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Dans l'univers kitsch et baroque des love hotels japonais

La photographe Misty Keasler, à travers sa série Fantasy Rooms of Japan, illustre les univers bariolés des love hotels japonais, ouverts aux fantasmes divers de tous leurs clients potentiels.

Spécificité particulièrement répandue au Japon, les love hotels sont des établissements dont les chambre sont à louer à l'heure et à la nuit spécifiquement par des clients qui souhaitent assouvir leurs désirs sexuels. Fortement thématisées, elle sont décorées et offrent toute une variété d'accessoires pour permettre aux couples, mais aussi aux prostituées et leurs clients de pouvoir concrétiser leurs fantasmes. Leur développement s'explique par les conditions de vie des Japonais au moment de l'apparition des premiers établissements dans les années 1920. La plupart des habitations à l'époque étant composées d'une seule pièce, le manque de place et d'intimité ont conduit à un boom du secteur dans l'immédiat après-guerre. On estime aujourd'hui à autour de 30.000 le nombre de love hotels dans le pays, représentant un business total de plus de 4000 milliards de yens, soit environ 30 milliards d'euros.

Parfois sobres et discret et uniquement utilisés comme dortoirs polissons, certains love hotels se sont néanmoins distingués par leur très forte identité visuelle, notamment ceux construits dans les années 1970. Ces établissements aux couleurs flashy sont très souvent réservées à une clientèle particulière, fétichistes et/ou sado-masochistes (les vrais, pas ceux de 50 Nuances de Grey).

Fascinée par l'identité visuelle de ces lieux, la photographe Misty Keasler leur a consacré une série de photos, Fantasy Rooms of Japan, magnifiant ces décors vidés de toute présence humaine. Ambiance pop art, rame de métro, manège, pirates ou Hello Kitty, tous les goûts sont contentés tant qu'on reste dans le plus kitsch possible.

Via Ufunk