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Typologie des séparations de groupe

Le manque d'envie (XTC)

La séparation des anglais de <em>XTC</em>, si jamais elle doit être tenue pour officielle, est l'une des histoires les plus troubles et singulières de l'histoire de la pop. Organisé autour du duo Colin Moulding et Andy Partridge, XTC est actif depuis 1972-1973. Le dernier signe de vie a été émis en 2005 sous la forme de deux chansons. Depuis, Moulding est rangé des voitures et se serait retiré des affaires musicales par manque d'intérêt. Il a changé de portable et n'a plus donné de signe de vie direct à son binôme, autrement que par avocat interposé (pour s'accorder sur le partage des royalties). L'envie n'y est plus, la passion non plus. Il reste, face à cette panne d'alimentation et à cette trouille de créer (le groupe avait cessé de faire des concerts il y a des décennies), un long silence en forme de point d'interrogation et des jalons pop essentiels : English Settlement ou Black Sea. Voir aussi : - Diaporama : Les différents types de reformations - Ces groupes qui ne doivent pas se reformer

La séparation à l'amiable (The Arab Strap)

A force de parler d'histoires de cul et de séparations qui finissent mal, il fallait bien que les Ecossais de Falkirk fassent chambre à part. Après une carrière exemplaire et emblématique d'un partage des tâches équitable (<em>Aidan Moffat </em>aux textes et au chant, <em>Middleton </em>pour tout le reste), les <em>Arab Strap</em> ont signé une séparation exemplaire et à l'amiable. Déclarations d'amour réciproque, dernier album irréprochable, compilation conclusive remarquable, tournée d'adieux après seulement 11 ans d'activité, Arab Strap a réussi la plus belle sortie de l'histoire du rock indé. Les deux ours se permettent depuis quelques temps de rejouer ensemble et ont même composé un nouveau titre. On a vu pire. Voir aussi :- Bills Wells et Aidan Moffat font un album - Diaporama : Les différents types de reformations - Ces groupes qui ne doivent pas se reformer   

L'absence de succès (The Troggs)

C'est l'histoire la plus ordinaire du rock : le groupe qui n'en peut plus d'attendre son heure. Plus personne ne parle, ni n'écoute plus les Troggs aujourd'hui dont l'influence sur le rock garage et le punk rock aura été pourtant très significative. Lancés au milieu des années 60 par une reprise jamais égalée du "Wild Thing" de <em>Chip Taylor</em>, les Troggs lutteront ensuite pour maintenir leur place dans la hiérarchie, sans parvenir au niveau de succès qu'ils pensaient mériter. Dépassant le million d'exemplaires vendus avec trois titres ("Wild Things", "Love Is All Around" et "With A Girl Like You"), les Troggs disparaissent minés par des conflits internes et la déception. Le leader Reg Presley (quel nom) et ses acolytes jettent l'éponge en 1969 et tenteront un comeback en 1991 sur le bagage arrière de <em>R.E.M.</em> Rien n'y fera. Du beau monde les reprendra ensuite et pendant des décennies. Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas. Voir aussi : - Diaporama : Les différents types de reformations - Ces groupes qui ne doivent pas se reformer  

Les problèmes de drogue (The Only Ones)

Il y a ceux qui périssent par là même où ils ont pêché. On pourrait faire une bible des groupes perdus dans et par la drogue. <em>The Only Ones</em> restent nos préférés parce qu'ils ont pu enregistrer leurs premiers albums grâce au trafic de stupéfiants organisé par leur leader Peter Perrett, avant de disparaître pendant 26 ans parce que celui-ci ne sortait plus de chez lui. Vivant dans la crasse, perdant toute dignité et se faisant dessus ou dessous selon les jours, Perrett a pointé le bout du nez en 1994, replongé, avant d'être ressorti du formol en 2008. On attend toujours depuis un nouvel album promis par le guitariste <em>John Perry</em> et annoncé par "Black Operations". La drogue c'est mal et cela réussit à vous séparer n'importe quel groupe d'amis quand il n'y en a pas assez pour tout le monde. Les Only Ones ne se sont même pas repentis. Perrett est un squelette qui chante encore pas mal mais carbure à l'oxygène liquide entre les morceaux. Voir aussi :- Interview de The Only Ones- Diaporama : Les différents types de reformations - Ces groupes qui ne doivent pas se reformer  

