DR
Hughes Dubois
2012 Musée du Louvre / Philippe Ruault
Hughes Dubois
Raphaël Chipault
Hughes Dubois
Hughes Dubois
Hughes Dubois
2012 Musée du Louvre / Antoine Mongodin
Hughes Dubois

Le Louvre réhabilite l’Islam par l'art

Figuratif abstrait

On pourrait croire à un décor ornemental abstrait mais l?on découvre deux longs corps de dragons entrelacés, dont les gueules se rejoignent, jouant là sur les deux registres de représentation, entre figuration et abstraction. Cette aiguière a été réalisée selon la technique du lustre métallique, à base de glaçures appliquées sur un objet en céramique. Elles font partie des innovations marquantes apportées par les potiers islamiques.<em>Aiguière aux dragons, Iran, fin XIIe siècle ? début XIIIe siècle. Céramique (pâte siliceuse), décor de lustre métallique sur glaçure opacifiée. H : 39 cm. D. max : 18,6 cm. Musée du Louvre, département des arts de l?Islam © Musée du Louvre, dis. RMN / Hughes Dubois</em>

Le Louvre réhabilite l'Islam par l'art

<strong>Le nouveau département du Louvre dédié aux arts de l?Islam présente une collection remarquable d?objets religieux et profanes, l?occasion de faire tomber pas mal d?idées reçues sur cette grande civilisation.</strong>Dans un contexte plutôt tendu après la diffusion sur le net d?extraits du film anti-islam "L?Innocence des musulmans", et les réactions violentes des salafistes qui en ont découlé, le Louvre a inauguré la semaine dernière le nouveau département dédié aux arts de l?Islam. Sous ce terme un peu générique, sont regroupés des objets autant religieux que profanes sur plus de 3000m² qui témoignent du raffinement de la civilisation islamique, le tout servi par une scénographie dynamique.Les arts de l?Islam désignent la production artistique développée du VIIe (l?année 622 marque le début de l?ère musulmane, avec l?exil du prophète Mahomet), jusqu'au XIXe siècle, dans un territoire qui s?étend sur trois continents. Les cultures marquées par l?Islam ont développé une unité stylistique, basée sur la calligraphie, les motifs géométriques et floraux, mais pas que...Visite en quelques images au c?ur du département consacré à l?Islam.<strong>Par Alexandrine Dhainaut</strong>La verrière ondulante, Musée du Louvre, département des arts de l?Islam. Architectes : Mario Bellini et Rudy Ricciotti © M. Bellini ? R. Ricciotti / Musée du Louvre <em>©</em> 2012 Musée du Louvre / Philippe Ruault

Le Lion de Monzón

Objet phare de ce département, ce lion servait de bouche de fontaine dans des résidences palatiales. Il a été découvert dans la ville espagnole de Monzón de Palencia, la civilisation islamique s?étant étendue dans toute la Méditerranée. Il s?inscrit dans la tradition des bouches de fontaine animalières qui animaient les bassins et témoigne d?un art raffiné, avec ses motifs géométriques et volutes gravés. Au même titre que la calligraphie ou l?arabesque, la représentation animale ou le décor animalier occupe une place particulière dans l?art islamique.<em>Lion de Monzón, Espagne, XIIe-XIIIe siècle. Bronze moulé, décor gravé. H : 31,5 cm. L : 54,5 cm. Musée du Louvre, département des arts de l?Islam © Musée du Louvre, dis. RMN / Hughes Dubois</em>

Céramique mac

Pas d?architecture musulmane sans les fameuses céramiques de fleurs. Ce mur ottoman du XVIe - XIXe siècle, pièce maîtresse du département, s?étend sur 12 mètres de long. Immense puzzle à la base, ce mur de fleurs est une pure recréation du Louvre. À proximité, on peut entendre de la poésie déclamée en arabe (avec traduction papier en plusieurs langues), grâce à des petites bornes pourvues de haut-parleurs.<em>Mur ottoman ou mur du temps(détail), « Mur de céramique ottomane » reconstitué dans les salles du Louvre, Turquie, XVIe-XIXe siècles. Vue de la cimaise centrale. Céramique peinte sous glaçure, Dimension totale du mur : H : 3,50 cm. L : 12 m (environ). Musée du Louvre, département des arts de l?Islam © Musée du Louvre, dis. RMN / Raphaël Chipault</em> 

Le style "saz"

