Les meilleurs films de geeks

13/08/2009 - 16h34
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  • 10. Le Seigneur des anneaux (Lord of the Rings), de Peter Jackson (2001)9. Serenity, de Joss Whedon (2005)7. Evil Dead (The Evil Dead), de Sam Raimi (1981)5. Retour vers le futur (Back to the Future), de Robert Zemeckis (1985)4. Kill Bill, de Quentin Tarantino (2003)3. Hellboy 2, de Guillermo del Toro (2008)2. Matrix (The Matrix), des frères Wachowski (1999)1. La Guerre des étoiles (Star Wars), de George Lucas (1977)8. Shaun of the Dead, d'Edgar Wright (2004)6. Aliens, de James Cameron (1986)
  • 10. Le Seigneur des anneaux (Lord of the Rings), de Peter Jackson (2001)10. Le Seigneur des anneaux (Lord of the Rings), de Peter Jackson (2001)

    Peter Jackson n'est pas un génie, pas même un bon metteur en scène, tout juste un réalisateur passé d'artisan sympathique à opérateur sur grosse machine. Il doit sa place sur notre podium à son inévitable adaptation du Le Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien, pavé et matrice esthético-littéraire de l'Heroic Fantasy. Soit la référence absolue pour amateurs du genre, fans de jeux de rôle et autres dérivés en jeux vidéo. Les films ont eu le succès que l'on connaît, et il faut reconnaître que matérialiser à l'écran l'univers de Tolkien était un pari ambitieux - sans effets spéciaux, spécialité du cinéaste, le film n'aurait probablement jamais vu le jour. Jackson donc, bon geek et lecteur assidu, s'attaque à son bouquin de chevet pour livrer un métrage d'une durée fleuve respectant l'oeuvre originale. Les fans crieront au génie, d'autres plus sceptiques ne trouveront à cette trilogie que des défauts d'aspect (filmage, montage, récit). Des films sans âme ni regard, fades mais imposants.

  • 9. Serenity, de Joss Whedon (2005)9. Serenity, de Joss Whedon (2005)

    Avec Serenity, Joss Whedon, célèbre créateur de Buffy contre les vampires, a voulu apporter une conclusion à sa série Firefly, sacrifiée par la Fox après la diffusion de douze épisodes sur les quinze mis en boîte. Le film ne connaîtra pas grand succès, mais il sera néanmoins célébré par les fans du scénariste et réalisateur, qui aura porté à bout de bras son projet ambitieux mélangeant space opéra et western (ce qui est plus ou moins la même chose). Whedon, grande figure de la geek culture, connu aussi pour ses scénarios de comics, livre ainsi l'une des rares oeuvres dans l'histoire du cinéma faites dans l'idée, d'abord, d'apporter des réponses à son public. Le film sera donc dense, presque trop, ne voulant rien laisser en suspens de ce qui au départ devait s'étirer sur plusieurs épisodes. Un cas d'école donc, pour une oeuvre saturée de références et qui prouvera que Whedon doit encore faire des efforts pour démontrer ses talents de réalisateur. Une curiosité néanmoins.

  • 7. Evil Dead (The Evil Dead), de Sam Raimi (1981)7. Evil Dead (The Evil Dead), de Sam Raimi (1981)

    Bien avant qu'il adapte Spider-Man à l'écran, Sam Raimi était un amateur féru de comics depuis sa jeunesse. On lui devra ainsi Darkman, annonçant déjà les aventures de l'homme araignée, mais aussi Evil Dead, son premier film, où l'influence de la BD est évidente : univers, emploi du cadre, personnages, traitement très graphique de la violence etc. Le film sera par ailleurs adapté plus tard en comics, juste retour à l'envoyeur pour une oeuvre, plutôt une trilogie, qui demeure encore aujourd'hui parmi les références du cinéma d'horreur. En ce début des années 80, la génération de cinéastes cinéphiles ou amateurs de pop culture s'installe dans le paysage hollywoodien, dans la continuité des Geaorges Lucas, Stephen Spielberg et autres Joe Dante ou John Carpenter.