Les divergences artistiques (Dinosaur Jr)

Faute de mieux, on appellera "divergences artistiques" toute séparation liée, à un instant T, à l'expression d'aspirations artistiques (ah,ah,...) contraires ou inconciliables entre les membres d'un groupe. C'est un grand motif du communiqué de presse, souvent cache-misère d'autres tensions plus personnelles, et qu'on illustrera (au hasard) par le conflit formidable qui opposa <em>Jay Mascis</em> à <em>Lou Barlow</em> au sein du <em>Dinosaur Jr</em>. Ensemble depuis 1982, les deux hommes s'entredéchirent après la sortie de Bug et se séparent en tournée en 1989. Selon la manière dont on raconte l'histoire, l'enjeu de la séparation était le pouvoir sur le groupe : Mascis n'avait laissé à Lou Barlow qu'une chanson sur leur dernier album commun. On peut y voir aussi une opposition des genres au sein du bouillon grunge : d'un côté un Mascis adepte des structures classiques et finalement assez conservateur, de l'autre un Barlow bassiste d'exception pressé de faire voler les cadres et d'expérimenter, ce qu'il fera ensuite avec <em>Sebadoh</em>. La séparation des Dinosaur Jr est raillée à l'époque dans les cours d'école où l'on raconte que les deux hommes se chamaillaient pour savoir s'il fallait jouer plus ou moins fort. Tout le monde se retrouvera au milieu des années 2000 pour poursuivre l'aventure et soutenir Mascis, dont la fille a besoin de soins coûteux. Solidarité quand tu nous tiens. Voir aussi :- Le match acoustique : Bill Calahan vs Jay Mascis- Diaporama : Les différents types de reformations - Ces groupes qui ne doivent pas se reformer   

La lettre de licenciement (The Fall)

On pourrait constituer une bonne douzaine de groupes ou un orchestre philharmonique avec les membres éjectés de <em>The Fall</em>. Selon la vieille formule, on appellerait The Fall la réunion de <em>Mark E. Smith</em> et de votre grand-mère mais tout de même... Parmi les cent séparations de corps du groupe (peut-on se séparer de soi-même, la question reste posée), la plus fameuse date de 1998. Alors en territoire yankee, Mark E. Smith s'engueule avec son groupe et mène une chasse à l'homme épique dans la salle où ils jouent. Cela dure un bon quart d'heure où les hommes courent dans tous les sens. Les projectiles volent. On se retrouve à l'hôtel pour croiser le fer, si bien que le guitariste est emmené par la police. Repêché au commissariat par deux collègues, les hommes reçoivent dans l'heure qui suit une lettre de licenciement. Les récits de la poursuite originelle (où il est question d'agression à la banane vivante) continuent d'amuser la galerie et constituent la séparation violente la plus cartoonesque de l'histoire du rock, devant la baston qui opposa les <em>Wavves</em> en 2007 à Primavera et les frasques des Gallagher. Heureusement pour tout le monde, The Fall court toujours. Merci pour eux. Voir aussi : - Le monde effrayant et merveilleux de Mark E. Smith- Diaporama : Les différents types de reformations - Ces groupes qui ne doivent pas se reformer  

Le duel des leaders (The Beatles)

