
© DRLes palmes d'or controverséesDepuis l'annonce des films en compétition au Festival de Cannes 2012, la planète cinéma fait ses pronostics sur la future Palme d'or. Verdict aujourd'hui-même : quel film obtiendra le gros trophée ? Le jury présidé par Nanni Moretti choisira-t-il le grand favori De rouille et d'os de Jacques Audiard, unanimité critique et publique ? Ou bien récompensera-t-il Amour de Michael Haneke ? Ou bien l'inespéré Holy Motors de Leos Carax ?
Une évidence : quoi que sera le choix du jury, il y aura des mécontents du résultat. Soyons vieux jeu et considérons que la Palme récompense un film qui a du sens, qui porte des idées de cinéma. Et des fois, il faut bien le dire, ce beau symbole a consacré les mauvais films. Première.fr fait la liste de dix films qui, depuis les origines du Festival, ont usurpé la Palme à un jury aveuglé par la fatigue de dix jours de projos et d'abus de substances diverses.
Par Sylvestre Picard
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Le lauréat :Le Knack... et comment l'avoir. Cette année-là, l'écrivain André Maurois (alors âgé de 80 ans) était président honoraire du jury. Il a dû être ravi du film de Richard Lester (qui réalisait les films des Beatles comme A Hard Day's Night et Help !) qui raconte les aventures de jeunes gens qui essaient de décoincer l'Angleterre. Il y a une musique de John Barry (cool), de l'humour mint jelly, beaucoup de zooms, autant dire que c'est léger, voire daté.
Le film qui aurait dû l'avoir :La 317ème section de Pierre Schoendorffer. Pour une fois que le cinéma français faisait un film de guerre avec de la gueule et de la cuisse, faut que ça reparte bredouille.
Le lauréat : L'Homme de fer d'Andrzej Wajda. Ce n'est pas l'adaptation polonaise des enquêtes de Raymond Burr, mais la suite de L'Homme de marbre (1977), du même Wajda, symbole du cinéma polonais contestataire. Cannes fit du Palmarès une tribune politique, alors que Solidarnosc naissait dans les grèves des chantiers navaux de Gdansk... Bref, même PPDA nous le dit : ce n'est pas un film qui fut récompensé ici, mais un moment d'histoire.
Le film qui aurait dû l'avoir :Excaliburde John Boorman. Comme le destin a fait que 2001 de Kubrick n'a pas pu aller à Cannes en 68 (cette année-là, le Festival avait été annulé à cause des évenéments), il était toujours temps de se rattraper, même vingt ans plus tard, en donnant la Palme à cet autre grand film psychédélique, mystique et initiatique, païen et cyclique, sauvage et sexuel. Au-delà de l'histoire : dans le mythe.
Le lauréat :Mission de Roland Joffé. Grosse reconstitution historique au sujet fort (les Conquistadores et les Indiens), solidement interprétée (Robert De Niro, Jeremy Irons), avec de jolies images et une belle musique tribale d'Ennio Morricone. Bref, du Malick light sans la voix off. Mais de là à avoir la Palme d'or, faut pas pousser.
Le film qui aurait dû l'avoir :Thérèsed'Alain Cavalier, complètement à l'opposé avec son jansénisme terrible et rigoureux, ses plans fixes et ses décors austères. Une Palme obligée ? La preuve que non.
Le lauréat : Les Meilleures intentions. Deuxième Palme d'or pour Bille August après Pelle le conquérant(1987). Cette fois il s'est ramené en écrivant "UN SCENARIO D'INGMAR BERGMAN" sur l'affiche, ce qui a dû épater le bourgeois. Nombre d'entrées françaises : 91 000. Le pire flop de l'histoire des Palmes. On plaisante, car il s'agit d'un film en costumes pas vilain mais presque banal.
Le(s) film(s) qui aurait(ent) dû l'avoir :The Player de Robert Altman. Ou Twin Peaksversion ciné de David Lynch. Ou Basic Instinctde Paul Verhoeven. Ne dites pas qu'ils n'avaient pas le choix.
Le lauréat :Underground. Deuxième Palme pour Emir Kusturica (après Papa est en voyage d'affaires en 1985). C'était en fait lui dire que tant qu'il faisait des films bruyants, bordéliques et scatos, il y aurait toujours une place à Cannes pour lui. Ce qu'il fit.
Le film qui aurait dû l'avoir :Ed Wood. Le premier grand film classique de Tim Burton ? Le dernier grand rôle de Johnny Depp ? En tous cas, c'est un grand film bricolé et cabossé, bourré d'humour à froid, et avec Martin Landau dans le rôle de Bela Lugosi (Oscar du Meilleur second rôle).
