Il y a des journées comme ça, où la course est le maître mot. Aujourd'hui, nous faisions la course à la liste, celle des films en compétition au 64e Festival de Cannes, alors qu'une liste de courses aurait bien été utile pour préparer le barbecue de dimanche. Mais qu'importe, le travail c'est la santé ou plutôt non, aujourd'hui nous avons appris que définitivement il fallait "travailler moins" car Travailler fatigue. Alors c'est A bout de souffle que cette chronique démarre si tardivement. Et elle suivra la tendance du moment : lapsus quand tu nous viens...euh tiens. Courir après une liste ça nous arrive quelques fois par an, le temps des cérémonies venu. Celle de Cannes a la particularité d'être un peu plus stressante. Internationale, imprononçable au téléphone, épelée mot à mot, tweetée plus vite que la lumière : la course est aussi éprouvante que la liste est longue. La rédaction se transforme en une assemblée de clones de Thierry Rolland en plein match de foot. Chacun va de son commentaire et les clans se forment. Les aigris de Cannes, les enthousiastes et bien sûr les éternels incompris. En direct de la conférence de presse, les crampes au pouce se multiplient, il faut aller vite, en mode sms illimités, et tenter de ne pas faire de coquilles dans les noms des réalisateurs coréens, japonais, roumains, chinois, finlandais ou titres de films. Parce que la coquille ce n'est pas tendance. Alors que le lapsus se pratique dans les hautes sphères à dose quotidienne (un peu de shit François ?), la coquille, elle, reste dans les sphères de l'interdit. Cannes ne pouvait donc pas passer à côté de la tendance. Lapsus d'or du jour décerné à Thierry Frémaux, délégué général du Festival, pour avoir confondu notre devise matinale : "Travailler moins" et le titre d'un film Travailler fatigue. Ça c'est fait. Liste en poche, la course folle se poursuit. Publication de la liste, one point. Reste encore deux points à marquer, deux buts à atteindre. Talons à la place de crampons on défie malgré tout les marches du métro, en tentant de rester aussi digne que sur celles de Cannes. Pas de pause, pas de stand de ravitaillement. Tout juste un lapsus à se mettre en bouche. "Comment tu le prononces déjà le nom de ce réalisateur ?/ Euh non finalement je ne vais pas le dire". Mais rien ne sert de courir... si la récompense à l'arrivée ne vaut pas le coup. Celle d'aujourd'hui est arrivée à point. Le sourire de Mélanie Laurent dans une suite du Fouquet's ça méritait bien un marathon. Interview chronométrée. Mission : passer le relai à l'actrice, maîtresse de cérémonie à Cannes, en lui donnant, en premier, la fameuse liste, tel un Graal. Réussie. La voir réagir à chaud, spontanée et naturelle, à la lecture de la sélection officielle et rejoindre le clan des enthousiastes de Cannes. Ligne d'arrivée franchie ? Non juste le meilleur temps au second tour. Je vais bien ne t'en fais pas mais la course n'est pas finie, on rentre maintenant au bercail ! Two points. Le dernier tour est en train de s'effectuer au fil de l'écriture de cette chronique. Il prendra pain.. euh faim..euh non fin avec le point qui s'avancera en bas de texte. La liste de courses pour le barbecue est faite aussi. Three points ? Peut-être. Alexandra ApikianLa dernière chronique du jeudi : Ce soir c'est bunga bunga avec Enrique Iglesias ! Retrouvez toutes les chroniques du jeudi ici