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Franck Lebreton et Nicolas Giquel
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Franck Lebreton et Nicolas Giquel
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L.A. Kingz : plongée dans la cité des anges (et des démons)

Les auteurs : Franck Lebreton et Nicolas Giquel

Signée Yann Levy, cette image met en ombre et lumière les deux auteurs de <em>L.A. Kingz</em>. Franck Lebreton, photographe de mode, a débuté en haute joaillerie chez Cartier et a collaboré avec plusieurs magazines et agences de publicité. Nicolas Giquel, photographe de mode, travaille pour des agences internationales de mannequinat et suit - entre autres - les Fashion Weeks de Paris et Milan. Gerry Blyenberg, troisième auteur associé au projet (hors photo), est quant à lui directeur artistique de Pimp my ride Europe, peintre, designer automobile et créateur de prorider. Nicolas Giquel se souvient : "<em>Au départ, L.A. Kingz consistait uniquement en une galerie de portraits. Franck visait au mieux une exposition. J?apportais pour ma part une dimension making-of, beaucoup plus ancrée dans une esthétique reportage. Au fur et à mesure de nos avancées et des aller-retour entre la France et Los Angeles, la série s?est étoffée. Nos proches et amis, qui constataient la progression du projet, nous ont poussé à exploiter cette matière, qui devenait très riche. C?est ainsi que le livre s?est imposé comme une évidence.</em>"

Sk8ter Boy, près de Venice Beach

"<em>Le kid, le skate, le Ice Cream Truck... Autant d?icônes qui rendent cette photo évidente. Le besoin de couleur dans l?ouvrage s?est fait ressentir progressivement. La lumière californienne, extrêmement puissante, la richesse des chromies, des teintes, que ce soit sur les caisses comme les looks, les fresques ou l?environnement urbain ne peuvent être rendus avec le noir et blanc.</em>"

“F” Brothers, Bellflower

"<em>Nous avions pas mal de rendez-vous prévus pour des shootings ce jour-là. Mais la journée, fériée partout aux États-Unis, avait été mal choisie. Par l?entremise de Gerry, on a finalement obtenu un rencard sous une rocade d?autoroute avec ces deux loulous. Ils nous attendaient sur la route, torses nus, genre super-prêts. Un accueil plutôt cool par ces mecs qui représentent la marque </em>Famous Stars and Straps. Cette griffe, assez notoire en Californie, a été fondée par Travis Barker, le célèbre batteur des groupes <strong>Blink 182</strong> ou The Transplants."

Danny Trejo, San Bernardino

"Nous étions à San Bernardino, à l?Est de Los Angeles ce jour-là. On assistait à un énorme Show Car latino avec du live, des perfs?... Bref, on se retrouve en coulisses et c?est là que l?on tombe sur <strong>Danny Trejo</strong>. Une rencontre qui tient vraiment au hasard, il squattait là en backstage et on a fait connaissance. Un mec super cool, très accessible. Cette image relève vraiment de l?instant volé puisque nous avons bénéficié de l?intimité et du calme de l?espace pro pour lui tirer le portrait. Trejo est un vrai personnage, un mec très impressionnant physiquement, même si dans la réalité il est à l?opposé des personnages qu?il incarne à l?écran, d?ailleurs il intervient régulièrement dans les lycées, où il mène notamment des campagnes de prévention contre la violence et la délinquance."

MC Pancho, Tweedy Boulevard, South Gate

"<em>Ce docker mais également rapper est un des précurseurs du Hip-hop West Coast chicano. Ce mec est une espèce de dieu vivant pour tous les prisonniers détenus dans le cadre de longues peines ou condamnés à perpet?. Une sacrée icône, idolâtré jusqu?au Japon. Il constitue une influence considérable du mouvement </em>Prison Art californien<em>. Pas mal de mecs au placard le représentent en illustration sur des serviettes en papier.</em>"

