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TOP 2014 : 10 acteurs meilleurs que leur film

Mathieu Kassovitz dans Vie sauvage

Treize ans après Roberto Succo, <strong>Cédric Kahn</strong> s?emparait dans Vie sauvage d?un nouveau fait divers ? l?histoire de Xavier Fortin, père de famille marginal qui vécut en cavale avec ses deux fils pendant plus de dix ans. Le film ne tenait pas toutes ses promesses de chronique rousseauiste, mais devenait franchement passionnant quand on choisissait de le regarder comme un film <em>sur</em> <strong>Kassovitz</strong>, sa rébellion anti-système, son intranquillité permanente, sa grande gueule, sa force de conviction. Clairement conscient d?avoir trouvé là un rôle-miroir, presque un exutoire, Kasso y livrait sa meilleur perf? depuis Assassin(s).

Benicio Del Toro dans Paradise Lost

Tout le monde savait que le rôle de Pablo Escobar était fait pour lui. C?était même devenu l?une des grandes Arlésiennes d?Hollywood. <em>Paradise Lost</em> fait le pari d?utiliser <strong>Del Toro</strong> comme <strong>Coppola</strong> utilisait <strong>Brando</strong> dans Le Parrain ou Apocalypse Now. C?est à dire en creux, à l?arrière-plan, comme une présence maléfique qui n?aurait besoin que d?une poignée de scènes pour faire grimper la température et hanter le film. Problème : comme <strong>Josh Hutcherson </strong>(le premier rôle) n?est ni <strong>Al Pacino</strong> ni <strong>Martin Sheen</strong>, on s?emmerde un peu quand Benicio n?est pas à l?écran? 

Bruce Dern dans Nebraska

Quelle plaie, Nebraska. Noir et blanc cafardeux, clichés americana à tous les étages, misanthropie étouffante? Brrr. La seule façon d?apprécier le film était en fait de l?envisager comme un superbe spécimen de « <strong>Bruce Dern</strong> movie » - d?autant plus appréciable que les « Bruce Dern movies » ne courent pas les rues. Sorti du formol, l?anti-héros le plus antipathique des 70s y était hilarant en pépé acariâtre, semblant jeter ses dernières forces dans la bataille. Ses dernières forces ? Pas si vite : Dern en garde sous le coude pour The Hateful Eight, le prochain <strong>Tarantino</strong>. Vivement. 

Josh Brolin dans Oldboy

C?est plus fort que nous : <strong>Brolin</strong>, on l?aime quoi qu?il fasse. Même dans ses années creuses. Et pour lui, 2014 a ressemblé à un nadir. Bluette étouffe-chrétien de J<strong>ason Reitman</strong> (<em>Last Days of Summer</em>), suite bof-bof de Sin City, remake ringard du Old Boy de <strong>Park Chan-wook</strong> par <strong>Spike Lee</strong>? Mais même dans un film aussi ectoplasmique que celui-là, son charisme monstre continue de tout écraser sur son passage. De quoi patienter sans trop d?inquiétude jusqu?à son imminent come-back en flic facho dans le Inherent Vice de <strong>Paul Thomas Anderson</strong>. 

Jake Gyllenhaal dans Enemy

Après ses errements bodybuildés circa Prince of Persia, <strong>Gyllenhaal</strong> a décidé de renaître façon <strong>McConaughey</strong>. Il s?est trouvé un Pygmalion (le Canadien <strong>Denis Villeneuve</strong>), s?est ressourcé dans tout un tas de séries B sympatoches (Source Code, End of Watch), se la joue Actors Studio (les kilos perdus pour Night Call). Il va même bientôt tourner sous la direction de Jean-Marc Vallée (le « faiseur d?Oscars » de <em>Dallas Buyers Club</em> et <em>Wild</em>). Enemy symbolise bien la situation de l?acteur aujourd?hui : un ovni ambitieux mais un poil trop fumeux pour être franchement convainquant. Plus un laboratoire, un workshop, qu?un « vrai » film. Jake Gyllenhaal est manifestement prêt pour son grand come-back. Ne reste plus que les films suivent? 

Julianne Moore dans Maps to the stars

Elle danse, psalmodie, pète, roule des yeux furieux de harpie californienne? <strong>Julianne Moore</strong> en fait vraiment des tonnes dans Maps to the stars. On aime ou pas (le jury cannois a aimé), mais sa prestation outrancière avait au moins le mérite de sortir le dernier <strong>Cronenberg</strong> de sa léthargie mortifère. <em>Way to go, Julianne ! </em>

Johnny Hallyday dans Salaud on t'aime

Entendons-nous bien : Salaud, on t?aime n?est pas mal du tout. Plutôt très bien, même. Un retour en forme pour <strong>Lelouch</strong>. Mais la grosse attraction du film, c?est <strong>Johnny</strong>. Au fil du temps, beaucoup ont voulu transformer l?idole du rock frenchy en icône de cinéma (<strong>Godard</strong>, <strong>Johnnie To</strong>, <strong>Patrice Leconte</strong>?), presque tous s?y sont cassé les dents. Lelouch, lui, est suffisamment intelligent (et mégalo) pour envisager Hallyday comme son alter-ego, et projeter ses propres fêlures de cinéaste-rock-star dans les replis du visage granitique de notre Jojo national. En retour, celui-ci n?a pas besoin de beaucoup forcer pour emmener <em>Salaud, on t?aime</em> vers des sommets de coolitude inespérés. 

Denzel Washington dans Equalizer

Rien ne fonctionnait vraiment dans Equalizer. Rythme pantouflard, ironie pop mal placée, relents réac pas assumés? Rien, à part le star power de <strong>Denzel Washington</strong>, qui tient toujours la baraque, même quand celle-ci prend l?eau de toute part. Le succès du film (conçu comme l?origin story du justicier faf Robert McCall) laisse présager qu?il y aura une suite. On n?a pas aimé le 1 ? On sera quand même là pour le 2. Denzel oblige. 

Brendan Gleeson dans Calvary

On n?est pas sûr d?avoir tout compris à Calvary. Un mélange entre <strong>Roy Andersson</strong> et <strong>Robert Bresson</strong>, avec des bouts de western dedans ? Ce qu?on a bien compris en revanche, c?est l?évidence de <strong>Brendan Gleeson</strong>, en soutane et en majesté, sans doute le seul héritier contemporain crédible de <strong>Spencer Tracy</strong>. « Ils ont la même intensité morale, c?est dans leur ADN », nous confirmait dans la foulée le réal? <strong>John Michael McDonagh</strong>. Il dit vrai.

Eva Green dans 300 : la naissance d'un empire

C?était l?année <strong>Eva Green</strong>. De <em>Sin City 2</em> au western The Salvation en passant par White Bird et la série <em>Penny Dreadfu</em>l, elle était partout, parfois dans n?importe quoi, mais impériale à chaque fois. Comme dans ce sequel de 300, où elle dominait, en amazone dark, un cast de guerriers machos. Et on vous jure qu?on n?a pas choisi ce film parce qu?il comporte l?une des scènes de cul les plus formidablement roborative de l?année. Il y aura bientôt un Top sexe pour ça.

Le principe d'un grand acteur, c'est d'être bon n'importe où, n'importe quand. En voici dix qui étaient meilleurs que leur film en 2014.