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Quand Javier Bardem débarque à Hollywood, il est déjà un acteur accompli en Espagne. Il a crevé l'écran sous la direction de Bigas Luna (Jambon Jambon), a remporté un Goya (le César espagnol) pour Bouche à bouche, et est devenu la muse de Pedro Almodovar (En chair et en os). Pourtant, outre-Atlantique, il démarre dans un relatif anonymat. C'est donc avec une certaine excitation mêlée de trac que Bardem approche Sylvester Stallone, un de ses héros, lors d'une soirée hollywoodienne, pour lui demander de lui offrir son meilleur conseil d'acteur. La réponse lui a sans doute fait reconsidérer ses idoles.L'histoire est racontée par le frère de Javier Bardem, Carlos, dans un long papier de GQ consacré à l'acteur espagnol bientôt à l'affiche de Skyfall. Alors qu'il avait déjà largement fait ses classes et prouvé son talent dans son pays, Bardem estimait qu'il avait encore beaucoup à apprendre et n'a pas voulu manquer l'occasion de puiser dans la science de ses modèles américains. Quand, pour tout conseil artistique, Sylvester Stallone lui a répondu : "N'oublie jamais le pognon", Bardem aurait eu un choc. Loin de ces considérations, le comédien prend son métier très au sérieux, recherche les projets difficiles et ambitieux et n'est pas trop du genre à cachetonner. Depuis cette anecdote, il a été primé deux fois à Venise (Avant la nuit et Mar adentro), une fois à Cannes (Biutiful), a remporté un deuxième Goya (Biutiful) et l'Oscar du meilleur second rôle (No Country For Old Men).Mais, par chance ou par calcul, Javier Bardem a finalement eu le beurre et l'argent du beurre, alliant rôles exigeants et productions rentables. Il s'apprête à déferler sur les écrans du monde entier dans la peau du grand méchant du prochain James Bond, tout de même.