Qui peut prétendre donner le secret de la séparation des <em>The Beatles</em> en....5 lignes ? Allons y : 1) c'était <em>Ringo Starr</em> qui faisait tout dans le groupe, composait les musiques, les textes et était le véritable taulier du quatuor. 2) les Beatles se sont séparés parce qu'à partir de 1969, il y avait un leader de trop dans le groupe. 3) <em>Paul McCartney</em> était un méchant bonhomme avec un masque de gentillesse qui voulait devenir chevalier à tout prix et n'aimait pas les hippies et les types à lunettes avec des barbes qui veulent sauver le monde. Qu'est-ce que c'est que ces bêtises ? Disons qu'un groupe n'est jamais assez grand, fut-il le plus grand de tous les temps, pour contenir deux hommes qui écrivent de la musique géniale. Cela ne se peut pas. Cela ne s'est jamais vu. Tout était écrit à l'avance. C'était la faute de <em>Yoko Ono</em>, du manager Klein. Let It Be. Et pouf, ça éclate comme une bulle de savon avec <em>Phil Spector</em> qui leur fait passer le mur du son terminal. Voir aussi : - Les meilleurs détournements de la pochette d'Abbey Road - Je suis diplômé d'un Master sur les Beatles- Diaporama : Les différents types de reformations - Ces groupes qui ne doivent pas se reformer 

L'usure (Pavement et New Order)

Prenez une bande d'amis, d'enfance ou d'université, des types qui aiment jouer ensemble et ont plein de points communs. Laissez les mariner pendant une trentaine/vingtaine d'années à jouer la meilleure musique du monde, à faire des gamins et à élever des chevaux. Faites les changer d'univers et travailler avec les plus grands et vous aurez quoi ? Le meilleur groupe lo-fi du monde, le plus encensé par les critiques depuis 1992 et le plus grand groupe d'electro pop de tous les temps : <em>Pavement</em> et <em>New Order</em>. Les premiers finiront après un Terror Twilight taillé pour le succès et qui se casse les dents. Le chanteur <em>Malkmus</em> est menotté au pied de son micro londonien, histoire de dire qu'il est content de jouer avec ses anciens amis. Peter Hook claque la porte de New Order en colère, sans qu'on sache ce qui s'est passé et va se chanter l'intégrale de <em>Joy Division</em> en campagne pour se consoler. Laissez faire la nature : il y a le bonheur, l'usure, la vie en communauté, la fatigue, un mélange de motifs et de mobiles qui fait qu'un jour, ce n'est tout simplement plus possible. Après une "cash reformation" bien sympathique, Scott Kanberg et <em>Malkmus</em> en étaient rendus au même point : ils se tournaient le dos sur scène. Quand ce n'est plus possible....Voir aussi : - Pavement met le passé en quarantaine- Bernard Sumner et Hot Chip réunis par Converse- Diaporama : Les différents types de reformations - Ces groupes qui ne doivent pas se reformer

L'inactivité (My Bloody Valentine)

"La dernière personne qui attendait le nouvel album de <em>My Bloody Valentine</em> est morte hier". "J'ai croisé <em>Kevin Shields</em>, il m'a dit que l'album était presque terminé". Parmi les fans du groupe shoegaze et bruitiste légendaire, les blagues fusent autour du successeur de Loveless. Malgré une récente reformation et quelques déclarations laissant envisager qu'un jour peut-être, un jour viendrait..., tout le monde s'accorde pour dire que MBV est sans doute mort quelque part à force d'abstinence. Faut-il parler d'une mort par contumace comme on parle d'un jugement dans l'absence ? Démarré en 1996 (soit 5 ans après la sortie du précédent tout de même), le nouvel album du groupe n'est toujours pas achevé et ne le sera sans doute jamais. La maison de disque a jeté l'éponge et le groupe se serait réuni pour acheter du matériel afin de s'y remettre sur ses propres deniers. Le groupe a longtemps disparu, passé les années 90 et 2000 aux oubliettes, sans jouer de musique, ni même se croiser. Shields n'a signé qu'une chanson depuis, en 2003, pour le film de <em>Sofia Coppola</em>, Lost in Translation. C'est mince. Séparé ou non ? Actif ou invisible ? Il n'y a guère que les oreilles sensibles pour se réjouir de cette séparation. Voir aussi : - My Bloody Valentine sur le retour- Histoire du Shoegaze- Diaporama : Les différents types de reformations - Ces groupes qui ne doivent pas se reformer

La rivalité fraternelle (Oasis)

