Abaca

Toujours accusé de "relations sexuelles illégales" aux Etats-Unis, à l'occasion de la réédition de son livre confession le cinéaste de 82 ans fait aujourd'hui le point.

En 1977, en Californie, le cinéaste, alors âgé de 43 ans, est soupçonné d'avoir violé Samantha Geimer, âgée de 13 ans. Après 42 jours de prison et une libération sous caution, le réaslisateur, qui avait plaidé coupable, s'enfuit enfui des États-Unis avant l'annonce du verdict, craignant d'y être lourdement condamné. 
Depuis, exilé en Europe, Roman Polanski n'a été arrêté qu'en 2010 mais jamais extradé.

La justice polonaise refuse définitivement l'extradition de Roman Polanski

Aujourd'hui, le cinéaste franco-polonais profite de la réédition de son autobiographie Roman par Polanski pour se livrer dans les colonnes du Point et revient sur cette époque : "Vous savez que le bracelet électronique que j'ai dû porter, les Suisses me l'ont fait payer? Ça m'a fait penser aux Chinois, qui font payer les balles aux condamnés... En 2010, une affaire m'a valu, en Suisse et en Pologne, des actions judiciaires que j'ai vécues comme un complot contre ma liberté. Ce qu'on a fait à ma vie, il fallait que je le raconte, pour répondre au flot de choses fausses écrites sur moi. Et aussi parce que le monde a changé autour de nous depuis trente ans", explique-t-il.

Ses années 70, Roman Polanski les associe à l'amour et à la tolérance et regrette la rigidité d'aujourd'hui : "J'ai voulu que le lecteur sache combien les rapports entre les sexes, aujourd'hui étouffés et écrasés par le puritanisme, étaient libres autrefois. Combien la société était plus permissive, ou au moins tolérante. Il ne m'était jamais venu à l'esprit que je pourrais un jour finir en prison, ma vie et ma carrière brisées, pour avoir fait l'amour", confie-t-il.

Interrogé sur son mode de vie Sex, drugs and rock'n'roll" de l'époque, Roman Polanski tempère : "La drogue? On fumait de l'herbe... Aujourd'hui, les drogues sont plus dures et la sexualité plus molle. J'ai vraiment eu de la chance de vivre dans les années 1960-1970, où tout semblait plein d'espoir, de bons projets. Les jeunes ont peur de l'autre. Je le vois avec mes enfants : ils ont beaucoup moins de temps à consacrer à l'amour. Je ne parle même pas de sexe, mais d'amour. Nous, on était tout le temps amoureux".

Aujourd'hui marié et père de famille, le cinéaste conclut en faisant l'apologie de la famille : "La famille, c'est mille fois mieux que la chasse sexuelle, et moi, je ne le savais pas. J'aurais peut-être pu le savoir avant... Comme vous le savez, Sharon était enceinte de huit mois... [Son épouse Sharon a été assassinée en 1969 par des membres de la communauté de Charles Manson]".

Le réalisateur franco-polonais sera à Lyon le 25 avril à l'occasion d'une rétrospective exceptionnelle consacrée à Roman Polanski par l'Institut Lumière.