VIDEOS - L'Etrange pouvoir de Norman : retour sur le studio Laika

23/08/2012 - 09h33
  • Partager sur :
  • 0
  • La story Laika

    On connait l’histoire : alors en pleine production de Jurassic Park, Steven Spielberg découvre des tests d’ILM avec des dinosaures en CG. Problème : le génial Phil Tippett avait été engagé pour gérer la stop motion sur le film. Convaincu par les prouesses d’ILM, Spielby serait allé voir Tippett pour lui dire qu’il était viré, à quoi Tippett aurait répondu : “non Steve, c'est pire, ma race vient de s’éteindre” (une quote qui sera repris dans le film). Au milieu des 90’s, l’avènement de la CG laisse effectivement penser que la stop motion est morte. La stop motion ? Cette technique d’animation qui consiste à faire bouger image par image des morceaux de pâte à modeler ou des marionnettes ; une certaine idée du cinéma qui court de Ray Harryhausen à Tim Burton en passant par Aardman ; la poésie contre la technique. Mais avec le triomphe de Pixar et d’ILM tout ça, c’est fini. Fini ? Un groupe de têtes brûlées de l’Oregon décide au milieu des années 2000 d'entrer en résistance. En 2003 Travis Knight, le fils du créateur de Nike Phil Knight, rachète un studio d’animation au bord de la faillite et le transforme en laboratoire de rétro-futurisme. Il inaugure deux structures : Laika dédié aux longs-métrages et Laika House qui se concentre sur les pubs et les clips. Le nom est une promesse : référence à la chienne russe partie dans l’espace, le mot signifie “petit aboyeur”, c'est à dire celui qui continue de faire du bruit et empêche ses voisins de s'assoupir. Après avoir récupéré le génial Henry Selick pour Coraline, ParaNorman assoit définitivement le studio comme un concurrent des plus grands. Retour sur leurs faits d'arme en stop motion, en dessin et en CG...

    Par Pierre Lunn.

  • Pig's Dream (2007)

    A la fin des 90's, Will Vinton cherche des fonds pour faire tourner sa boite d'animation. Le fondateur de Nike, Phil Knight (dont le fils, Travis, est animateur) décide d'investir et finit par récupérer la boîte. Laika est né. Naturellement, c’est grâce au swoosh que le jeune studio fait ses premières pubs.
    Pig’s Dream est un court irrésistible où un cochon fantasme sa transformation en ballon de rugby. Le résultat fait plus penser à du Plympton qu'à du Selick mais on remarquera les obsessions freaks de la compagnie - notamment dans la bande de monstres qui fait griller le cochon....

  • Moongirl (2005)

    Pour lancer le studio, Travis Knight appelle à la rescousse des talents de la stop-motion. Première recrue : Henry Selick, réalisateur de L’Etrange Noel de Mr Jack. En 2005 Selick signe donc Moongirl, l'histoire d'un gamin qui part sur la lune et doit sauver la Moongirl en question des griffes de gargaloons. Le tout... en CG ! Avec son twist à la twilight zone, le look rétro de la CG et son univers contemplatif et inquiétant (qui rappelle un peu le southern gothic), Moongirl marque le vrai début de Laika qui se place sous la tutelle de Melies (référence principale) et affirme ses ambitions (nous offrir la lune ?). Selick amène aussi dans ses cartons le projet d’un long métrage, Coraline, adaptation de Neil Gaiman...


  • Coraline (2009)

    Version gothique d’Alice au pays des merveilles, Coraline est un vertige graphique qui questionne le rapport entre réel et fantastique sous la forme d’un conte frissonnant et méta. Un dessin animé hyper audacieux, petit bijou anguleux et raide (le propre de la stop motion) doublé d’un immense défi technique et industriel. Premier long du studio, Coraline est surtout le premier film stop motion à utiliser la 3D. Laika (et spécialement le chef op Pete Kozachik) développe pour l’occasion un système ultra-complexe de prototype 3D afin de pouvoir produire différentes formes de visages et multiplier les expressions faciales des poupées. A titre d’exemple, Jack Skellington dans L’Etrange Noel... possédait 800 expressions de visages, Coraline en a plus de 200 000. Le résultat est bluffant et lance Laika sur orbite

  • "And Then There Was Salsa" Vimeo Experience from The Lovich's on Vimeo.And Then There Was Salsa (2010)

    Pour le plaisir, une de leurs meilleures pubs, un sommet visuel à la production design étourdissante.

  • Made of Imagination de Wes Anderson (2012)

    Après une campagne M&M’s, Laika House collabore avec Wes Anderson pour une pub de téléphone portable. Joli court stop motion où l’univers d’Anderson (son style, son ironie, ses musiques démentes) se marie avec le savoir faire de Laika Xperia a un concept brillant : comment marche un portable dans la tête d'un enfant. Réalisé par le vétéran Mark Gustafson - qui supervisait l'animation de Fantastic Mr Fox et travaillera sur le Pinocchio de Guillermo del Toro - le résultat est génial de simplicité et de poésie bricolée. Un must.

  • A Very Harold & Kumar 3D Christmas - Claymation® Making Of from HOUSEspecial on Vimeo.Le Joyeux Noel d'Harold et Kumar (2011)

    Troisième aventure jointée d'Harold et Kumar, cette stoner comedy brille par sa débilité et son outrance. Délire ultime ? Une séquence de rêve en stop motion. L'idée était simple : "On voulait que ça ressemble à un épisode de Frosty, mais shooté par Michael Bay. Il fallait que ce soit le chaos, un véritable carnage, mais en plastique; avec du coton et de la pate à modeler pour que ce soit au fond adorable" expliquait le réalisateur Todd Strauss-Schulson

    La production se tourne donc vers Laika qui a déjà réalisé certaines séquences oniriques dans des films live (King of California notamment). Le studio construit 60 poupées, un bonhomme de neige maléfique et 6 miniatures d'Harold et Kumar... bien membrées. On est loin de l'animation pour enfants.

    Mark Gustafson (encore lui) travailla 8 mois pour concevoir la séquence d'une minute et trente-huit secondes qui est un outrage aux bonnes moeurs, mais un vrai délire à regarder


  • L'Etrange pouvoir de Norman (2012)

    Storyboarder sur Coraline, Chris Butler devait rester 6 mois chez Laika. Mais quand il présenta à Knight son pitch de ParaNorman - les aventures d’un gamin qui peut communiquer avec les morts - les 6 mois se transformèrent en 6 ans. Alors que Coraline était un conte de fée méta, L'Etrange pouvoir de Norman est une coming of age story doublée d’un film de zombie pour kids. Un mélange funambulesque entre les prod Amblin 80’s (Gremlins et Goonies en tête) et le versant dark des films Disney des 50’s. Et ça marche ! Festival de clin d’oeil pop culturel, coincé entre la poésie Aardman et la noirceur de Coraline, Norman impose son humour teen et cette drôle de grâce plastique : spectres difformes, fantômes exotiques... dans ces formes étranges passe quelque chose du plaisir enfantin à jouer avec la pate à modeler, à sculpter la pâte. L’art et la matière en somme.  

L'Etrange pouvoir de Norman n'est que le deuxième long-métrage sorti du studio Laika. Mais c'est la confirmation du talent des bricoleurs basés à Portland. Retour sur un studio pas comme les autres

Les derniers diaporamas photos cinéma
COMMENTAIRES
Connectez-vous en cliquant ici pour laisser un commentaire en utilisant votre pseudo. Si vous ne vous loguez pas, votre commentaire n'apparaîtra qu'en ANONYME.
    Ils ont aimé