Voilà une bonne histoire. Manchester. Deux frères. Un apprenti chanteur. Le roadie des <em>Inspiral Carpets</em>. Une tube de colle à renifler. L'aîné vient prendre le contrôle du plus jeune et en faire le plus grand groupe anglais depuis les <em>Beatles</em>(ah,ah !). Ils inventent la brit pop, (défoncent la gueule d'un petit bourgeois <em>Albarn</em>  aux alentours de 1995) et vont voir des spectacles de boxe ensemble. Les deux frères ont de gros sourcils et aiment se foutre sur la gueule entre deux chansons. Rien de tel pour animer une fratrie. Un jour de festival Rock en Seine, la cocotte minute se gonfle de vapeur. Comme nous le rapportions dans  notre article Pourquoi Oasis a annulé son concert ?, Liam, le jeune, a annulé une précédente apparition pour une laryngite de complaisance. Son frère Noël entreprend de le castagner en coulisse. Il est harcelé au travail et personne ne le soutient. Les deux hommes pulvérisent une guitare à mains nues et s'estourbissent sérieusement. Un gogo est envoyé dire aux 30 000 spectateurs qu'ils peuvent toujours attendre et que "Oasis n'existe plus". Noël prend ses cliques et ses claques dans la foulée. Les gros sourcils se froncent et attendent de voir. Le jeune fonde <em>Beady Eye</em>. Le vieux s'entraîne dans son coin. Boxing Day : on met <em>Oasis</em> en boîte et on se fout des jetons. Voilà une bonne histoire. Abel et Caïn le retour.    Voir aussi :- Beady Eye, "Four Letter Word" premier single en vidéo - Beady Eye l'après Oasis de Liam Gallagher- Diaporama : Les différents types de reformations - Ces groupes qui ne doivent pas se reformer

Le suicide (Joy Division et Nirvana)

18 mai 1980. 5 avril 1994. Rien de pire pour se séparer que la mort et rien de pire dans la mort que la mort qu'on s'inflige à soi-même et qui vous fait sortir à jamais du royaume de Dieu. L'histoire des suicides rock est une longue histoire qui passe par les deux jalons essentiels que sont les suicides miroir de <em>Ian Curtis</em> et <em>Kurt Cobain</em>. On peut soutenir que ces deux là n'ont rien à voir l'un avec l'autre, un suicide n'a jamais rien à voir avec un autre. <em>Joy Division</em> voguait vers le succès américain et aurait sans doute connu des jours glorieux quand Curtis s'est pris le cou dans la corde à linge. <em>Nirvana</em> était monté trop haut trop vite et surtout n'importe où sans que Cobain ait eu le temps de s'y retrouver. Ces morts ont évidemment fait voler leurs groupes respectifs en éclats. Joy Division est devenu <em>New Order</em>. Nirvana est devenu, quoi ? les <em>Foo Fighters</em>. A chaque fois, c'est l'un des membres du groupe (Sumner, Grohl) qui a poussé dans l'ombre et qui révèle un talent qu'on ne lui connaissait pas. Le suicide, c'est à la fois glauque, misérable et en même temps si mélodramatique qu'on fait pousser les légendes dessus. Voir aussi : - Peter Hook rejoue Joy Division au Trabendo - Joyeux Anniversaire Kurt Cobain- Diaporama : Les différents types de reformations - Ces groupes qui ne doivent pas se reformer

La sublimation (The La's)

