VIDEOS - Box-office US : comment expliquer les récents échecs ?

07/10/2011 - 16h19
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  • © DR2011, l’année où rien ne va plus ?

     

     

     

    Fright Night, Milo sur Mars, Apollo 18 et (S)ex list, autant de films qui ont très mal démarré aux Etats-Unis, malgré une large diffusion.

     

    La comédie (S)ex list, portée par Anna Faris, démarrait ce week-end à 5,6 millions de dollars de recettes. C’est très peu, comparativement à son nombre de salles : 3002. En fait, le film entre à la cinquième place des pires démarrages enregistrés aux Etats-Unis pour des longs-métrages sortis dans plus de 3000 salles. Et ce depuis 1982 ! Que s'est-il passé ? Les producteurs et les distributeurs ont-ils perdus le sens des réalités ? On fait le point avec Jordan Mintzer, journaliste et critique au Hollywood Reporter. Mais avant d'entrer dans les détails, voici quelques explications sur le top 20 des pires démarrages de films pourtant largement distribués, classement qui a servi de base à nos réflexions.

     

    Soyons clairs, les films dont nous parlons ici ne sont pas tous de vrais bides. Ils ont rapporté plusieurs dizaines milliers de dollars et certains ont même largement remboursé leur mise de départ. Pour autant, leur démarrage peut être considéré comme catastrophique, surtout si on le rapporte aux nombres de cinémas dans lesquels ils étaient projetés. Aux US, un film distribué dans plus de 3000 salles, c’est une grosse sortie. Par exemple, Very Bad Trip 2 est sorti sur 3675 écrans. Harry Potter 7 – partie 2 était disponible dans 4375 salles. Pour ce qui nous intéresse, outre (S)ex list, Apollo 18 a rapporté 8,7 millions de dollars dans 3 328 salles pour son premier week end, Fright Night, 7,7 millions dans 3114 salles et Milo sur Mars 6,9 millions dans 3117 salles.

     

     

     

    Quatre films sortis en 2011 apparaissent donc dans le top 20 des pires démarrages pour un nombre élevé de salles de diffusion ! En 2010, un seul film sorti sur plus de 3000 écrans entrait dans ce top : Going the distance, une comédie romantique portée par Drew Barrymore.

     

    Comment expliquer ces échecs ?

     

    Les distributeurs ont-ils simplement vu trop gros ? Ont-ils perdus la tête ? C’est évidemment plus compliqué que cela. On remarque que ces films ont certains points communs : pas de star à l’affiche, mélange de genres difficile à vendre auprès du public, des premières critiques négatives ou encore une concurrence particulièrement rude. Pour autant, chaque cas est différent et pourrait servir d’exemple aux studios comme ‘situation à ne pas reproduire’.

     

    Jordan Mintzer, journaliste et critique au Hollywood Reporter, a accepté de revenir en détail sur chaque film, afin de comprendre pourquoi ils ont à ce point manqué leur cible. Analyse.

     

    Propos recueillis par Elodie Bardinet.

  • Apollo 18 : 19ème pire démarrage du classement

    "Pour moi, c’est le film qui fait tâche dans ce classement, il aurait pu beaucoup mieux marcher, prévient d’emblée Jordan Mintzer. C’est un ‘low budget film’, il n’ a rien coûté, comme Paranormal Activity. Mais là où ils avaient été intelligents avec Paranormal Activity, en le sortant d’abord dans très peu de salles et en élargissant par la suite, ici, avec Apollo 18, ils ont immédiatement été trop gourmands. Il vaut mieux commencer petit et augmenter au fur et à mesure le nombre de salles. De plus, le titre peut paraître confus pour le spectateurs. Apollo évoque la SF, pas l’horreur."

    Au final, le film est loin d’être un bide. En n’ayant coûté que 5 millions de dollars, il était certain d’être rentabilisé, à condition d’avoir un minimum de promotion. Il en a pour l’instant rapporté 23 millions. Plus de 70% des recettes sont américaines, preuve que les spectateurs ont tout de même été intrigués par ce ‘petit’ film.

  • Fright Night : 14ème pire démarrage du classement

     

    "Je pense que c’est avant tout un mauvais timing. La fin de l’été est toujours une période difficile pour sortir un film aux Etats-Unis. Et puis, le film est difficile à classer : Est-ce une comédie ? Un film d’horreur ? Les films qui mélangent deux genres sont difficiles à marketer par les studios. Les Américains veulent savoir ce qu’ils vont voir, quand c’est entre deux, ils peuvent être frileux. Enfin, c’est le remake d’un film un peu oublié. Peu de spectateurs se souviennent de Vampire, vous avez dit vampire ?."

     

    En voulant surfer sur la mode des vampires, Fright Night se plante… au démarrage en tout cas ! Le film n’ayant pas coûté cher (à l’échelle des blockbusters, s’entend), il est déjà remboursé : 36 millions de dollars de recettes pour 30 de budget, parfaitement équilibrés entre les US et l’étranger.