  • 5. Retour vers le futur (Back to the Future), de Robert Zemeckis (1985)5. Retour vers le futur (Back to the Future), de Robert Zemeckis (1985)

    Film de geek devenu l'un des emblèmes de toute une génération de geeks (et pas seulement), Retour vers le futur compte parmi les chefs-d'oeuvre du cinéma populaire des 80's. Pour son troisième film, Robert Zemeckis compose donc un objet mythique illustrant à la fois le rapport de sa génération à une époque d'innocence à jamais perdue (les 50's), et une volonté d'y revenir, plutôt d'en passer par là, pour retrouver sa splendeur, sa naïveté, son classicisme, afin de l'actualiser. Avec son aventure à coups de voyage temporel, le cinéaste opère ainsi un retour nostalgique, qui est aussi un hommage à la série B, tout en formulant une idée de l'évolution technologique comme signe du temps. Temps qu'on peut manipuler, comme le cinéma, la grande obsession de tout cinéaste et de Zemeckis en particulier, chez qui la technique, comme James Cameron, est l'un des enjeux persistants. Plus tard, pour tout contrôler, il ira jusqu'à recouvrir la réalité par le digital (Beowulf, A Christmas Carol).

  • 4. Kill Bill, de Quentin Tarantino (2003)4. Kill Bill, de Quentin Tarantino (2003)

    Geek ou pas geek Quentin Tarantino ? Pas si évident que ça. La question est complexe, comme ses films, qui sont tous beaucoup plus que de la citation. L'auteur de Jackie Brown (son chef d'oeuvre), invente en effet un rapport inédit avec le cinéma. Il crée des univers où ce dernier est une composante de la réalité du film, ses personnages ne citent donc pas pour étaler les connaissances encyclopédiques de son réalisateur, mais parce que leur histoire, et donc celle du monde, est construite avec le cinéma. Kill Bill (1 et 2 peu importe), son grand film hommage conçu comme un voyage à travers les images, en est à la fois la meilleure et plus mauvaise démonstration. Meilleure, parce que son procédé est conçu comme une perpétuelle réactualisation/réappropriation des films que son auteur admire, et qu'il fait diverger pour bâtir à la marge son propre cinéma. Mauvaise, car l'oeuvre est aussi un générique adressé à ses fans, une série de clins d'oeil, pure connivence.

  • 3. Hellboy 2, de Guillermo del Toro (2008)3. Hellboy 2, de Guillermo del Toro (2008)

    Guillermo del Toro est un geek, indiscutablement. Cinéma, comics, fantasy, n'ont aucun secret pour lui, il baigne dedans depuis qu'il est tout petit. Sauf que si le cinéaste mexicain rentre dans cette taxinomie fatalement restrictive, il sait aussi s'en dégager avec intelligence et élégance pour ne jamais souffrir de ses limites. Démonstration écrasante de talent, Hellboy 2, seconde adaptation du célèbre comics de Mike Mignolia, que del Toro dope d'un univers fantasy a priori casse gueule et finalement subtilement intégré. Ses images sont chargées d'une poésie inédite, loin de ce que Peter Jackson a pu faire avec le genre. Avec sensibilité, brio, une mise en scène virtuose, il compose un univers riche et sensible, plein, doux, et à la fois angoissé, obsédé par les ruptures avec la réalité, la place accordée à ceux qui y sont en marge par leur apparence ou identité. Il signe aussi une grande comédie romantique, l'air de rien, avec un sentimentalisme jamais mièvre. Chef d'oeuvre.

