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Des peintures classiques sans leurs personnages

L’artiste espagnol Jose Manuel Ballester a imaginé les grands classiques de l’histoire de la peinture sans leur personnage emblématique. Que ressent-on à la vision du Radeau de la méduse de Géricault sans ses naufragés ? Ou à celle du massacre du "Tres de Mayo" de Francisco de Goya et de Guernica de Picasso sans ses victimes ? Le résultat est plutôt surprenant.Nous connaissons tous le Tres de Mayo (de son vrai nom "El tres de mayo de 1808 en Madrid", soit "Le trois mai 1808 à Madrid") de Francisco de Goya. La scène est sinistre, les révoltés, alignés contre le mur, attendent d’être fusillé tandis qu’une mare de sang, celui des victimes précédentes, s’étend déjà à leur pied. L’artiste espagnol Jose Manuel Ballester a imaginé la même scène, mais déserté de ses protagonistes. Le résultat ? Encore plus troublant, l’absence des corps et des soldats mets encore plus en évidence l’étendue sanglante, sinistre symbole des victimes de cet évènement.Le même principe est appliqué, parfois avec plus d’humour, pour la fameuse Vénus de "La naissance de Vénus" de Botticelli, ou encore pour "La Cène" de Léonard de Vinci, abandonnée par ses convives.Tout aussi marquant que le "Tres de Mayo" de Goya, figure par contre la scène convulsive du Guernica de Pablo Picasso, ou celle, tragique, du "Radeau de la Méduse" de Géricault. Des tableaux stupéfiants, qui gardent toute leur force malgré la transformation.A noter que les œuvres de Jose Manuel Ballester sont exposées au très sérieux musée Guggenheim de Bilbao.Maxence Grugier