  • Milo sur Mars : 13ème pire démarrage du classement

    "Le titre ne veut rien dire; on ne comprend pas à quoi il fait référence et, entre nous,Mars needs mum, ça ne sonne pas très bien en Anglais. A mon avis, il y avait aussi un problème de timing. Pourquoi ne pas l’avoir sorti à Noël période traditionnelle pour les sorties de films d'animations ? Si Mars needs mum est sorti en mars juste pour coller au titre, alors c'était un pari risqué ! En décembre, accompagné d'une campagne marketing dédiée aux enfants (merchandising), il aurait sans doute attiré davantage de monde. Là, il était en concurrence avec d'autres projets visant le même public : Rio et Gnoméo et Juliette. D'habitude, c'est un domaine que le studio Disney (distributeur du film) maîtrise parfaitement"

    Au final, Milo sur Marssortira directement en DVD en France, le 7 décembre. Pour un budget estimé à 150 millions de dollars, le film de Robert Zemeckisen a pour l’instant rapporté 38,9 (21,3 aux US et 17,6 à l’étranger). On peut vraiment parler d’un bide. Le réalisateur a même dû fermer son propre studio, Image Movers, à la suite de cette sortie catastrophique.

  • (S)ex list. 5ème pire démarrage du classement

    "Même si les gens savent qui elle est grâce à la saga Scary Movie, Anna Faris n'est pas une star... Elle n’attire pas encore un large public sur son seul nom", explique le critique. Mais le vrai problème, c'est la concurrence. Beaucoup de comédies sont sorties cet été et on remarque que la mode est aux films de filles plus crus. Je suppose que (S)ex-list devait sortir dans moins de salles à la base mais que le succès de Mes Meilleures amies, cet été, a donné l’idée au studio de le sortir dans davantage de salles. Et comme les critiques ont été globalement négatives...'

     La comédie étant sortie vendredi dernier, impossible de savoir pour l'instant si elle rentrera finalement dans ses frais.

 

Fright Night, Milo sur Mars, Apollo 18 et (S)ex list, autant de films qui ont très mal démarré aux Etats-Unis, malgré une large diffusion.

La comédie (S)ex list, portée par Anna Faris, démarrait ce week-end à 5,6 millions de dollars de recettes. C’est très peu, comparativement à son nombre de salles : 3002. En fait, le film entre à la cinquième place des pires démarrages enregistrés aux Etats-Unis pour des longs-métrages sortis dans plus de 3000 salles. Et ce depuis 1982 ! Que s'est-il passé ? Les producteurs et les distributeurs ont-ils perdus le sens des réalités ? On fait le point avec Jordan Mintzer, journaliste et critique au Hollywood Reporter. Mais avant d'entrer dans les détails, voici quelques explications sur le top 20 des pires démarrages de films pourtant largement distribués, classement qui a servi de base à nos réflexions.

Soyons clairs, les films dont nous parlons ici ne sont pas tous de vrais bides. Ils ont rapporté plusieurs dizaines milliers de dollars et certains ont même largement remboursé leur mise de départ. Pour autant, leur démarrage peut être considéré comme catastrophique, surtout si on le rapporte aux nombres de cinémas dans lesquels ils étaient projetés. Aux US, un film distribué dans plus de 3000 salles, c’est une grosse sortie. Par exemple, Very Bad Trip 2 est sorti sur 3675 écrans. Harry Potter 7 – partie 2 était disponible dans 4375 salles. Pour ce qui nous intéresse, outre (S)ex list, Apollo 18 a rapporté 8,7 millions de dollars dans 3 328 salles pour son premier week end, Fright Night, 7,7 millions dans 3114 salles et Milo sur Mars 6,9 millions dans 3117 salles.

 

Quatre films sortis en 2011 apparaissent donc dans le top 20 des pires démarrages pour un nombre élevé de salles de diffusion ! En 2010, un seul film sorti sur plus de 3000 écrans entrait dans ce top : Going the distance, une comédie romantique portée par Drew Barrymore.

Comment expliquer ces échecs ?

Les distributeurs ont-ils simplement vu trop gros ? Ont-ils perdus la tête ? C’est évidemment plus compliqué que cela. On remarque que ces films ont certains points communs : pas de star à l’affiche, mélange de genres difficile à vendre auprès du public, des premières critiques négatives ou encore une concurrence particulièrement rude. Pour autant, chaque cas est différent et pourrait servir d’exemple aux studios comme ‘situation à ne pas reproduire’.

Jordan Mintzer, journaliste et critique au Hollywood Reporter, a accepté de revenir en détail sur chaque film, afin de comprendre pourquoi ils ont à ce point manqué leur cible. Analyse.

Propos recueillis par Elodie Bardinet.

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Vous avez oublié The Last Song avec l'actrice de Hannah Montana,Miley Cyrus qui a réalisé l'un des pires démarrages de 2010 .
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Anonyme | le 07/10/2011 à 18h44 | Signaler un abus
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