  • 2. Matrix (The Matrix), des frères Wachowski (1999)2. Matrix (The Matrix), des frères Wachowski (1999)

    Lorsque les frères Wachowski sortent Matrix en 1999, un tsunami s'abat sur le monde. On a jamais vu ça, n'en déplaise aux détracteurs du film aujourd'hui. Les frangins, sortis un peu de nulle part, abattent leurs références pop sans prévenir, pillant avec audace le cinéma hongkongais, l'animation japonaise, des pans entiers de SF et même Jean Baudrillard, qui n'en demandait pas tant. Verticale ou horizontale peu importe, la perspective des Wachowski croise des lignes, les assemblent, avec une cohérence qui fera tenir jusqu'au bout leur édifice esthético-théorique. Geeks jusqu'au dernier pixel de leur existence digitale, ils produiront une onde de choc universelle, emportant avec eux un public féru de technologie, gorgé des mêmes influences, qui fatalement leur vouera une admiration sans limite à coups de forum Internet décortiquant la matrice philosophique des films. Speed Racer ne créera pas le même enthousiasme, dommage, c'est leur chef d'oeuvre.

  • 1. La Guerre des étoiles (Star Wars), de George Lucas (1977)1. La Guerre des étoiles (Star Wars), de George Lucas (1977)

    Star Wars, ou le film de geek par excellence vu le phénomène historique qu'il a produit. Aucun exemple similaire dans l'Histoire de l'art, excepté Star Trek, encore qu'il soit moins conséquent. L'engouement provoqué par la saga mythique et fabuleuse de Georges Lucas n'aurait peut-être pas pris une telle ampleur si son auteur n'était pas lui aussi, à sa manière, un geek à l'origine. Star Wars est ainsi l'oeuvre parfaite pour accéder au haut de notre podium : elle réunit la conception et la réception, idéalement équilibrée. Lucas donc, qui recycle des tronçons de serial tous azimuts (idem pour Indiana Jones), s'inspire de multiples genres (western, SF, films de samouraïs), mélange les références historiques, philosophiques, culturelles, pour inventer un monde cohérent, riche, qui n'en finira jamais d'être revisité sous toutes les formes. Davantage, il crée une esthétique unique, avec son bestiaire de personnages, monstres, vaisseaux, architectures. Une oeuvre intemporelle et sans fin.

  • 8. Shaun of the Dead, d'Edgar Wright (2004)8. Shaun of the Dead, d'Edgar Wright (2004)

    George Romero a traumatisé des générations de kids, plus ou moins jeunes, avec ses films de zombie. Pas forcément dans le bon sens du terme, tant la flopée de suiveurs aura donné à boire et à manger depuis une dizaine d'années. En marge et plus malin que la moyenne, Edgar Wright et son comparse Simon Pegg, deux complices britanniques bien connus à la télévision locale, délocalisent avec Shaun of the Dead le zombie façon Romero dans une bourgade pavillonnaire de chez eux. En ressort un film métis, entre la chronique sociale, la pochade potache, la comédie romantique, et une relecture du genre. Geek jusqu'au bout des ongles putréfiés, Shaun of the Dead mélange les influences sans complexe, ni trop abuser des clins d'oeil et du second degré (quoique un peu). En ressort un film concept, tenu jusqu'au bout de ses ambitions. Pas de quoi réinventer la roue, on sent trop le bidule adressé à un public connaisseur, mais une initiative intéressante.

  • 6. Aliens, de James Cameron (1986)6. Aliens, de James Cameron (1986)

    Sept ans après Ridley Scott, James Cameron ressuscite la plus célèbre des bestioles extra-terrestres avec Aliens. Le film, une réussite totale de l'actionner SF, donnera ses lettres d'or à un cinéma badass avec ses marines de l'espace. Il servira aussi de modèle topographique, graphique, systémique, à tout un pan du jeu vidéo qui avec le FPS ne cessera de pomper ses longs boyaux tortueux où se déroulent des combats lourdement armés. Cameron, juste après Terminator, démontre également et une fois encore son goût pour les effets spéciaux, qu'il maîtrise comme peu d'autres alors. Un peu geek sur les bords, voire au milieu, sa passion pour la technologie est au centre de ses films, presque leur sujet, leur grande obsession, jusqu'au Titanic (modèle géant et délirant de la civilisation industrielle) et bien sûr Avatar, son projet qui promet-on va révolutionner la 3D.

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