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T-Bone Burnett : « L’histoire des Etats-Unis est définie par sa musique »

Hunger Games (Gary Ross, 2012)

« J?ai été engagé pour travailler sur le ton général de la musique. Je me suis concentré là-dessus, maintenir un ton constant. J?ai produit beaucoup de chansons pour le film, et j?ai eu l?occasion de travailler avec d?excellents artistes comme Arcade Fire ou les Punch Brothers, mais ça n?a pas été bien géré. Le studio a bâclé la musique. Il y avait beaucoup de potentiel qui n?a pas été exploité, nous avons enregistré de très bons morceaux, mais la musique a été mal intégrée au film, c?est dommage. Mais tout le monde n?est pas à la hauteur des Coen... » 

Across The Universe (Julie Taymor, 2007)

« Ca fait un demi siècle que les Beatles occupent le terrain musical, et pendant encore une trentaine d?années, toutes les chansons pop continueront de ressembler à Revolution N°9. Ils ont assez vite négligé le live pour se concentrer sur les enregistrements de leurs chansons, en y accordant une attention extrême. C?est pourquoi il est très difficile de décomposer leur travail. Chaque coup de tambour, chaque son, chaque ton, chaque riff, chaque inflexion de voix fait partie de leur musique et de retirer ne serait-ce qu?un élément serait très perturbant. Elliott Goldenthal <em>(le compositeur de la musique de </em>Across the Universe) est un brillant musicien, et il a commencé à décomposer les morceaux en changeant les arrangements. C?est peut-être la meilleure approche parce qu?il n?a gardé que la stricte mélodie et est reparti de là. Il est impossible de rejouer les morceaux exactement, ce ne serait qu?une imitation. Je l?ai donc suivi dans cette direction et je pense qu?on a réussi. Une nouvelle génération a découvert les Beatles avec les versions du film, avant de revenir aux versions originales. » 

De Llewyn Davis à Hunger Games : la musique de T-Bone Burnett au cinéma

Habitué des frères Coen avec qui il a collaboré sur quatre films, T-Bone Burnett est un musicien subtil qui connaît davantage de succès comme producteur que comme compositeur. Son érudition a fait de lui le consultant incontournable dès qu?il s?agit de musique populaire américaine.Sa contribution sur les numéros musicaux d?Inside Llewyn Davis est particulièrement appréciable. Nous lui avons demandé d?en parler, ainsi que de quelques autres de ses collaborations. <strong>Propos recueillis par Gérard Delorme</strong>

Les Coen et Llewyn Davis

« Les Coen sont sans aucun doute les gens les plus ouverts à la collaboration que j?ai jamais rencontrés ; c?est particulièrement agréable de travailler avec eux. Ils sont si profondément sûrs de leur capacité narrative que rien ne les ébranle, ils ont un contrôle total du matériau. S?ils m?offraient un emploi à plein temps, même au salaire minimum, je le prendrais à vie. C?est dire à quel point j?aime travailler avec eux.Pour <em>Llewyn Davis</em>, ce qu?ils m?ont dit dès le début, c?est « des vraies chansons, mais des personnages inventés ». Llewyn Davis chante les vraies chansons de Dave Van Ronk. Il ne s?agissait donc pas d?écrire des chansons, mais de chercher les meilleures possibles dans son répertoire. »La BO d'Inside Llewyn Davis est <strong>en écoute ici</strong>.

Walk The Line (James Mangold, 2005)

« Johnny Cash est comme Walt Whitman, une figure colossale de la culture américaine. Un de nos meilleurs ambassadeurs mondiaux après Louis Armstrong. Il vient d?une ferme poussiéreuse de l?Arkansas, il en est sorti avec une guitare et a conquis le monde. C?est ça l?Amérique. La musique est notre réalité culturelle la plus importante. Elle est aux Etats-Unis ce que le vin est à la France. Nous l?avons répandue aux 4 coins du monde, avec cette très belle générosité qui la caractérise. » 

Retour à Cold Mountain (Antony Minghella, 2003)

« J?aime profondément Anthony Minghella et sa mort m?a beaucoup attristé. Avant de faire ce film, je n?avais jamais écouté de musique datant de la guerre civile et en remontant le temps, j?ai appris plein de choses. A l?époque où il n?y avait que 13 colonies, les Etats-unis s?étendaient de la façade atlantique aux montagnes des Appalaches. Benjamin Franklin, qui savait que les Ecossais et les Irlandais avaient combattu les Anglais pendant des siècles, en a fait venir par dizaines de milliers pour les placer en arrière-garde dans les Appalaches ? qui n?étaient pas fortifiées. C?est ainsi que Franklin est devenu le père de la country music ! Parce qu?elle est née de cette culture qui s?étendait des Appalaches jusqu?à la côte en passant par la Caroline du Nord, l?Alabama, la Virginie. Je n?avais jamais étudié la musique de l?époque et ce film, Cold Mountain, m?a obligé à le faire. Je me suis rendu compte que l?histoire des Etats-Unis est définie par sa musique depuis ses débuts. » 

Don’t Come Knocking (Wim Wenders 2005)

« J?adore Wim Wenders. Il est brillant et il a très bon goût. Il est aussi bon humainement qu?artistiquement.Pour Don?t Come Knocking, centré sur un personnage de chanteur compositeur, il fallait déterminer un répertoire, ce qui était facile pour moi parce que j?avais vécu une expérience similaire dans les années 80. Nous devions définir qui était ce kid, d?où il venait, quelle sorte de musique lui correspondait, quelle était la vibration du film. C?est très agréable. Sur Crazy Heart <em>(de Scott Cooper, avec Jeff Bridges)</em> aussi, j?avais ce sentiment de travailler avec un petit groupe d?amis. » 

Habitué des frères Coen avec qui il a collaboré sur quatre films, T-Bone Burnett est un musicien subtil qui connaît davantage de succès comme producteur que comme compositeur. Son érudition a fait de lui le consultant incontournable dès qu’il s’agit de musique populaire américaine.Sa contribution sur les numéros musicaux d’Inside Llewyn Davis est particulièrement appréciable. Nous lui avons demandé d’en parler, ainsi que de quelques autres de ses collaborations. Propos recueillis par Gérard Delorme