VIDEOS - 10 rôles marquants de Peter O'Toole

11/07/2012 - 06h24
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  • Peter OToole quitte la scène

    "Il est temps pour moi de jeter l'éponge. De me retirer de l'écran et de la scène. Le coeur n'y est plus et n'y sera plus.Ma carrière m'a apporté l'émotion et le confort matériel; Elle m'a permis de rencontrer des gens brillants, de bons compagnons avec lesquels j'ai partagé ce que tous les acteurs connaissent : les hits et les flops. Cependant, je pense que chacun doit pouvoir choisir le moment de s'éclipser. Et j'adresse à la profession un adieu profond et plein de gratitude".

    C'est par ces mots d'une classe folle que Peter O'Toole mettait fin hier à sa carrière. A 79 ans, celui qui reste célèbre pour avoir incarné Lawrence d'Arabie a fait tomber le rideau. Habitué des rôles épiques (Lawrence d'Arabie pour David Lean, ou Lord Jim dans l'adaptation de Conrad par Richard Brooks) auxquels sa blondeur flamboyante et ses yeux bleu donnaient une dimension tragique supplémentaire, O'Toole a été l'un des acteurs les plus populaires des années 60-70 avant d'être éloigné des plateaux en raison d'une consommation d'alcool gargantuesque. Nominé huit fois aux Oscars, mais jamais récompensé, cet irlandais indomptable, fils de bookmakers arraché de l'école à 14 ans, immense acteur de théâtre et du cinéma, quitte les sunlights avec panache. En hommage à sa carrière brillante, voici ses 10 rôles les plus marquants. 

  • Lawrence d'Arabie

    Il faudra un jour sortir David Lean de l'oubli. Et reconsidérer ce génial cinéaste. Sa bio de Lawrence d'Arabie concilie les impératifs d'un blockbuster avant l'heure avec une interrogation presque métaphysique sur l'identité, le destin, la peur de la vie. Toute la filmo de O'Toole doit se lire à l'aune de ce rôle ogresque, qui l'aura autant consumé que véritablement lancé.

  • Lord Jim

    A peine revenu de Lawrence d'Arabie, Peter O'Toole se montre aussi fracassant sur les eaux que sur les sables. Adaptation de l'oeuvre universelle de Joseph Conrad a priori impossible à transposer au cinéma, ce film de Richard Brooks (à qui l'on doit également une belle version des Frères Karamazov) s'attache essentiellement à l'aspect «rédemption» du roman, ce qui est bien vu. Surtout, ce film d'aventures à dimension humaine est porté par un casting nickel (James Mason, Eli Wallach), au sommet duquel trône O'Toole, impérial et complexe.

  • What's new pussycat

    Peter O'Toole dans le rôle de Woody Allen ? Pas loin... Après avoir traversé le désert et les océans, O'Toole revient sur la terre ferme harcelé par ses conquêtes, sa fiancé, ses beaux-parents et un psy complètement dingue. Enlevé et charmeur, ce classique du sex-movie comique fait toujours référence, lança la carrière de Woody, apporta une nouvelle notoriété à O'Toole (séducteur plus léger et moins torturé)...

  • Comment voler un million de dollars

    My Fair Lady et Lawrence d’Arabie devant la caméra du cinéaste de Ben Hur. William Wyler se prend ici pour Stanley Donen dans ce film de casse 60's avec une adorable Audrey Hepburn et un Peter O'Toole au regard bleu azur chavirant. L'intrigue farfelue (une bourgeoise engage un détective afin d'effectuer un casse impossible dans un musée parisien) et la flânerie dans des lieux élégants ne valent rien face au charme ravageur de O'Toole, au top de sa classe angélique et de son dandysme cool. Un sommet de légèreté raffinée

  • La nuit des généraux

    Après avoir incarné des anges en quête de rédemption (Jim, Lawrence), dans ce thriller expressionniste et langien (sur fond de seconde guerre mondiale, un SS commet des crimes sadiques), O'Toole campe un général nazi rongé par ses pulsions meurtrières, fiévreuses et hallucinées. Le meilleur film d'Anatole Litvak et l'une des compositions les plus troublantes de O'Toole.

  • Le Lion en hiver

    Adapté de la pièce de théâtre de James Goldman, Le Lion en hiver dépeint avec une verve folle la difficile succession de Henri II d'Angleterre. Si vous pensiez assister à un film hollywoodien luxueux de plus, détrompez-vous : vachard, brillant (les dialogues au cordeau) et plein de mauvais esprit, Le Lion en hiver est un drôle de film qui doit beaucoup à ses comédiens. Peter O' Toole en souverain bourru et roublard atteint des sommets lorsqu'il tombe le masque (la scène où il comprend qu'aucun de ses fils n'est digne de lui). Et face à lui, Katharine Hepburn en Alienor D'Aquitaine trouve l'un de ses plus grands rôle en reine manipulatrice, sournoise mais aussi femme brisée.  

  • La guerre de Murphy

    Peter O'Toole revient au film de guerre à hauteur humaine avec ce drôle de film signé Peter Yates (le réalisateur de Bullitt). Obsédé par son désir de vengeance (couler un sous-marin nazi), le Murphy du titre est une figure "leanienne" (torturée, complexe) que O'Toole joue avec une densité et une hallucination toujours intacte.Un film d'aventures méconnu shooté dans des décors paradisiaques (le Vénézuéla) et truffé de scènes aériennes hallucinantes...

  • Caligula

    On touche aux limites de la filmo du comédien. Ravagé par l'alcool, O'Toole n'est plus que l'ombre de lui-même dans cette fresque décadente qui ressemble à un cauchemar fellinien ayant mal tourné. Cette saga sur l'empereur fou est l'enfant monstrueux de l'union entre l'érotisme de l'Italien Tinto Brass et la pornographie papier glacé du Californien Bob Guccione (le fondateur de Penthouse). Accompagné de monstres sacrés UK (Malcolm McDowell, Helen Mirren, John Gielgud) le mythe imbibé joue Tibère, empereur rongé par la syphillis et la folie avec un naturel confondant.

  • Le Diable en boîte

    "S'il touche à mon film, je les tue. Je les tue et je les mange". C'est ce genre de phrases dingues que gueule Cameron, réalisateur tyrannique qui oblige un vétéran du Vietnam en fuite à devenir cascadeur sur son film. Film de tournage, portrait d'un cinéaste en psychopathe (O'Toole dira s'être beaucoup inspiré de David Lean sur Lawrence d'Arabie), course-poursuite hallucinée, Le Diable en boite (The Stuntman en VO) est une oeuvre démente, et surtout, le vrai dernier grand rôle de Peter O'Toole qui sombrera définitivement dans l'alcool après cette série B méconnue.

  • Troie

    Si les années 90 et 2000 furent duloureuses pour le comédien, son rôle de Priam dans Troie fait honneur à sa carrière ; le peplum de synthèse est nn peu trop manucuré pour être honnête, mais sa composition d'un vieillard accablé de remords et de chagrins, prêt à tout pour sauver son fils et sa cité, est assez impressionnante. Il réussit même à eclipser Brad Pitt peroxydé.

Peter O'Toole vient d'annoncer qu'il prenait sa retraite. Retour sur ses plus grands rôles.

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