Ce plat en céramique ottomane réalisé au XVIe siècle met en scène un paon entouré d?un décor végétal raffiné, le tout servi par une palette de couleurs subtile. Elle a été peinte dans le style "saz", rien à voir avec la chanteuse babloche de l?été 2011. Le terme désigne une forêt luxuriante, peuplée de créatures fabuleuses mais également une composition végétale dans laquelle entrent des fleurs imaginaires et des feuilles aux contours dentelés. L?artiste a ici joué des analogies entre les plumes de l?oiseau et les feuilles qui l?entourent.<em>Plat au paon, Turquie, Iznik, vers 1550. Céramique siliceuse, décor peint sous glaçure. H : 8 cm. D : 37,4 cm. Musée du Louvre, département des arts de l?Islam © Musée du Louvre, dis. RMN / Hughes Dubois</em>

Pur sang

Une vitrine entière est dédiée aux armes précieuses. Ce manche de poignard sculpté met en scène de manière très réaliste un cheval hennissant. Le luxe des marbrures de jade qui compose le corps du cheval, la préciosité du décor en or, rubis et émeraudes, contrastent avec la fonction tranchante de l?arme.<em>Poignard à manche en tête de cheval(détail), Inde, XVIIe siècle. Jade, rubis, émeraudes et orkundan ; acier damassé et damasquiné d?or. L : 50,5 cm ; l : 9,1 cm. Ep : 2,4 cm. Poids : 0,468 kg. Musée du Louvre, département des arts de l?Islam © Musée du Louvre, dis. RMN / Hughes Dubois</em>

Boîte à mystères

Contrairement aux idées reçues, la représentation humaine abonde dans les arts de l?Islam, que ce soit à travers les enluminures, les tapis, les sculptures, etc. À l?image de cette boîte ronde en ivoire pour laquelle il faudra se frayer un chemin afin de pouvoir en apprécier la facture, tant elle rencontre du succès auprès des visiteurs. Et pour cause, elle intrigue par tout un tas de saynètes énigmatiques entre animaux et personnages qui se dissimulent parmi les motifs ornementaux. Avis aux amateurs d?énigmes à clés.<em>Pyxide au nom d?al-Mughira, Espagne, Cordoue, 968. Ivoir sculpté. H : 16 cm, D : 11,8 cm. Musée du Louvre, département des arts de l?Islam © Musée du Louvre, dist. RMN / Hughes Dubois</em>

Sous le tapis volant

On ne voit que ça en entrant dans le département : l?imposante verrière en mailles tout en ondulations créée par les architectes Ricciotti et Bellini est la grande particularité de ce département des arts de l?Islam. Sorte de grand voile suspendu couleur sable, la verrière occupe toute la cour Visconti et plonge les espaces intérieurs dans une lumière douce et chaleureuse. Plus appréciable de jour que de nuit, elle est également très impressionnante vue de l?extérieur comme en témoignent ces images aériennes.Vue aérienne de la cour Visconti. Musée du Louvre, département des arts de l?Islam. Architectes : Mario Bellini et Rudy Ricciotti © M. Bellini ? R. Ricciotti / Musée du Louvre <em>©</em> 2012 Musée du Louvre / Antoine Mongodin

Tapis qui chante

L?art du tapis est évidemment lié aux arts de l?Islam, notamment en Iran. Quelques tapis exposés au sous-sol du département, figuratifs ou abstraits, déclinent des motifs complexes comme une partition musicale. Celui-ci a la particularité d?être un tapis de prière à décor de niche (l?imitation d?une niche renfermant des motifs au centre).Tapis de prière à décor de niche, Iran (?), 1ère moitié XVIe siècle. Trame et chaîne : soie, poil, laine. N?uds asymétriques, fils de métal brochés. H : 160 cm. L : 110 cm. Musée du Louvre, département des arts de l?Islam © Musée du Louvre, dis. RMN / Hughes Dubois

Le nouveau département du Louvre dédié aux arts de l’Islam présente une collection remarquable d’objets religieux et profanes, l’occasion de faire tomber pas mal d’idées reçues sur cette grande civilisation.Dans un contexte plutôt tendu après la diffusion sur le net d’extraits du film anti-islam "L’Innocence des musulmans", et les réactions violentes des salafistes qui en ont découlé, le Louvre a inauguré la semaine dernière le nouveau département dédié aux arts de l’Islam. Sous ce terme un peu générique, sont regroupés des objets autant religieux que profanes sur plus de 3000m² qui témoignent du raffinement de la civilisation islamique, le tout servi par une scénographie dynamique.Les arts de l’Islam désignent la production artistique développée du VIIe (l’année 622 marque le début de l’ère musulmane, avec l’exil du prophète Mahomet), jusqu'au XIXe siècle, dans un territoire qui s’étend sur trois continents. Les cultures marquées par l’Islam ont développé une unité stylistique, basée sur la calligraphie, les motifs géométriques et floraux, mais pas que...Visite en quelques images au cœur du département consacré à l’Islam.Par Alexandrine Dhainaut