonné d’avoir assassiné sa femme. Rencontre...

Actuellement dans Engrenages (la saison 4 touche à sa fin sur Canal +) et un village Français (la prochaine saison devrait arriver début 2013), Thierry Godard est donc ce soir sur France 2 dans la Disparition. l'acteur a rencontré télé 7 jours... Qui est Bruno Gaillon ?Un chef cuisinier réputé et passionné par son métier. Gaillon est un homme fermé, assez froid, qui semble indifférent aux autres. Ce qui va jouer contre lui lorsque sa femme, Betty, va disparaître.Qu’est-ce qui vous a plu dans ce personnage, pas franchement sympathique ? Il est certain que je ne serais pas copain avec ce type. Mais j’aime le fait qu’il ne se défende pas face à l’accusation de meurtre. Je trouve cette attitude assez belle. Il ne va pas signaler la « fugue » de sa femme parce que, à ses yeux, il est impensable de parler de ses problèmes conjugaux à des étrangers. A fortiori à des inspecteurs de police. J’ai essayé de le comprendre. Gaillon est une sorte d »autiste » de la société. Il ne parvient pas à être heureux avec les autres. Cette part d’ombre fait qu’il focalise les soupçons.Quel couple forme-t-il avec Betty, incarnée par Géraldine Pailhas ? Ils sont à la dérive. Lui a une liaison avec l’une de ses serveuses. Elle, propriétaire d’une brocante et joueuse de poker, passe du bon temps avec son amant, Frank (joué par Yannick Choirat), un musicien doué pour la vie et la fantaisie. D’esprit libre, Betty invite Frank à la maison, sous le nez de Bruno.Elle le provoque ?Oui, comme pour dire à son mari : « Aime-moi, pourquoi tu ne m’aimes pas imbécile ! »C’est votre première rencontre avec Géraldine Pailhas ? Oui. Elle a quelque chose de félin et d’instinctif qui colle pile poil avec Betty. Elle lui donne une dimension plus dramatique et romanesque que prévu.En garde-à-vue, Gaillon subit un interrogatoire tendu. Vous qui incarnez souvent des flics, ça vous a fait quoi d’être de l’autre côté ? J’ai essayé de ne pas y penser. Ça m’agaçait tout de même un peu. Je me disais : « J’aime pas comment il me parle celui-là ! » Mais c’est un genre de scène assez géniale. Pas besoin de jouer, il suffit d’encaisser !Comment avez-vous vécu la scène de la fouille en prison, filmée de manière quasi-documentaire ? Il a fallu que je me mette à poil. C’est un peu comme se jeter dans l’eau froide. Je me disais : j’ai le cul à l’air, j’ai l’air d’un con, j’ai l’air de rien. Pourvu qu’on ne refasse pas la scène 15 fois ! Cette scène m’a aidée à construire et faire évoluer mon personnage.Vous êtes très crédible en cordon-bleu ! J’adore cuisiner. Le chef étoilé d’un grand restaurant de Tours a été mon coach. Il m’a accueilli avec son équipe derrière ses fourneaux. J’ai pu observer leur travail.Vous êtes-vous forgé une conviction sur la culpabilité de Gaillon ? Oui, mais je ne vous la dirai pas. Il faut que les téléspectateurs de se fasse leur propre opinion.Interview Isabelle Magnier pour télé 7 jours