La rumeur veut que des dizaines de mecs se soient perdus dans le port de Liverpool et qu'on ne les ait plus jamais revus. Ce n'est sans doute pas ce qui est arrivé aux The La's de Lee Mavers mais le résultat est identique. Le groupe s'est sublimé : comme un gaz, il s'est dissout dans l'éther, alors même qu'il était au plus haut. Auteur d'un album unique, éponyme, impeccable, le duo Mavers-Power brille avec des titres pop remarquables comme "Timeless Melody" et évidemment "There She Goes". Et puis zou ! Lee Maversperd l'envie. Il n'est ni mort, ni malade, ni complètement drogué, juste parti ailleurs, disparu. La séparation des liens qui interviendra plus ou moins officiellement autour de 1992 est l'un des seuls cas connus de disparition par dissolution chimique dans l'air ambiant. Une disparition qui ne laisse pas de traces, si ce n'est quelques reformations étranges (ont-elles existé ?) pour quelques concerts en 1994, 1995 et 2005. On dit que Mavers ne reviendra que lorsqu'il sera enfin autorisé à réenregistrer son premier album dont il n'est toujours pas satisfait. Son compère <em>John Power</em> a livré un jour que Mavers travaillait depuis 20 ans sur leur second album et que celui serait majestueux. On demande à voir. Certains ont vu le fantôme de <em>Brian Wilson</em> du côté de Liverpool, celui de Smile et de la folie galopante. Il y a des séparations tonitruantes et d'autres qui durent pendant des siècles et ne s'achèvent jamais. Voir aussi :- YouTube de l'été #31 : The La's - "There She Goes"- Diaporama : Les différents types de reformations - Ces groupes qui ne doivent pas se reformer

Les problèmes de couple (Cinerama)

A côté des <em>Low</em> ou des <em>Sonic Youth</em> qui n'en finissent plus de s'aimer et de composer ensemble, il y a des histoires un peu moins drôles mais tout aussi romantiques. Prenez <em>Cinerama</em>, l'archétype du groupe de couple qui fait l'amour sur scène et puis tire sa révérence quand il y a de l'eau dans le gaz. Lorsque David Gedge, héros indie du <em>Wedding Present</em>, rencontre la jolie Sally Murrell, il a une idée géniale : créer un groupe qui dirait leur amour, un groupe sans guitares ni batterie et qui jouerait de la musique de films, des chansons d'amour, ce genre de choses. Il composerait des chansons éternelles et les chanterait avec sa muse. Cinerama a signé 3 excellents albums et une belle série de singles parmi lesquels on retiendra les miraculeux "Lollobridgida", "Superman" ou "Your Charms". Quand les choses sont allées moins bien, Gedge a rappelé ses guitares pour faire sa mauvaise tête. Il s'est mis à rejouer de plus en plus fort. En 2003, lui et Murell se sont séparés et la chanteuse a quitté le groupe/couple. Du coup, Gedge a décidé que ce qu'il faisait n'avait plus grand-chose à voir avec Cinerama et à restaurer son ancienne enseigne. <em>The Wedding Present</em> est revenu deux ans plus tard avec Take Fountain et les choses sont rentrées dans l'ordre. No sex in job. On lui avait bien dit.Voir aussi :- Groupes en couples, couples en groupes : les lois du désastre- Cinerama : de la classe, une moto et de la pop- Diaporama : Les différents types de reformations - Ces groupes qui ne doivent pas se reformer

Le leader présomptueux (At the Drive-In)

Il fallait bien que cela tombe sur quelqu'un. On aurait pu prendre un autre groupe que les <em>At The Drive-In</em> (l'explication se défend mais n'est pas inattaquable) mais bon, ils n'avaient qu'à pas se la jouer rebelles au grand coeur et à la grosse guitare.  Apparus au milieu des années 90 comme les nouveaux espoirs de la scène post-hardcore les chevelus d'At The Drive-In ont commencé par tout casser avec leur premier album Acrobatic Tenement. Ces mecs là avaient tout pour plaire : l'attitude, la hargne, l'énergie, les chansons, le look, l'engagement, les origines sociales (El Paso, Texas). Minés par une première tournée marathon et le succès croissant du groupe, les At The Drive In ne s'en sortent plus et semblent perdre peu à peu le sens des réalités. Leur troisième album, Relationship Of Command, soutenu par <em>Iggy Pop</em>, les amène dans une autre dimension plus mainstream et finit par leur tourner la tête. En mars 2001, contre toute attente le groupe explose en pleine tournée et se sépare. Cédric Bixler-Zavala avoue devant la Terre entière que le groupe le tire vers le bas et se lance aussitôt avec son compère Rodriguez-Lopez dans la désastreuse aventure <em>The Mars Volta</em>. Le reste des membres se recycle en formant les tout aussi dispensables <em>Sparta</em> et c'en est fini d'un groupe qui avait tout pour plaire. Du rock, de la drogue, des filles et un beau gâchis à l'arrivée. Pas de reformation en vue pour ceux-là même si il ne faut jamais dire jamais. Voir aussi :- Diaporama : Les différents types de reformations - Ces groupes qui ne doivent pas se reformer

