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Les cinémas de quartier indiens, entre tradition et abandon

Alka Theater II, Jaipur

Alka Theater III Jaipur

Alka Theater, Agra

Chhabigha Cinema I Kolkata

Kailash Cinema, Kolkata

Moonlight Cinema, Kolkata

Naaz Cinema I, Mumbai

New Excelsior Cinema, Mumbai

Prabhat Cinema, Kolkata

Samrat Cinema I Jaipur

Nom inconnu

Nom inconnu, Agra

L'Inde et le cinéma entretiennent une histoire riche et prolifique en marge de l'industrie hollywoodienne prédominante dans la culture contemporaine. Plus large producteur de films au monde loin devant le Nigéria et les États-Unis, l'Inde est surtout connue pour Bollywood, l'industrie du cinéma populaire en hindi, la langue la plus parlée du pays.

Or si Bollywood et le cinéma indien en général continuent d'afficher un état de forme que beaucoup de pays sont en position d'envier en termes quantitatifs (plus de 1500 longs-métrages), cette croissance effrénée (près d'un quart de films produits en plus en trois ans) ne va pas sans ses disparités et ses laissés pour compte. Plus encore que les établissements ruraux, ce sont les petits cinémas urbains, généralement composés d'un seul écran, qui ont le plus souffert de ce boom de l'industrie.

Il faut dire que l'Inde offre un système de taxes particulièrement attractif pour les créateurs de multiplex puisque ceux-ci sont exonérés d'impôts pendant les trois premières années après leur ouverture. Résultat : de nombreux complexes remplacent à vitesse grand V les petits cinémas de quartier, laissés à l'abandon et souvent même rasés pour laisser place à des établissements flambant neuf.

Certains se tiennent pourtant encore fièrement debout bien que commençant à accumuler le poids des années. C'est à ces petits sanctuaires de l'ancien temps que la photographe Katherine Newbegin a rendu hommage en immortalisant dans ses clichés ces cinémas qui ne ressemblent à aucun autre. Un parcours du combattant selon l'artiste qui a sillonné le pays entre 2010 et 2011 pour compiler ces lieux en danger et démolis souvent immédiatement après leur fermeture. Si leur état flirte souvent avec la décrépitude, ils témoignent d'une forme d'artisanat architectural unique impossible à retrouver dans les multiplex flambant neuf. L'un d'entre eux, le Samrat Cinema I à Jaipur, était même un ancien cinéma porno, ce qu'ignorait la photographe, qui trouvait ses lieux au fur et à mesure de ses voyages.

Via Flavorwire

Julien Lada