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Edmond Terakopian
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Les reconversions professionnelles des musiciens

Alex James (Blur) : fromager et journaliste culinaire

Membre du groupe qui allait devenir Blur dès 1989, Alex James est non seulement l?homme qui a tenu la basse dans l?un des groupes les plus fameux de ces 20 dernières années mais aussi un fromager et un journaliste culinaire professionnel, à défaut d?être loué pour ses qualités. Propriétaire avec son épouse d?une ferme dans les CotsWolds, James a gagné quelques prix pour ses fromages hi-tec et aromatiques, dont le fameux bleu de Shropshire connu sous le nom très rock de "Blue Monday". Promoteur d?une collection de fromages divers depuis 2011, James a reçu pour un chèvre le prix du meilleur fromage anglais en 2008. Cheddar au ketchup et tikka masala cheddar figurent dans sa carte atypique. Que du sérieux néanmoins qui ne l?empêche pas de remonter sur scène avec ses comparses

Antoine, homme sandwich et réalisateur de documentaires

Pour représenter la France (désolé, two points), on a hésité entre Bertrand Cantat, forçat, ou Jean-Luc Lahaie, discoteco-violeur, et puis on a pris Antoine, plus consensuel en agent de voyage, documentariste et homme sandwich sur goélette. Lancé autour du monde à la fin des années 80, Antoine n?a plus accosté depuis et multiplie le personal branding en même temps qu?il recycle ses films de vacances somptueuses. A l?échelle internationale, ce n?est pas la reconversion la plus conne et il chante toujours quand ça lui plaît. Oh yeah.

Bob Nastanovich (Pavement) : éleveur de chevaux de course et conseiller PMU

Connu chez Pavement pour ses illustrations vocales légendaires (dont un hennissement de cheval sur <em>"Rattled by the Rush"</em>), Bob Nastanovich a également joué avec Stephen Malkmus et David Berman au sein des Silverjews. Mais ce dilettante né, engagé au début pour jouer les utilités, n?est devenu musicien que pour déconner. Son véritable boulot, c?est d?élever des chevaux et de parier sur les courses. A l?issue de la tournée de reformation de Pavement, le batteur a repris la route des hippodromes et sa casquette de conseiller pour l?équivalent du PMU américain, Equibase. A ses heures, il manage aussi des jockeys.

Dave Bush (The Fall) : web designer

Encore un clavier de The Fall qui ne fera que passer mais qu?on aura remarqué pour sa contribution sur <em>Code&nbsp;: Selfish</em>, <em>The Infotainment Scan</em> et surtout <em>Middle Class Revolt</em>. Recyclé chez Elastica après avoir été débarqué par Mark E. Smith, avant de se retirer pour étudier le design de sites web. Reconverti depuis une dizaine d?années dans ce domaine, Dave Bush est devenu un professionnel du design industriel et dirigerait un petit cabinet, tout en effectuant de petits travaux de commandes pour des groupes en devenir.

Dave Rowntree (Blur) : avocat et homme politique

Ce qui est bien quand on forme un groupe à l?université et entre gens de bonne ascendance, c?est qu?on a à faire à des jeunes avec du potentiel. Et puis non, les batteurs ne sont pas tous?. idiots. Informaticien de métier, spécialisé dans l?animation (sa société travaille pour la BBC notamment), Dave Rowntree a embrassé il y a 6 ans une carrière d?avocat, chargé d?affaires en droit criminel. Il dirige aussi l?association Amicus qui protège les condamnés à mort aux Etats-Unis. En politique, c?est plutôt Dave La Lose avec 3 scrutins foirés et perdus pour devenir parlementaire sous la bannière du Labour Party. Le batteur de Blur pourrait de nouveau tenter sa chance à Norwich aux prochaines élections.&nbsp;&nbsp;

David Ellefson (Megadeth) : Pasteur

Pour les esprits étriqués, la carrière du bassiste de Megadeth dans les ordres luthériens se pose comme un grand écart professionnel impénétrable. Qui oserait-il dire qu?il n?y a pas de spiritualité dans le bruit et la fureur&nbsp;? Toujours est-il que David Ellefson a pris les chemins (par correspondance) du séminaire de l?école luthérienne du Missouri pour devenir pasteur. On ne sait pas si l?aventure ira à son terme mais l?intéressé prend les choses au sérieux et n?a pas surpris les membres du groupe. La redécouverte de sa foi a été initiéE par l?un de ses programmes de renaissance religieuse (en 12 étapes) que le pays affectionne. Depuis peu, il anime un service spécial ou ministère baptisé MEGA life. Amen.

