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C’est l’actrice de l’été. Un rôle dans le buddy movie Hitman et Bodyguard et des apparitions tonitruantes dans la série Netflix The Defenders. Rencontre avec Elodie Yung.

Elodie, comment parvient-on à jouer face à Samuel L. Jackson sans se faire dévorer à l’écran ?

Quand on arrive sur un plateau, on a en général une idée préconçue sur les gens. Et Samuel L. Jackson, Gary Oldman sont des pointures, qui font ça depuis tellement longtemps… Le film est une comédie d’action, et je pensais naturellement qu’ils allaient être en pilote automatique, en vacances. Je les imaginais prendre le tournage à la légère, mais en fait, Samuel L. Jackson est au taquet, dès la première répétition. Il a une vraie passion pour son métier, qui m’a beaucoup inspirée. Il arrive, il connaît parfaitement son texte, puis il improvise, et il renvoie la balle à tout le monde dans chaque scène. Il est extrêmement pro et généreux. J’ai été surprise, du coup je lui ai posé la question : pourquoi est-il comme ça avec tout le monde ? Et il m’a répondu (imitant Samuel) "J’ai fait 7 films avec Tarantino, et avec lui t’as plutôt intérêt à connaître ton texte !" (rires) ensuite, tu es libre d’improviser et suggérer des choses, qui seront ensuite triées au montage. J’ai eu la chance d’aller à bonne école, certes trop courte. Mon premier film américain c’était avec David Fincher. Et il avait des idées dans tous les sens, pour faire beaucoup, beaucoup de prises ! (rires). Ce n’était pas le cas de Patrick Hughes, le réalisateur de Hitman & Bodyguard, qui ne fonctionne pas du tout de cette façon. Mais mon travail est d’être disponible et de m’adapter. On peut faire de moi tout ce qu’on veut. Je suis à la disposition du réalisateur.

Les producteurs ont-ils réalisés qu’ils avaient casté dans le même film Elektra, Deadpool, Nick Fury, et aussi le commissaire Gordon ?

C’est vrai qu’on se disait sur le plateau avec Samuel L. Jackson et Ryan Reynolds qu’il fallait proposer à Marvel un spin-off ! Tant pis pour le commissaire Gordon ! (Rires).

Pourquoi les Defenders et les Avengers ne peuvent pas être du même univers

Vous êtes un des rares exemples d’actrice française qui a réussi aux Etats-Unis. Comment expliquer une telle ascension comparée aux peu de rôles que l’on offre aux femmes ici ?

Il y a une grosse différence avec la France : aux Etats-Unis, ils ne sont pas effrayés de rencontrer de nouvelles personnes et des nouveaux talents, des nouvelles personnes, des nouveaux visages. Ils sont curieux, ils veulent savoir qui vous êtes, d’où vous venez… Il y a de nombreuses opportunités de casting, et on peut montrer son travail. En France, ce n’est pas du tout pareil. Il faut plutôt faire du réseautage. Il n’y a pas beaucoup de castings pour moi ici, j’ai donc moins l’opportunité de montrer ce que je sais faire. Il y a des choses qui me sont proposées, mais qui ne m’intéressent pas forcément non plus. C’est un peu lassant de se voir offrir encore un rôle de fliquette dans une série. Mais il y a plein de réalisateurs que j’aime en France, et plein de films que j’aime voir. Il y a quand même un foisonnement créatif qui sort de l’ordinaire, avec Frederic Chau, Maiwenn etc., et j’aimerai beaucoup retravailler en France.