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Le revival sauce Netflix de la sitcom culte est une petite catastrophe. Notre critique.

Tout ceux qui ont grandi dans les années 1990 ont encore un souvenir tendre de la famille Tanner. Et on leur conseille de ne pas le gâcher, en se risquant à regarder Fuller House. Car La Fête à la maison, 20 ans après, c'est tout simplement périmé !

Jeff Franklin, créateur de la série originale, a repris l'histoire de Danny (Bob Saget) et sa bande, qui ont tous bien grandi. Ses filles sont désormais des femmes fortes et indépendantes. Mais DJ a perdu son mari pompier au cours d'un terrible incendie et la voilà désormais veuve et mère célibataire de trois enfants. Pour l'aider dans cette épreuve difficile, sa soeur Stephanie, devenue Disque Jockey (sous le nom de DJ Tanner... vous saisissez la blague ?), met sa carrière entre parenthèses et s'installe avec elle, dans la vieille maison familiale de San Francisco, que Danny, Jesse, Becky et Oncle Joey s'apprêtaient à vendre. L'immense bâtisse va donc trouver une nouvelle vie et ce sera à nouveau La Fête à la maison.

Pas la peine de tourner autour du pot sur dix pages : Fuller House, c'est totalement raté. Jeff Franklin est resté englué dans les années 1990 et a conçu sa série Netflix, comme il y a 30 ans : une bonne grosse sitcom familiale, ringarde au possible, avec ses câlins baveux, ses leçons de morale bas de gamme, des héros unidimensionnels et des bons sentiments livrés par camions bennes. Tout est incroyablement daté, dépassé. Fuller House sonne faux de A à Z et très rapidement, un énorme sentiment de malaise gagne le salon.

Dès le premier épisode en fait. Un pilote qui ressemble plus à un sketch du Late Show de Jimmy Kimmel, qu'à un véritable lancement. Avec ses gros doigts bouffis, il tente de pincer notre fibre nostalgique, sans la moindre finesse. "Hé ! regardez qui voilà : c'est tonton Joey dans son vieux pyjama ! Et là, c'est Kimmy Gibbler, toujours aussi fofolle ! Et maintenant, câlin général !" D'accord, c'est amusant de retrouver la vieille maison de San Francisco, les Tanner qui ont pris de l'âge (même si certains n'ont pas pris une ride en 30 ans, on se demande bien comment) et quelques références aux années 90. Sauf que Franklin et les producteurs ont totalement oublié de moderniser leur sitcom au passage.

Les dialogues sont poussiéreux. Les relations "guimauves" jusqu'à l’écœurement. L'histoire n'a absolument aucune ambition. Et les intrigues des épisodes sont plus ahurissantes les unes que les autres : du concours de danse en boîte de nuit avec Macy Gray, au combat de catch mexicain en passant par DJ Tanner à Coachella, on reste sidéré par une telles absurdités.

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Et pour couronner le tout, le casting aussi est dépassé. Candace Cameron Bure et Jodie Sweetin (DJ et Stephanie), qui enchaînent téléfilms et nanars depuis la fin de La Fête à la maison, ont bien du mal à tenir le haut de l'affiche. Quant à Andrea Barber (Kimmy), qui n'a tout simplement plus rien tourné depuis 1995, elle surjoue (logiquement) comme lorsqu'elle avait 19 ans ! Une vraie catastrophe on vous dit.

A moins que Fuller House ne soit une merveille de second degré à laquelle on n'a rien compris, elle fait franchement tâche dans le catalogue si classe des séries originales Netflix. D'ailleurs, pour ne pas se gâcher nos propres souvenirs de jeunesse, on va essayer d'oublier ce qu'on a vu, pour ne retenir de ce revival que le générique chanté par Carly Rae Jespen. Lui au moins, a été remis au goût du jour !

Fuller House, saison 1 - 13 épisodes - Disponibles sur Netflix depuis le 26 février 2016.