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Nos 10 films coups de coeur à Cannes

Soudain le vide

<strong>Le pitch :</strong> à Tokyo, un junkie est tué par la police. Son âme se détache de son corps, survole la ville japonaise et surveille sa soeur. <strong>Impression cannoise :</strong> On l'attendait le <strong>Noé</strong>. Et on l'a vu ! 2h40 d'un trip halluciné, voluptueux, absolument sublime et dérangeant. <em>Soudain le vide</em> aura secoué la croisette. Le film se sera fait siffler et applaudir. De quoi s'agit-il ? D'un trip urbain, sous acide, d'une beauté sidérale, kubrickienne (le film cite <em>2001</em>) et infernale. On peut toujours dire que <em>Soudain le vide</em> est un film simpliste qui ne raconte finalement pas grand chose (en gros, c'est <em>Ghost</em>)... mais ce fut sans doute la proposition de cinéma la plus radicale du festival.

Fishtank

<strong>Le pitch :</strong> Le quotidien d'une fille de 16 ans coincée dans sa banlieue pourrie de Londres avec pour carte de visite l'insulte et le coup de boule.<strong>Impression cannoise :</strong> Après le beau <em>Red Road</em>, <strong>Andrea Arnold</strong> revient à Cannes avec <em>Fishtank</em>, un joli film qui dès le premier jour du festival venait imposer un vrai regard de cinéaste dans le sillage d'une gamine que rien ne peut arrêter. Du sexe, de la détresse sociale, un style heurté et coup de poing. Et surtout, <strong>Katie Jarvis</strong>, première révélation sidérante de Cannes. Un prix d'interprétation ?

Air Doll

<strong>Le pitch :</strong> Une poupée gonflable est confrontée à un dilemme : être pur silicone ou devenir une vraie fille. <strong>Impression cannoise : </strong>Jolie fable métaphysique à base de poupée gonflable, le nouveau film de <strong>Kore Eda</strong> est une petite merveille qui évoque <em>Edward aux mains d'argent</em> et <em>Frankenstein</em> (une créature qui veut devenir humaine). Le film impose surtout <strong>Doo Na Bae</strong>, nouvelle poupée coréenne.

Antichrist

<strong>Le pitch : </strong>Après la mort de leur enfant, un couple s'enfonce dans la dépression et l'horreur. <strong>Impression cannoise : </strong>Sixième jour du festival et enfin, le scandale. <em>Antichrist</em><em> </em>est un festival des horreurs (une excision, un perçage de jambes, le suicide en musique d'un bambin de 3 ans...) signé <strong>Lars Von Trier</strong>. Dans une mise en scène stupéfiante, le Danois regarde <strong>Willem Dafoe</strong> et <strong>Charlotte Gainsbourg</strong> sombrer dans la folie. Mysogine, facho, manipulateur, malhonnête, Von Trier aura mieux réussi son coup (secouer le festival) que son film. Mais <em>Antichrist</em> est une vraie claque et la perf' hallucinante de Charlotte Gainsbourg convainc tout le monde.

Bright star

<strong>Le pitch : </strong>La love story entre une jeune ingénue et le poète John Keats. <strong>Impression cannoise :</strong> 15 ans après sa palme d'Or pour la <em>Leçon de piano</em>, <strong>Jane Campion</strong> revient avec une histoire d'amour simple, mais envoutante. Photo évanescente, charisme des acteurs, beauté des dialogues... Campion tisse ces amours teens et immatures avec une grâce enveloppante. On est séduit.

Un Prophète

<strong>Le pitch :</strong> Les 6 années de prison d'un jeune délinquant qui va progressivement devenir un vrai caïd.<strong>Impression cannoise :</strong> On cherchait le film qui allait mettre tout le monde d'accord. Avec <em>Un Prophète</em>, <strong>Jacques Audiard</strong> signe son meilleur film et le meilleur film noir français depuis des siècles. Prison, meurtre, Islam, cancer, société. Roman d'éducation, allégorie politique. <strong>Scorsese</strong>, <em>Sur écoute</em>, <em>Sopranos</em>... Audiard se confronte à tous ces sujets/thèmes/références avec une aisance sidérante. D'une densité narrative, visuelle et philosophique stupéfiante, <em>Un Prophète</em> venait de mettre le festival KO.

La haut

<strong>Le pitch :</strong> Un petit vieux et un scout s'embarquent dans une maison volante pour une improbable aventure.<strong>Impression cannoise : </strong>Des rires, mais surtout des pleurs. <em>La Haut</em> est le plus beau film d'ouverture de mémoire de festivaliers. On y revient très vite, mais jamais un Pixar n'aura autant remué les foules. Chef d'oeuvre.

I Love you Philip Morris

<strong>Le pitch : </strong>Histoire, à peu près authentique, d?un escroc de la finance qui s?évade une demi-douzaine de fois de prison pour retrouver l?homme de sa vie<strong>Impression cannoise :</strong> Cette comédie homosexuelle délirante a apporté un peu d'humour à un festival trop sérieux jusqu'ici. <strong>Jim Carrey</strong> et <strong>Ewan McGregor</strong> sont absolument hilarants et s'autorisent même quelques dérives dans le mélo. Notre coup de coeur hors compétition.

Jusqu'en enfer

<strong>Le pitch :</strong> Une jeune banquière refuse un prêt à une vieille femme. Pas de bol, c'est le diable (ou presque).<strong>Impression cannoise :</strong> Le film devrait déjà recevoir la palme de la séance la plus fun : standing ovation, rires, tremblements. La séance de minuit 2009 aura été l'une des plus belles de mémoire de festivalier. Après sa trilogie <em>Spiderman</em>, <strong>Sam Raimi</strong> revient à ses premières amours, le gore qui tâche, et signe une comédie d'horreur d'une heure trente. Un grand huit infernal, drôle, flippant et incroyabement efficace. Avec une <strong>Alison Lohman</strong> exquise. Dans le genre, c'est ce qu'on pourrait voir de mieux cette année...

Panique au village

<strong>Le pitch :</strong> Les aventures de Cowboy, Indien et Cheval. En plus long bien sur...<strong>Impression cannoise : </strong><em>Panique au village</em> réveilla le festival letargique en fin de semaine. Rêve poétique qui fait bouger des figurines pour mômes, <em>Panique au village</em> fut une délicieuse récréation belgico-nonsensique qui aéra nos cerveaux. Les aventures de Cowboy et Indien (sortis de l'imagination d'un duo belge sous forme de brefs épisodes diffusés sur Canal) ont passé le cap du grand écran avec brio. Notamment grâce à <strong>Jeanne Balibar</strong> et <strong>Benoit Poelvoorde</strong> qui prêtent leurs voix à des personnages qui font n'importe quoi... Qu'un film d'animation aussi drôle et poétoc ait trouvé sa place dans le Festival était en soit un petit miracle.

Cannes s'achève et la cuvée 2009 aura été à la hauteur de ses promesses. Il y aura eu des déceptions (le Tarantino, le Almodovar), mais aussi des révélations. A quelques heures de la délibération, voici les chouchous de la rédaction.