Julian Cope (The Teardrop Explodes) : druide

Musicien remarquable et tête de gondole des grands Teardrop Explodes, Julian Cope a évolué très vite, tout en gardant un pied dans la musique (son dernier album <em>Psychedelic revolution</em> est excellent et on le recommande), vers l?écriture d?ouvrages savants (sur le rock japonais notamment mais aussi sur la culture néolithique), l?expertise en antiquités avant de mener une carrière spectaculaire de druide professionnel. Professeur de développement personnel, shaman celte réputé et érudit souterrain capable de saisir son auditoire et de tenir des cérémonies panthéistes insensées, Julian Cope est un exemple réussi de musicien ayant dépassé depuis belle lurette l?ambition et les limites de son premier emploi.

Peter Garrett (Midnight Oil) : homme politique et environnementaliste

Plus grand chanteur australien de tous les temps (1m92), l?impressionnant leader écolo des Midnight Oil est passé depuis longtemps de l?autre côté de la barrière pour défendre nos lits en feu. Diplômé de droit et de sciences politiques en 1977, Garrett s?engage contre le nucléaire, occupe des responsabilités chez Greenpeace avant de devenir parlementaire en 2004 sous la bannière du Parti travailliste. En 2007, il devient ministre de l?environnement et subit un camouflet dans l?affaire des "feux de toitures" (une sombre histoire de toits qui prennent feu, financés par l?état). En 2010, il prend le ministère de l?Education et se refait une santé. Midnight Oil joue dans les galas de charité.&nbsp;

Les reconversions professionnelles des musiciens

Faire partie d?un groupe de rock et mener la vie d?un véritable saltimbanque&nbsp;a fait fantasmer plus d?un fan de musique et d?un apprenti rockeur. Donner des concerts, sauter des groupies, voyager, vomir d?alcool et faire l?objet de l?adulation par les fans, mourir de manière précoce dans certains cas&nbsp;: est-il possible que la vie se résume à cela et qu?un artiste, consacré ou obscur, puisse se lasser d?une existence dont rêvent pas mal d?adolescents&nbsp;? La réponse est oui? parfois.Certains membres de groupes, chanteurs et artistes ayant connu le succès ont parfois choisi de se recycler dans des carrières étonnantes qui, loin de prolonger leur expérience, les emmenaient vers des territoires nouveaux, soit parce qu?ils n?en avaient pas le choix (le succès est fugitif), soit parce qu?ils éprouvaient le besoin de passer à autre chose et de quitter la folle caravane du rock. Exploration en 10 mini-portraits et réorientations saugrenues.

Yvonne Pawlett (The Fall) : horticultrice

Ok, Yvonne Pawlett n?est pas l?ex-membre de The Fall la plus connue mais l?alors jeune femme a tout de même tenu la scène avec l?atrabilaire Mark E. Smith pendant l?une des périodes les plus stimulantes et réputées du groupe, celle du premier album, <em>Live At The Witch Trials</em>, en 1978-79. Virée dans des conditions qu?on connaît mal (officiellement, pour s?occuper de son.. chien), la jeune claviériste s?est rapidement détachée du rock pour se tourner vers la nature et des métiers manuels. Intéressée par la botanique, le jardinage, Pawlett exercerait aujourd?hui, dans un pays qui place l?art des jardins au même niveau que la musique pop, ses talents en qualité d?horticultrice pour des collectivités locales et des particuliers.

Luke Scott (Babybird) : professeur d’université

Luke Scott est un grand homme et il porte des lunettes dans le civil. Bien campé derrière sa guitare et son embonpoint naturel, l?homme a longtemps accompagné (et il le fait toujours depuis son retour) Stephen Jones/Babybird dans ses aventures et mésaventures musicales. A Cannes, en Australie, partout dans le monde ou l?auteur de <em>"You?re Gorgeous"</em> (et quelques autres) avait besoin de lui. Mais Scott est avant tout un professeur de faculté honorable de l?université de Sheffield, spécialisé dans la sociologie et les lettres et bon connaisseur de la littérature italienne. Sachant ça, on l?écoute un peu autrement.

Faire partie d’un groupe de rock et mener la vie d’un véritable saltimbanque a fait fantasmer plus d’un fan de musique et d’un apprenti rockeur. Donner des concerts, sauter des groupies, voyager, vomir d’alcool et faire l’objet de l’adulation par les fans, mourir de manière précoce dans certains cas : est-il possible que la vie se résume à cela et qu’un artiste, consacré ou obscur, puisse se lasser d’une existence dont rêvent pas mal d’adolescents ? La réponse est oui… parfois.Certains membres de groupes, chanteurs et artistes ayant connu le succès ont parfois choisi de se recycler dans des carrières étonnantes qui, loin de prolonger leur expérience, les emmenaient vers des territoires nouveaux, soit parce qu’ils n’en avaient pas le choix (le succès est fugitif), soit parce qu’ils éprouvaient le besoin de passer à autre chose et de quitter la folle caravane du rock. Exploration en 10 mini-portraits et réorientations saugrenues.