La maladie (Queen)

Il reste une statue de <em>Freddie Mercury</em> au bord du lac Léman près de Montreux. Les <em>Queen</em> y avaient un chalet d'enregistrement. Il y a des séparations qui ne se décident pas : annoncé moribond à la fin des années 80, le chanteur d'un des premiers grands groupes de stade de la planète rock, réussit à planquer le sida sous le tapis pendant quelques années. Mercury brille de ses meilleurs et derniers feux sur Innuendo en 1991 où il offre au groupe ses hymnes les plus percutants et fédérateurs : "The Show Must Go On" et "These Are The Days Of Our Lives". A la fin de cette année, il admet qu'il est malade du Sida, publie un communiqué et meurt dans la même journée. Ses amis zoroastres l'accompagnent jusqu'au paradis des chanteurs à voix. Le groupe ne se sépare pas mais se dissout dans des projets de plus en plus étranges. Ils retravaillent post mortem des morceaux de leur leader, en trouvent un nouveau qu'ils ajoutent par un « + » respectueux à leur groupe mais rien n'y fait : Queen est mort avec Mercury et ne renaîtra pas avant Ragnarok. Voir aussi : - Les Muppets chantent Queen- Bohemian Rhapsody, titre préféré de l'armée britannique - Diaporama : Les différents types de reformations - Ces groupes qui ne doivent pas se reformer

Le membre qui tombe dans la folie (The Beach Boys et The Pink Floyd)

Le rock est la musique du diable et est une drogue qui rend fou. Si on trouve encore des groupes qui tentent aujourd'hui de se faire passer pour les <em>The Beach Boys</em> et le <em>Pink Floyd</em>, on peut considérer que les deux groupes ont succombé en leur temps à des séparations de fait causées par la folie de leurs principaux animateurs. Côté californien, <em>Brian Wilson</em> dévissait royalement en échouant pendant quasiment 30 ans à esquisser un sourire (Smile), plombé par les amphétamines, le perfectionnisme, la paternité et l'air du temps. Côté britannique, l'immense <em>Syd Barrett</em> quittait le plancher des vaches à ailes et rejoignait Cambridge pour y mourir à la maison après avoir illuminé les années 70 de son talent. Sorti du groupe en 1968, Barrett signa quelques classiques lumineux avant de s'abandonner à la schizophrénie. Ces hommes sont-ils fous ou géniaux ? La question reste posée. Tonton Wilson est revenu du territoire des ombres en 2002. Barrett a levé les amarres en 2006. Leurs groupes courent comme des canards sans tête.Voir aussi:- I Know Where Syd Barret Live - Brian Wilson, le retour de la revanche du Beach Boys- Diaporama : Les différents types de reformations - Ces groupes qui ne doivent pas se reformer 

La notion de longévité chez les groupes à guitares est souvent accompagnée par un souffle de respect (U2) ou de lassitude (Rolling Stones, Cure), signe qu'elle ne va pas de soi. Pour le meilleur ou pour le pire, les groupes, ont tendance à faire leur temps (un, deux, trois albums, salués dans le meilleur des cas par un succès ou un "sommet artistique") avant de déchoir, pourrir sur place et s'éclipser. La typologie des séparations ne relève pas que de la tragédie : il y a des splits salutaires, amiables, artistiques, conflictuelles, des séparations au couteau, aux amphétamines, au goût qui change, à la mort qui passe, au temps qui file. Mais se quitter peut avoir du bon, et être ce qui peut arriver de meilleur aux membres d'un groupe. Petit tour d'horizon des différentes fins possibles