VIDEOS - Top 10 des scènes mythiques en bagnole

05/07/2012 - 17h37
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  • Les Fils de l’Homme de Alfonso Cuaron (2006)Crash de David Cronenberg (1996)Holy Motors de Leos Carax (2012)Pulp Fiction de Quentin Tarantino (1994)Le Cinquième Elément de Luc Besson (1997)Destination Finale 4 (2009)Les Griffes de la Nuit de Wes Craven (1984)Soupçons d’Alfred Hitchcock (1941)Dirty Dancing de Emile Ardolino (1987)Les Aventures de Rabbi Jacob de Gérard Oury (1973)
  • VIDEOS - Top 10 des scènes mythiques en bagnole

    Voiture et cinéma sont deux des grandes inventions du XXe siècle. Leurs routes étaient naturellement amenées à se croiser, jusqu’à accoucher d’un genre à part entière, le road-movie. Mais il n’y a pas que les films de bagnoles qui recèlent des bonnes scènes de bagnole – ou plutôt en bagnole. Le huis clos que constitue l’habitacle peut engendrer des chefs d’œuvre de mise en scène, des séquences clé, de la tension érotique, des dialogues mythiques.

    Florilège.   

    Par Ursula Michel

  • Les Fils de l’Homme de Alfonso Cuaron (2006)

    Le huis clos d’un habitacle de voiture se prête a priori assez difficilement à l’exercice du plan séquence mobile. Et pourtant, Alfonso Cuaron a relevé le défi technique dans une séquence culte de son film, Les Fils de l’homme. Alors que les personnages badinent tandis qu’ils roulent sur un chemin de campagne apparemment calme, ils sont victimes d’une embuscade subite qui coûte la mort à l’un d'entre eux (3’40 sur la vidéo). La scène, qui a nécessité une infrastructure inédite, cloue le spectateur sur son siège, le faisant lui aussi prisonnier de cette voiture. Incroyablement immersif, le passage use à plein des possibilités induites par une automobile. Souvent anxiogène dans sa représentation cinématographique, la voiture, élément du quotidien de millions de personnes, devient grâce à Cuaron le lieu idéal de la projection du public, un symbole qui dérape.

  • Crash de David Cronenberg (1996)

    Au-delà du morbide, intrinsèque à la vision d’une carcasse de voiture, il est une autre caractéristique subversive et dérangeante liée au monde de l’automobile : l’érotisme. Qui mieux que Cronenberg pouvait tenter la synthèse du corps et de la machine, de la chair et du métal (Videodrome et La Mouche ayant déjà balisé le terrain). Dans Crash, des personnages fantasment sur des corps accidentés (broches, cicatrices deviennent des totem), mettent en scène des crashs célèbres (Mansfield, Kennedy) et forniquent outrageusement dans des épaves d’acier - une vision séduisante de l’ambivalence Eros et Thanatos. Créant une réalité suintante d’érotisme et de perversité, Crash fait émerger la face obscure de la voiture, sa sexualisation extrême liée à sa dangerosité, facette rarement montrée sur grand écran.

  • Holy Motors de Leos Carax (2012)

    Cette année, la limousine a été à l’honneur dans les salles obscures. Après Cosmopolis, c’est au tour d’Holy Motors de Leos Carax d’installer ses acteurs dans un bunker roulant. Transformée pour l’occasion en loge ambulante, la voiture sert d’arrière-cour au film, de zone de repli où se prépare la comédie de la vie. Denis Lavant s’y maquille à loisir, des malles de postiches et perruques encombrent l’espace, autant d’artifices cinématographiques qui font de la limo un monde en soi où les personnages de banquier, de monstre, de père de famille ou de psychopathe s’y côtoient. Cette métaphore d’un univers en révolution perpétuelle, entièrement contenu dans une seule voiture oblige le public à s’abstraire du réalisme, et fait peut-être écho à cet autre objet mécanique entièrement dédié à la captation du mouvement et à l’abrogation du réel qu’est la caméra.

  • Pulp Fiction de Quentin Tarantino (1994)

    Ultra référencé en bagnoles, le cinéma de Tarantino a pris place depuis ses débuts sur les banquettes de belles américaines. Dès lors, le cinéaste injecte dans ce lieu clos toutes les thématiques à l’œuvre dans son travail. La violence, la drague et les longs discours y trouvent ainsi un écho parfait. Avant Boulevard de la Mort, hommage appuyé aux road-movies ricains, Pulp Fiction proposait déjà une scène de voiture savoureuse. Alors que Jules et Vincent discutaillent dans leur voiture, une balle, tirée accidentellement, explose le crâne du passager arrière. Couverts de sang, éclaboussés de chair, les deux personnages jactent de plus belle. Absurde dans son décalage entre la réalité (un corps humain pulvérisé dans l’habitacle) et les réactions des héros (aucune panique, sang-froid absolu), la séquence résume l’écriture de Tarantino, brutale, insolite et diablement drôle.

  • Le Cinquième Elément de Luc Besson (1997)

    L’accident de voiture permet de créer les conditions d’un télescopage imprévu entre deux personnages. Dans Le Cinquième Elément, Luc Besson utilise cet artifice scénaristique pour propulser Leeloo dans le taxi de Korben. Tombée du ciel, la créature reste invisible du conducteur pendant quelques instants, retardant le coup de foudre attendu. Mais une fois que les regards se sont croisés, le charme de la jolie rousse et sa naïveté (« big badaboum ») la rendent irrésistible et la classent au rayon femme-enfant (archétype cher à Besson), petite fille perdue sur la banquette arrière. L’intimité instillée par l’exiguïté de l’espace renforce le côté « drôle d’endroit pour une rencontre ». La voiture comme véhicule du destin, qui choisit les trajectoires et les percutages amoureux.

