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"C’est faux, ça n’est jamais arrivé", écrit Gulliver Oldman dans une lettre ouverte démentant les propos de Donya Fiorentino.

A bientôt 60 ans, Gary Oldman a reçu ce week-end son premier Oscar pour Les Heures sombres. Au moment où il triomphait à Hollywood, son ex-femme Donya Fiorentino, avec qui il était marié de 1997 à 2001, a accusé les votants d’avoir un double discours en récompensant des personnalités accusées d’agressions envers les femmes. Au micro de TMZ, elle s’est énervée : "Bravo Gary et bravo à l’académie d'avoir offert des Oscars à non pas un, mais deux agresseurs. Je croyais qu’on avait évolué. Qu’est ce qui est arrivé au mouvement #MeToo ?"

Enfin un Oscar pour Gary Oldman

Elle visait ainsi Gary Oldman, à qui elle reproche d’avoir été violent, drogué et infidèle (il l’aurait étranglée et frappée avec un téléphone devant ses jeunes enfants, détaille le Daily Mail) et Kobe Bryant, accusé en 2003 d’avoir violé une employée d’hôtel de 19 ans (l’affaire n’a jamais donné lieu à un procès, la victime refusant de coopérer). Celui-ci a gagné une statuette pour son court-métrage Dear Basketball.

Gulliver Oldman, le fils de Donya Fiorentino et Gary Oldman (à droite sur la photo, avec son frère, son père et sa belle-mère Gisele Schmidt), a publié dans la foulée une lettre ouverte pour exprimer sa vision des choses, assurant que sa mère mentait et que son père n’avait "jamais fait ça". Il avait seulement 4 ans au moment où sa mère s’est lancée dans un procès pour obtenir la garde de ses enfants (lui et son petit frère Charlie, né en 1999). C’est pourtant à partir de cet âge qu’ils ont été élevés par ce dernier, l’enquête démontrant que leur mère avait menti.

"A tous ceux que ça pourrait concerner,

Mon nom est Gulliver Oldman, je suis le fils de Gary Oldman, l’acteur.

C’était troublant et douloureux de voir de fausses allégations être à nouveau écrites contre mon père, surtout que cette affaire a été réglée il y a des années.

Il y a une raison pour laquelle ces articles et accusations ont été déboutés à l’époque.

De mon point de vue, c’est dégueulasse de voir de supposés journalistes perpétrer ce mensonge.

J’ai grandi dans un monde, auquel on est à présent habitués, où les gens sont considérés comme coupables jusqu’à ce qu’il soit prouvé qu’ils sont innocents. C’est honteux de voir que le ‘journalisme en quête de clics’, où seuls comptent les titres accrocheurs, tire rapidement des conclusions sans savoir ce qui s’est vraiment passé.

Dans le cas de mon père, il est innocent. Il n’a jamais été coupable.

La réalité peut être confuse, et des semi-vérités ont été publiés au fil des ans.

Malheureusement, et ça me brise le cœur, tout cela est ressorti suite à une interview de ma mère au Daily Mail – alors qu’il avait été prouvé que ce n’était pas crédible à l’époque.

Ecrire cette lettre est une preuve de ce que j’avance. La garde des enfants n’est jamais donnée à un homme qui bat sa femme. D’ailleurs, la plupart du temps, elle n’est pas donnée à un homme tout court. Le fait que j’aie vécu la plus grande partie de ma vie avec mon père devrait être une preuve en soi.

Mon père est mon seul guide, mon seul héros. Il est l’homme que j’aimerais devenir un jour. Si seulement je pouvais devenir la moitié du grand homme qu’il est. J’ai eu la chance d’être élevé par lui, et par lui seul. Je lui en suis reconnaissant chaque jour qui passe. Chaque heure qui passe. Eternellement. Je lui dois d’être au monde, je lui dois ma vie.

S’il peut sembler que je sois habitué à la maladie de ma mère, ce n’est pas le cas. C’est une personne triste et troublée. Oui, elle m’a mis au monde. Mais elle ne m’a pas donné les clés pour le débrouiller dans ce monde.

Ce mensonge, parmi tous ces mensonge, fait partie des choses qu’elle perpétue. C’est ‘sa vérité’, ce qui nous a apporté tant de souffrances à mon père, à nous, à notre famille.

Avec mon frère, nous avons souvent été des pions dans le grand jeu qu’elle essayait de monter contre notre père. Et dans toutes ces occasions, mon père a toujours dit la vérité. Heureusement, il a toujours dit vrai.

Je soutiens pleinement ce mouvement (#MeToo) et je vois à quoi ce type de communiqué, de témoignage, peut ressembler. Mais j’étais là du temps de l’’incident’, et je tiens à ce que ce soit clair : ça n’est jamais arrivé. Tous ceux qui répètent ça mentent.

Pour être tout à fait clair, j’ai pris la décision il y a 7 ans de ne plus parler à ma mère. J’avais 13 ans. J’étais assez grand pour savoir qu’en continuant à la côtoyer, cela alaurait un impact négatif sur mon futur. M’éloigner était la seule chose à faire.

Je tiens à défendre mon père, en tant que personne et en tant qu’acteur. Je sais que c’est un homme bon, un être si talentueux, quelqu’un qui n’échangerait rien au monde pour l’amour et le bonheur de sa famille. Cette triste histoire aurait due être finie depuis 16 ans. A cet instant incroyable de sa carrière, mon père devrait pouvoir être fier de lui. J’espère qu’on lui laissera cette possibilité.

La seule manière d’arrêter ça, c’est d’arrêter de partager ce mensonge et d’arrêter d’y croire.

Merci,

Gulliver Oldman"

Joe Wright : "Gary Oldman est un héros pour moi"

Prochainement au Cinéma