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Le Studio 54, épicentre de la folie disco new-yorkaise

Au panthéon des clubs qui ont pavé l'histoire de la pop culture, le Studio 54 loge à bonne enseigne. Ouverte en 1977, cette discothèque tient son nom de son emplacement en plein cœur de Manhattan, à l'angle de la 54ème Rue, située dans une ancienne salle d'opéra. Fondé par Steve Rubell et Ian Schrager, le Studio 54 s'installa dans ces anciens locaux de tournage de la chaîne CBS, voisins du légendaire Ed Sullivan Theatre où les États-Unis découvrirent les Beatles un soir de 1964 et où David Letterman enregistre encore aujourd'hui ses Late Shows.

Un carrefour de la vie médiatique new-yorkaise donc, qui fut entre 1977 et 1980 le cœur des nuits agitées d'un certain star-system. Tout le New-York branché se retrouvait régulièrement dans cette antre du disco dont Andy Warhol était un grand habitué et qui vit passer entre ses murs John Belushi, Truman Capote, Elizabeth Taylor, Salvador Dali, Elton John et tant d'autres. Grace Jones, Stevie Wonder, Donna Summer... la fine fleur du disco mais aussi de la soul et du funk de l'époque avait l'habitude d'y donner des concerts extrêmement courus (le Live in New York de James Brown y fut enregistré notamment).

Comme la plupart des lieux mythiques de l'underground new-yorkais, le Studio 54 regorge d'anecdotes et de petites histoires qui en ont forgé la légende. Mick Jagger et Frank Sinatra en furent refoulés le soir de l'inauguration faute de place. David LaChapelle y travailla comme serveur pour financer ses études. Refoulés par les videurs un soir, Nile Rodgers et Bernard Edwards en tirèrent le refrain du Freak de Chic.

Mais pour qui pouvait y entrer (les files d'attente à l'extérieur pouvait monter à plusieurs milliers), le Studio 54 était un temple de la fête sans limites et sans tabous. Un hédonisme militant qui n'allait pas sans un élitisme assumé, à la fois chic et trash, témoin d'une époque de tous les excès. Excès qui se retrouvaient également dans la gestion parfois désinvolte de Rubell : plusieurs fois condamné pour vente d'alcool sans licence ou fraude fiscale, le Studio 54 s'arrêta une première fois en février 1980, rouvrit dix-huit mois plus tard pour fermer définitivement ses portes en 1986. Le Studio 54 fut une aventure d'à peine une dizaine d'années, mais son impact sur la pop-culture reste colossal. Un film éponyme avec Mike Myers, Ryan Philippe et Salma Hayek lui fut d'ailleurs consacré en 1998.

C'est à cette époque de folie douce que le photographe Hasse Persson rend hommage dans un ouvrage de près de 200 photographies, sobrement intitulé Studio 54. Habitué des lieux pendant les 33 mois de l'âge d'or du lieu, il apporte un témoignage vivant du zeitgeist seventies en perétuel mouvement. Un esprit aujourd'hui disparu, mais dont l'héritage est revendiqué par à peu près tous les plus grands nightclubs en activité aujourd'hui.

Via Daily Mail