Le lauréat :L'Eternité et un jour de Théo Angelopoulos. Car comment oublier la tronche qu'avait tiré Théo Angie en 1995 quand il n'avait reçu "que" le Prix du jury pour Le Regard d'Ulysse : "J'avais préparé un discours pour la Palme d'or, mais je l'ai oublié. Merci de votre accueil", avait-il déclaré avant de se barrer. Alors lui filer la Palme trois ans plus tard pour un film prétentieux et interminable, comme pour s'excuser, c'était zéro crédible.
Le film qui aurait dû l'avoir :Festende Thomas Vinterberg. Sous son allure de film de festival (un huis clos avec un twist) chaperonné par Lars Von Trier se cachait un grand film violent et chaotique, justement remarqué et auréolé d'un beau succès en salles. Il lui manquait juste la Palme d'or pour faire plus classe.
Le lauréat :Fahrenheit 9/11. Le président Quentin Tarantino transforme la scène de Cannes en tribune politique... ou presque. Pamphlet simpliste dont le message se résume à "ne réélisez pas Bush" et "la guerre, c'est mal" (au choix). Sept ans plus tard, tout le monde a oublié de quoi ça causait réellement. Le dernier grand moment.
Les films qui aurait dû l'avoir : Alors que cette année, deux films d'animation étaient en compétition et pas des moindres : Shrek 2, joyau de synthèse pop, parodique et slapstick de l'humour américain ; et, si cela vous paraît trop léger, Ghost In The Shell 2 : Innocence de Mamoru Oshii, le plus beau et le plus profond film de SF de la décennie 2000-2010. Mais on ne peut pas être sérieux dans un dessin animé, pas vrai ?
Le lauréat :L'Enfant. Deuxième Palme pour les frères Dardenne. C'est très bien, ce que font les frères Dardenne. Mais leur filer encore une Palme d'or, c'est encore couronner des installés.
Le film qui aurait dû l'avoir :Electionde Johnnie To. Plus que récompenser un film asiatique (ce qui est une mauvaise raison), ça aurait été l'occasion de donner la Palme au chef-d'oeuvre d'un grand cinéaste (ce qui est une bonne raison).
Le lauréat :Entre les murs de Laurent Cantet. Décidément, les Palmes engagées à Cannes, ce n'est pas ça. Trois ans après le Michael Moore, le jury de Sean Penn (alors président) se fait avoir par ce vanity project écrit et joué par François Bégaudeau ("écrivain, chanteur, acteur, journaliste, réalisateur et producteur de cinéma", d'après Wikipédia. Tiens, il est pas prof ?), assez insipide en fait.
Le film qui aurait dû l'avoir :Valse avec Bachird'Ari Folman. L'addition formelle documentaire-fiction-film d'animation, sur un sujet cauchemardesque qui rappelle certains films yankees période Vietnam, donne à l'arrivée une réussite totale. C'est cette Valse qui aurait dû avoir la Palme. Mais, pensez, un film d'animation...
Le lauréat : Le Ruban blanc. Quand la présidente Isabelle Huppert a remis la Palme à son pote Michael Haneke, réalisateur de La Pianiste (dans lequel Huppert avait eu la Palme de la meilleure actrice en 2001), ça voulait dire deux choses. Un, que le copinage mène le monde. Deux, qu'on en avait pas fini avec les films horribles de l'Autrichien. On vous laisse deviner ce qui nous fait le plus peur.
Le film qui aurait dû l'avoir : Un prophètede Jacques Audiard. Ce qui vérifie l'adage que le Grand prix du Jury (que le film a obtenu) est une Palme d'or bis. De toute façon le film était appelé à de hautes destinées, par exemple en raflant l'année tous les Césars importants (9, précisément). Mais ça aurait été bien d'avoir en plus la Palme d'or avant, histoire de vraiment enrager tout le monde aux Césars. La revanche dimanche avec De rouille et d'os ? A moins que Haneke gagne sa deuxième Palme avec Amour, qui semble avoir également mis tout le monde d'accord sur la Croisette...

Depuis l'annonce des films en compétition au Festival de Cannes 2012, la planète cinéma fait ses pronostics sur la future Palme d'or. Verdict aujourd'hui-même : quel film mettra les mains sur le gros trophée ? Le jury présidé par Nanni Moretti choisira-t-il le grand favori De rouille et d'os de Jacques Audiard, unanimité critique et publique ? Ou bien récompensera-t-il Amour de Michael Haneke ? Ou bien l'inespéré Holy Motors de Leos Carax ?
Une évidence : quoi que sera le choix du jury, il y aura des mécontents du résultat. Soyons vieux jeu et considérons que la Palme récompense un film qui a du sens, qui porte des idées de cinéma. Et des fois, il faut bien le dire, ce beau symbole a consacré les mauvais films. Première.fr fait la liste de dix films qui, depuis les origines du Festival, ont usurpé la Palme à un jury aveuglé par la fatigue de dix jours de projos et d'abus de substances diverses.
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