Les réalisateurs d'Intouchables en interview : "Le succès n'a rien changé à notre envie d'un certain cinéma"

28/03/2012 - 12h22
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Les réalisateurs d'Intouchables en interview : "Le succès n'a rien changé à notre envie d'un certain cinéma"© DR

Depuis août dernier, Olivier Nakache et Éric Toledano assurent sans faiblir la promotion d’Intouchables. 18,9 millions d’entrées plus loin, et avant la sortie du film en DVD le 28 mars, rencontre avec deux marathoniens qui ont encore du souffle à revendre.

Par Christophe Narbonne

Première : Pas trop déçus de ne pas avoir coulé le Titanic une seconde fois ?

Olivier Nakache : Impossible d’être déçus ! (rires)

Eric Toledano : Ce serait indécent. Il faut conserver une fraîcheur par rapport à tout ce qui s’est passé. Ça n’arrivera peut-être qu’une fois… Et quel bonheur que ça arrive au moins une fois.

Semaine après semaine, tout le monde suivait le feuilleton « Qui Intouchables va-t-il détrôner au box-office ? ». Vous vous êtes pris au jeu ?

Olivier : Dans un cas comme le nôtre, tu vis plutôt en permanence dans l’étonnement. Du coup, tu ne développes pas un esprit de compétition. Bon, OK, on était contents de battre Blanche-Neige parce qu’elle n’a pas été cool avec les Nains ! (Rires) Sérieusement, quand on a dépassé La Grande Vadrouille, ça nous a fait un drôle d’effet.

Eric : Intouchables n’égale pas encore La Grande Vadrouille en terme de popularité réelle. On pourra comparer dans quarante ans. La façon dont le film va vieillir dans l’inconscient collectif nous intéresse plus que les chiffres.


Intouchables cartonne dans les pays francophones et en Allemagne. Où en sont les prévisions à ce sujet ?

Eric : Intouchables va peut-être titiller le record d’un film français en Allemagne, détenu par Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain avec 3,2 miilions d’entrées (il l’a dépassé depuis). Pour le reste, les États-Unis en particulier, c’est plus aléatoire. Il va d’abord sortir à New York et à Los Angeles dans un circuit restreint comme The Artist. Harvey Weinstein a quant à lui acheté les droits pour un remake. On a émis l’idée de le proposer à Colin Firth que nous devons rencontrer.

Comment avez-vous vécu les deux polémiques : celle, aux États-Unis, sur le prétendu racisme du film et celle, en France, où Jean-Marie Le Pen a comparé l’état de notre pays à celui du héros handicapé ?

Olivier : On n’en attendait pas moins de la part de Le Pen. Il est sur sa ligne.

Éric : Concernant les États-Unis, c’est une polémique montée en épingle par les médias. Quand Intouchables a dépassé les dix millions d’entrées, un type a cru bon de ressortir le seul article américain à charge passé inaperçu - le journaliste faisait des amalgames ridicules. La méthode nous dérange plus que le contenu.


L’édition double et le Blu-ray d’Intouchables, très attendus, ne déçoivent pas. Il y a notamment un formidable documentaire tourné par votre chef opérateur, Mathieu Vadepied, pendant la préparation et le tournage...

Éric : Il illustre notre collaboration fructueuse avec Mathieu, qui a eu cette idée touchante de faire les portraits croisés des acteurs et de leurs modèles. On trouvait notamment intéressant qu’il interroge les acteurs tout de suite après une prise, chose inédite à ma connaissance.

Vous dites que vous êtes allé le chercher parce que vous vouliez un film qui fasse vraiment cinoche. Vos précédents films ne l’étaient-ils pas assez à vos yeux ?

Éric : Il fallait filmer un gars en fauteuil face à un autre d’1m90. Tous les gens du métier savent qu’il n’y a rien de plus dur à rendre à l’écran, ce n’est pas cinématographique.

Olivier : L’idée était de filmer la comédie comme un drame. C’était bien de travailler avec quelqu’un qui ne partageait pas nos références.

Eric : Mathieu, qui a bossé avec Pialat et Audiard, nous a dit : « Je vais venir et je vais vous faire chier ! » Ça tombait bien, on cherchait un contradicteur. On n’a pas abandonné la comédie et lui n’a pas changé sa façon de raconter les choses visuellement.

Après Bienvenue chez les Ch’tis, Dany Boon a déçu. James Cameron, lui, est allé vivre sous l’eau pendant dix ans au lendemain de Titanic. Redoutez-vous l’après Intouchables ?

Olivier : Le succès n’a rien changé à notre envie de cinéma et, surtout, à notre goût d’un certain cinéma. On ne va pas se mettre à tourner des films de SF à gros budget parce qu’on pourrait soudainement le faire !

Le cinéma français vient de vivre une année incroyable que les César vont clôturer en beauté. Une ou plusieurs statuettes feraient-elles votre bonheur (l’interview a été réalisée avant la cérémonie) ?

Olivier : Bien sûr, mais on ne sera pas déçus dans le cas contraire. On était sincèrement contents quand les nominations sont tombées. On nous avait tellement répété qu’on n’aurait rien...

Éric : C’est l’aspect collectif qui nous plaît dans ces neuf nominations. On reste dans l’esprit du film.

VIDEOS - Deux scènes coupées d'Intouchables

Intouchables : plus gros succès mondial pour un film en langue étrangère

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Prochainement au cinéma
COMMENTAIRES
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gros film raciste plein de clichés !!
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Anonyme | le 29/03/2012 à 23h41 | Signaler un abus
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