  • Destination Finale 4 (2009)

    Comment innover en matière de mise à mort dans une voiture. L’accident, trop classique. L’agression à l’arrière, trop attendue. La noyade, intéressant mais déjà vu. Sauf si le conducteur meurt noyé dans un car-wash ( !) La franchise la plus folklorique niveau mises en scène fatales a franchi un cap pour Destination Finale 4. Alors que le personnage est au volant de sa voiture, stoppée sous les rouleaux du lavage automatique, le toit ouvrant du véhicule fait des siennes. La bagnole se remplit comme un aquarium à une vitesse vertigineuse, asphyxiant la pauvre fille. L’espace confiné flattant la claustrophobie, le film joue sur la peur irrationnelle mais universellement connue des conducteurs : être « trapped like a rat ». La voiture n’est plus dès lors un signe extérieur de puissance ou de richesse, mais bien la sépulture potentielle de tout un chacun.

  • Les Griffes de la Nuit de Wes Craven (1984)

    Même en enfer on peut avoir envie de prendre le volant. Dans Les Griffes de la Nuit, Wes Craven installe son rejeton psychopathe dans le siège conducteur, lors de la dernière scène. L’épilogue semble faire table rase des événements du film. Tous les personnages morts sont à l’écran, souriants et détendus - probablement trop pour être honnêtes. Entassée dans une voiture, la bande de copains, enfin reconstituée, se rend au bahut. Mais les portières se verrouillent, les vitres se bloquent, la capote devenue verte et rouge (le drapeau de Freddy Krueger) termine d’enfermer les héros, tandis que leur nouveau chauffeur a pris place : le tueur d’Elm Street. Panique et terreur colorent les ultimes instants de ce premier volet (on retrouvera un nouveau véhicule, un bus scolaire, dans l’épisode suivant). La route vers l’enfer commence ici.

  • <Soupçons d’Alfred Hitchcock (1941)

    Les films noir et blanc, lorsqu’ils incluaient une séquence au volant d’une voiture, faisaient dérouler une route en fond de cadre et les personnages pouvaient ainsi, de manière irréaliste, discuter, flirter ou régler des comptes. Dans Soupçons d’Alfred Hitchcock, les deux acteurs (Cary Grant et Joan Fontaine) de retour d’une soirée dans la bonne société anglaise flirtent pudiquement. La réplique culte « Vous a-t-on déjà embrassé dans une voiture ? » souligne la sensualité inhérente à l’automobile. Conduite par un homme, elle exalte la masculinité, le pouvoir et une certaine forme d’autorité à laquelle les femmes (passagères) se soumettent instinctivement. Un poil machiste, ce schéma sera réinterprété quinze ans plus tard dans La Main au collet (vidéo), par le même Hitchcock. Cette fois, Grace Kelly conduit la voiture, Cary Grant joue le passager soumis, la puissance change de main, préfigurant les changements en cours dans la société.

  • Dirty Dancing de Emile Ardolino (1987)

    Lieu du flirt et des premiers émois adolescents, la voiture se devait d’être au cœur d’une scène à tension « érotique » du teen midinette par excellence : Dirty Dancing. Bébé, amoureuse de Johnny (le danseur du club de vacances) lui sert de partenaire pour un show. A leur retour du spectacle, de nuit, dans une vieille guimbarde, elle quitte son costume et renfile son jean sous le regard libidineux de Johnny, l’œil rivé à son rétroviseur (5’35 sur la vidéo). Séquence qui joue sur un émoustillement soft du public, ce tête à tête surjoue les clichés (le soutien-gorge type Playtex apparent, les phares des voitures qui éclairent le corps dénudé et soulignent les œillades du voyeur) et pourtant, difficile de ne pas lui trouver un charme désuet, loin des silhouettes ultra-sexualisées des personnages d’aujourd’hui, où la drague frontale a remplacé les silences gênés.

  • Les Aventures de Rabbi Jacob de Gérard Oury (1973)

    Nos routes sont-elles moins graphiques que les américaines ? Nos voitures sont-elles moins inspirantes que les bolides de l’oncle Sam ? Toujours est-il que le cinéma français brille par son absence dans ce top. Réparons cette injustice en citant la comédie culte de Gérard Oury, Les Aventures de Rabbi Jacob. Evidemment, on se rappelle tous de la scène de danse en pleine rue mais il est un autre passage hilarant dans le quasi quiproquo qu’il propose. Le héros campé par de Funès, riche industriel, découvre que son chauffeur est juif, à la suite d’un échange verbal absurde - à des années-lumière du politiquement correct actuel. Quant à la voiture comme lieu de tournage, elle rend palpable la hiérarchie sociale (la répartition des rôles entre patron et chauffeur) et pose un rapport visible de dominant/dominé, relecture du couple comique antagoniste déjà présent chez Molière.

Voiture et cinéma sont deux des grandes inventions du XXe siècle. Leurs routes étaient naturellement amenées à se croiser, jusqu’à accoucher d’un genre à part entière, le road-movie. Mais il n’y a pas que les films de bagnoles qui recèlent des bonnes scènes de bagnole – ou plutôt en bagnole. Le huis clos que constitue l’habitacle peut engendrer des chefs d’œuvre de mise en scène, des séquences clé, de la tension érotique, des dialogues mythiques.

Florilège.    

Par Ursula Michel

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Anonyme | le 07/07/2012 à 17h16 | Signaler un abus
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la voiture et le cinéma sont des inventions du XIXème iècle et non pas du XXème
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Anonyme | le 05/07/2012 à 22h25 | Signaler un abus
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