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En exclu et en détails, toutes les étapes du chemin de croix qui mènera peut-être Di Caprio à la statuette tant convoitée.

On dit parfois qu’il faut souffrir pour être beau. Leonardo DiCaprio, né avec une super belle gueule qui l’a aidé à devenir l’une des plus grandes stars de cinéma de sa génération, n’a sans doute jamais eu à méditer à cette question. Mais il a quand même choisi de souffrir. Pour les besoins de son art, pour nous divertir et pour peut-être, un jour, décrocher un Oscar, Saint Graal de l’entertainment qui validerait tous ses efforts d’acteur studieux. Son nouveau film, l’exceptionnel The Revenant, est de son aveu même « le plus difficile de toute sa carrière », un parcours sulpicien et maso qui le voit passer par une gamme de souffrances hallucinantes, extrêmement variées, et listées ici. Attention, petits spoilers.

Se lever (très très) tôt
C’était l’une des règles de base de l’« expérience » The Revenant : tout shooter en lumière naturelle. Ce qui implique forcément des contraintes horaires inhabituelles. Et comme, en plus, la majorité du tournage avait lieu au fin fond du Canada, dans les endroits les plus reculés de la province de l’Alberta, « le temps de faire l’aller-retour, 40% de la journée s’était déjà écoulée », explique le réalisateur Alejandro Gonzalez Inarritu. Leo a donc du se lever aux aurores, et ce pendant la durée exceptionnellement longue (neuf mois !) du tournage. Idéal pour avoir l’air complètement crevé à l’écran.

Frôler l’hypothermie
2h40 de vastes étendues désertiques et enneigées… The Revenant, comme Jeremiah Johnson, est le genre de film qu’on regarde avec des moufles et un passe-montagne. Mais c’est surtout sur le plateau qu’il faisait un froid de canard – la rumeur hollywoodienne et les comptes rendus déjà légendaires font état d’acteurs trainés nus dans la neige, de températures avoisinant les moins 40… Leo, lui, s’est plaint d’avoir eu les « yeux gelés ». Bon, ça ne se voit pas vraiment dans le résultat final (moins que dans Titanic, par exemple), mais quand il cause et que ça fait de la buée sur l’écran, on comprend quand même que c’est pas du chiqué.

Se faire tabasser par un ours déchaîné
C’est la scène pivot du film, déjà anthologique, une variation hardcore sur Man vs Wild où Leo se fout sur la tronche avec une maman grizzly super vénère. Certains commentateurs ont cru y voir une scène de viol. N’importe quoi (rappelons-leur au passage qu’Amours chiennes n’est pas un porno). Par contre, c’est incontestablement le corps-à-corps le plus brutal entre un homme et une bête jamais vu au cinéma.

Etre enterré vivant
Rassurez-vous, on spoile à peine en disant ça. Si vous ne connaissez pas l’histoire d’Hugh Glass, sachez que, pour plusieurs générations de kids américains, c’est un récit presque mythologique, une folk tale que les boy-scouts se racontent le soir au coin du feu (de camp). Méchamment abîmé par son combat mano a mano avec maman ours, Glass a ensuite été porté par ses compagnons de route sur des dizaines de kilomètres avant d’être abandonné et laissé pour mort. Il existe des versions de l’histoire où Glass n’est pas enterré vivant. Leo, lui, a choisi cette option-là. Complètement maso.

Cautériser sa gorge (précédemment déchiquetée par un ours)
Avec de l’herbe sèche, du petit bois et un peu de poudre à canon. On ne vous en dit pas plus. A part que ça a vraiment l’air de faire un mal de chien.

 

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Manger du foie de bison cru
Ils auraient pu tricher un peu, on ne leur en aurait pas voulu. C’est du cinéma, après tout. Mais Leo a semble-t-il poussé la « Méthode » jusqu’à avaler du vrai foie de vrai bison. Vraiment cru. Et il est végétarien !!! A ce stade, on se demande si l’Académie va se fatiguer à nominer d’autres acteurs cette année.

Dormir dans une carcasse de cheval
D’abord, découper la bête dans le sens de la longueur. Puis retirer patiemment ses intestins. Enlever ensuite ses propres vêtements, car l’animal mort ne vous communiquera de la chaleur que si vous êtes nu. S’allonger et « refermer » la bête (comme on referme la fermeture éclair d’une tente au camping). Essayer ensuite de trouver le sommeil. Après plusieurs jours à bouffer des racines et à nager dans l’eau glacée, en général, on y arrive…

Comprendre l’accent américain de Tom Hardy
Si vous avez vu The Dark Knight Rises ou Mad Max : Fury Road, si vous avez déjà entendu Tom Hardy marmonner au cinéma, vous pouvez peut-être imaginer comment il sonne en trappeur frustre et brutal, luttant pour sa survie en plein Dakota du Sud. Oui, c’est imbitable, aussi incompréhensible que les borborygmes d’un hillbilly pété au mauvais whisky. De quoi rendre vraiment furax ses compagnons de route. Vas-y, Leo, fais-lui sa fête !

Tomber de plusieurs dizaines de mètres (à cheval)
C’est peut-être la scène la plus spectaculaire du film. Un truc fou. Complètement inattendu. On n’en dira rien. Juste : wow !

La boucler
Leo avait des tartines de dialogues dans ses deux derniers films, Django Unchained et Le Loup de Wall Street, mais ça n’a pas été suffisant pour lui faire décrocher la timbale. Dans The Revenant, il cause, certes, mais juste un peu, passant surtout le film à éructer, râler, grommeler. Difficile de jacter, en effet, quand on a la bouche pleine de terre, ou quand un grizzly vous a fait un trou dans la gorge. Alors il se tait. Il est de presque tous les plans, mais silencieux. Est-ce que c’est suffisant pour gagner un Oscar ? Demandez donc à Jean Dujardin ce qu’il en pense.