PHOTOS - Tops 2011 : les 5 réalisateurs qui ont misé sur le mauvais projet cette année
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5. Kenneth Branagh sur Thor
“Kenneth Branagh qui dirige Thor ? C’était super bizarre... Je devais le faire !”. Ca c’est ce que Natalie Portman confiait il y a plus d’un an au moment du Comic-con. Sur le miscasting du réalisateur, le cygne blanc d’Hollywood avait raison. Marvel avait tiré du formol Kenneth Branagh - Oscarisable à 20 ans, spécialisé dans les adaptations meringuées de Shakespeare - pour adapter les aventures du fils d’Odin. Un choix faussement audacieux, et vraiment incongru, dicté uniquement par des soucis marketing. Transformer un héros de comics de seconde zone en superhéros shakespearien et en confier l’adaptation à un cinéaste nourri aux tragédies élizabéthaines était, sur le papier, une idée marrante. A l’écran, c’est une catastrophe : submergé par les CG cheap (son Asgard ressemble à un mauvais jeu vidéo), les costumes d’opérette (les tenues du roi) et les vannes pourries (la blague du coca), Branagh signe le premier foirage artistique de l’été Blockbuster.
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4. Dominik Moll pour Le moine
Cinéaste du bizarre intime et de la fracture psy (Lemming ou Harry un ami qui vous veut du bien), l’univers de Dominik Moll n’a pas forcément grand chose à voir avec le roman gothique de Matthew G. Lewis adoré par le marquis de Sade, E.T.A. Hoffmann et Antonin Artaud (qui essaya d’en tourner une version cinéma). Classique de la littérature morbide et licencieuse où s’impose la figure de Satan, l’adaptation nécessitait une ambition baroque et folle comme feu Ken Russell aurait su déployer (par exemple). Chose qu’on ne connaissait pas vraiment à Moll. Du coup, le cinéaste se prend les pieds dans le tapis du symbolisme et de l’iconographie surchargée (les gargouilles mon dieu, les gargouilles). Habitué à la sobriété, il s’enfonce dans une fièvre du décorum baroque qu’il ne maîtrise pas et reste paradoxalement trop sage et trop référenciel (Hitchcock, le cinéma bis italien) pour vraiment habité ce conte délirant.
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3. Rob Marshall sur Pirates des Caraïbes 4
Une comédie musicale gym tonic, un conte geisha façon Pier Import et le massacre d’un Fellini auront donc suffi à faire de Rob Marshall LE yes man hollywoodien. On savait que la franchise PdC devait voguer vers de nouveaux horizons, que Disney devait trouver du sang neuf pour corriger le tir après un épisode 3 décevant (une armée de crabes qui porte un bateau sur son dos ? Sérieusement ?).
Gore Verbinski parti dans des délires gonzo (Rango ou le projet Lone Ranger) c’est donc à Marshall que revient la lourde tâche de mettre en scène la quatrième aventure de Jack Sparrow. Pourquoi lui ? “Parce qu’il comprend le mouvement et qu’il savait comment gérer une scène d’action d’une manière plus neuve et plus subtile” expliquait le producteur Jerry Bruckheimer. La Fontaine de jouvence reprend les incunables de la série : rythme épileptique, mélange de fantastique et d’aventure, kohl de Johnny Depp... mais plus rien ne fonctionne. Ecrasé par le production design et les nouveaux personnages inexistants (deux caractéristiques des prods Marshall), le film se met sur des rails qu’il ne quittera jamais. Là où Verbinski hystérisait chaque plan avec une idée de mise en scène ou un sens du ride hallucinant (quitte à risquer la rupture), Marshall lisse tout. A part la scène des sirènes (brutale), PdC4 distille un ennui éprouvant et confirme que les productions de ce genre ne fonctionnent pas en pilote automatique...
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2. Jim Sheridan sur Dream House
Pas d’Irlande. Peu d’humanisme. Et surtout pas l’ombre d’un thème fordien à l’horizon. Et comme Craig n’a rien à voir avec Day-Lewis on se demande bien pourquoi Sheridan s’est embarqué dans ce film de maison-hantée-et-psycho-killer absolument navrant. Réalisé avec les pieds par l’auteur de My Left Foot, Dream House fut le nanar de la rentrée et un four notoire (même pas 10 millions de dollars en première semaine aux Etats-Unis). On se consolera en rappelant que Sheridan avait renié son film et avait même voulu faire retirer son nom du générique...
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1. Michel Gondry sur Green Hornet
Gentil poète du cinéma bricolé et farouche ennemi du superhéros (ce qu’il avouait pendant la promo), Gondry n’avait a priori rien à faire sur The Green Hornet. D’ailleurs c’est Stephen Chow (le Jim Carrey chinois) qui devait à l’origine s’occuper de l’adaptation de la série 60’s avant que des “différents artistiques” ne le poussent vers la sortie. Emmené par Seth Rogen, le projet s’oriente finalement vers la gaudriole et la déconne. C’est lui qui appelle Gondry à la rescousse.
Mauvaise pioche : dépassé par la taille de la machine hollywoodienne, le cinéaste ne s’en sort pas et aurait même été obligé de revoir sa copie. Incapable de mettre en scène les séquences d’action, ou de donner du rythme à la comédie potache, il compense tout ça avec deux-trois idées marrantes et une distance ironique parfois désagréable. Pendant ce temps-là, Christoph Waltz fait de son mieux et Rogen fout tout par terre... Soyez sympa, rembobinez ?

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