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Le montage vidéo du Prix lumière 2016 sépare l'actrice française du reste de l'humanité en la consacrant "déesse du cinéma".

Le piédestal est haut. Très haut. La grande Catherine, comme on l'appelle depuis longtemps déjà, vient de franchir une nouvelle étape dans la construction de son mythe, de son statut non plus de star, mais de déesse. De "déesse du cinéma", selon les mots de Martin Scorsese cités dans la vidéo qui accompagne l'annonce du Prix lumière 2016. Ceux de Téchiné ne sont pas mal non plus : "Elle est l'émanation de la lumière du soir, de l'étendue et du silence". Sans oublier ceux de Régis Wargnier, qui fait de Catherine Deneuve le symbole même du cinéma : "Son visage est comme un écran qui révèle et qui cache".

Une déesse, la lumière même, le cinéma tout entier. De ce très beau montage, dont la première partie évoque l'actrice à travers les yeux de quelques uns de ses partenaires masculins - avant de la révéler à l'écran dans toute sa splendeur -, se dégage une sensation troublante, celle de ne plus être en présence d'une femme de chair et de sang, mais d'une divinité ; d'un être hors du commun, d'un autre monde. C'est le propre du cinéma que de rendre inaccessibles les créatures dont on ne voit que le reflet capturé sur pellicule - les stars, ces astres brillants très haut dans le ciel. Mais rarement ce qualificatif aura été si bien illustré que dans cette vidéo, qui semble dire que Deneuve a définitivement quitté le commun des mortels.

Peu de stars ont atteint de tels sommets, encore moins sont toujours en vie. Et on ne voit pas qui pourra prendre la relève.

Pour comparaison, voici le montage dédié à Gérard Depardieu, Prix Lumière 2011, qui célébrait l'acteur mais ne le coupait pas totalement du reste de l'humanité :