Fredwreck, San Fernando Valley

Farid Karam Nassar - aka Fredwreck -, la quarantaine dans les baskets, en a passé plus de la moitié à produire. Pour les têtes de gondole du game U.S. entre autres, de <strong>Dr Dre</strong> à Doggystyle Records, en passant par <strong>Eminem</strong>, <strong>Ice Cube</strong>, <strong>Cypress Hill</strong>, <strong>50 Cent</strong> ou <strong>Mobb Deep</strong>. Industrieux producteur, le compositeur d?origine palestinienne est également investi dans une action anti-guerre, <em>The STOP Movement</em> (pour <em>Stop The Oppressive Politics</em>) créé en pleine guerre contre l'Irak, et qui fédère en son sein des tracks engagés signés <strong>Everlast</strong>, Dilated People, <strong>The Alchemist</strong>, <strong>KRS-One</strong> ou <strong>B-Real</strong>. "<em>Ça faisait des années que nous voulions rencontrer Fred Wreck, pour l?héritage musical qu?il représente. Cette photographie a été shootée dans le propre studio des Cypress Hill. Imagine qu?aux murs, tu as tous les disques d?or de Snoop ou de Dre auxquels il a participé, et qui sont aujourd?hui des clefs de voûte du Mouvement. Ce mec est hyper accessible, une vraie crème et une sacrée connexion !</em>"

Jazz, Venice Beach

"<em>C?est ce qu?on appelle un fuck volé ! Jazz est un gosse de gitan, un p?tit skater rebelle comme il en pousse plein dans le secteur de Venice Beach. L?ouvrage </em>L.A. Kingz<em> avait été envisagé initialement comme une série de portraits, d?où le parti pris de faire figurer un maximum d?images en noir et blanc. Ce n?est que plus tard que les clichés en couleur sont venus s?inviter dans les pages du bouquin. Lorsque je matte cette photographie, je ne regrette pas ce choix esthétique.</em>"

Chevy Impala SS Lowrider, Martin Luther King Boulevard

"<em>On est dans un garage de Compton pour le shooting d?une tire lowrider. On s?installe, un des gars se précipite dans la voiture, sort du local en trombe, commence à conduire comme un dératé, à jumper sur le boulevard... Et là, la bagnole se coupe en deux, net. À ce moment-là, quinze mecs sortent du garage, rentrent les deux morceaux, les ressoudent en un rien de temps et la Chevrolet repart direct sur le boulevard, à fond de roues arrière.</em>"

Boyz in the Hood

"<em>Une rencontre au hasard d?une rue avec ces deux gars, dont un des deux est un MS 13. On leur propose de faire des images, ils nous proposent de ramener une caisse pour poser dessus, en échange de deux ou trois cent dollars. Les mecs essayent de gratter, on leur explique que personne n?est payé sur le projet et finalement... ils acceptent. Ironie de la scène, au moment de se laisser photographier, un des deux dégaine une liasse de dix, quinze mille dollars ! De façon générale, toutes les bobines croisées lors de la création de l?ouvrage ont tous accepté avec plaisir de se retrouver face à l?objectif. La culture de l?image est tellement forte outre-Atlantique que les gens venaient limite à notre rencontre pour se faire tirer le portrait</em>".

Somewhere in South Central

"<em>Un instant volé en compagnie de trois mecs de South Central, tendance Crips. De South Central à Compton, on n?a jamais eu de problèmes durant les prises de vue. Les habitants, bad boys ou non, hallucinaient toujours de voir deux frenchies perdus débarquer dans leur quartier pour faire de l?image. Et finalement c?est notre démarche qui constituait notre laisser-passer, de façon presque naturelle. En fait, les mecs étaient plutôt honorés qu?on s'intéresse à eux, ils étaient pour la plupart très fiers que des étrangers fassent la démarche de venir les rencontrer, sur leur terrain, leur lieux de vie ou de travail. Du coup, les rencontres avaient lieu très facilement et tous ont joué à fond le jeu de la pose.</em>"

L.A. Kingz : plongée dans la cité des anges (et des démons)

C’est sûrement le photo-reportage sur la culture de rue le plus burné récemment paru. L.A. Kingz est un artbook, un pavé de 224 pages pour plonger au cœur d’un Los Angeles à quelques années-lumière du strass et des paillettes hollywoodiennes. Durant près de 6 ans, les photographes Franck Lebreton et Nicolas Giquel ont empilé les aller-retour entre l’Hexagone et la Cité des Anges, à la rencontre de ses habitants qui ont choisi une vie en marge, souvent sur le fil du rasoir. Gangters, lowriders, gamins issus de la boardculture West Coast et scène tattoo s’affichent ici entre ombres et lumières, servis par des images justes, authentiques, radicales. Hommage photographique au béton californien, L.A. Kingz redéfinit le lifestyle, terme souvent invoqué, rarement maîtrisé. L’ouvrage, sorti cet été en version collector numérotée, rayonnera bientôt sur toutes les étagères des bonnes librairies. En attendant, rencontre, légendes et anecdotes en présence des deux coupables. Word Up !Par Théophile Pillault L.A. Kingz (Label 619), disponible en édition collector et en version classique à partir du 25 octobre