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Doté d’un fauteuil roulant, d’une barbe de trois jours et d’un cynisme à toute épreuve, le capitaine Fred Caïn est le héros grinçant de cette nouvelle série policière, ce soir, sur France 2 à 20.45

Un corps est retrouvé dans une voiture carbonisée. Le médecin légiste identifie Annabelle Brossart, écrivain. « Vous êtes sûr que c‘est elle ? Elle ressemble plutôt à un toast oublié dans un grille-pain ! » Voici résumé en une phrase le capitaine Fred Caïn, électron plus que libre de la brigade criminelle de Marseille que vous découvrirez donc ce soir sur France 2 Cloué sur un fauteuil roulant depuis cinq ans, ce grand cynique, séparé de sa femme, vit à l’hôtel. Sa méthode de travail : rudoyer les témoins, faire tourner en bourrique ses collègues et, surtout, ne pas respecter la procédure. Drôle et attachant, il est joué par Bruno Debrandt, que l’on peut voir en ce moment dans un autre rôle de flic, le commissaire Brémont de la série Engrenages (Canal +).À ses côtés Le lieutenant Lucie Delambre (Julie Delarme, vue dans 1788 et demi sur France 3) : malgré un physique gracile, cette ancienne militaire est capable de maîtriser un colosse de 100 kg. Méthodiste, disciplinée, elle a du mal à supporter les provocations de son partenaire.Le commandant Jacques Moretti (Frédéric Pellegeay, vu dans le film Coluche) : le patron et meilleur ami de Caïn est tiraillé entre son devoir de cadrer celui qu’il qualifie d’« handicapé complètement dingue » et l’affection qu’il lui porte.Gaëlle (Anne Suarez, vue dans Polisse) : l’ex-femme de Caïn, qu’il a quittée après son accident. Il en est toujours être amoureux, mais elle a tourné la page…Comment est née la série ?Bruno Debrandt : La productrice, Linda Chabert, et le réalisateur, Bertrand Arthuys, étaient fans de L’homme de fer, série des années 1960-1970, dont le héros était un policier en fauteuil roulant. Caïn n’est pas une copie exacte, disons qu’il a un tonton illustre. Et un cousin éloigné, puisqu’il ressemble aussi beaucoup à Dr House…Oui, mais je trouve qu’on oublie assez vite la comparaison, puisque nous avons un ton très français, avec des dialogues incisifs dans l’esprit de Michel Audiard. Mais je suis d’accord, le principe des deux séries est similaire : s’intéresser au parcours d’un bonhomme.Vous semblez très bien maîtriser le fauteuil. Vous avez suivi un entraînement ?Il y a dix ans, j’ai tenu le rôle d’un graphiste en fauteuil roulant. Je m’étais longuement préparé à la manipulation du fauteuil à l’hôpital de Garches. Je n’avais pas eu trop de peine car j’ai fait du vélo toute ma vie et j’adore les sports d’équilibre. Dix ans plus tard, je n’avais rien perdu. Sur le tournage, j’avais un conseiller technique, Fabrice Malaval, qui a vraiment perdu ses jambes. Il me doublait lors des scènes périlleuses.Anne-Charlotte BONNET de télé 7 jours