Harry Potter à l'école des sorciers
Warner Bros. France

Le premier volet de la saga revient cette semaine au cinéma, en 4K.

Sorti en 2001, Harry Potter à l’école des sorciers a transformé l’événement littéraire de J.K. Rowling en un phénomène cinématographique mondial. Vingt ans après la publication française du premier tome Première profite du retour dans les salles obscures de son adaptation, en 4K, pour revenir sur 10 anecdotes amusantes autour de sa création.

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1. Le casting a bien changé
Le producteur David Heyman a misé sur un casting malin en engageant des enfants inconnus pour les rôles principaux, à commencer par Daniel Radcliffe (Harry), Emma Watson (Hermione) et Rupert Grint (Ron), puis les a entourés de comédiens phares du cinéma britannique : Alan Rickman (Rogue), Maggie Smith (McGonagall), Robbie Coltrane (Hagrid), Richard Harris (Dumbledore), Fiona Shaw (Pétunia) ou Warwick Davis (professeur Flitwick, puis le gobelin Gripsec). 

J. K. Rowling a elle-même validé ces choix, mais l’on sait que la distribution a beaucoup évolué avant que le projet n’entre véritablement en tournage. Steven Spielberg et Terry Gilliam ont notamment été sur le point de le mettre en scène. Le premier rêvait d'adapter Harry Potter avec Haley Joel Osment, le jeune garçon de Sixième Sens, en sorcier à lunettes, mais l'auteur des romans voulait absolument que le rôle soit tenu par un Anglais, et non un Américain. Quand elle a refusé le jeune comédien, le cinéaste a laissé tomber le projet. Notons qu’ils ont tourné à la place A.I. Intelligence artificielle, un film de SF également porté par Jude Law… qui est l’actuel interprète de Dumbledore dans Les Animaux fantastiques, la franchise dérivée de Harry Potter. Le monde est petit ! 

Quant à Terry Gilliam, fidèle à son image, il aurait aimé construire un univers plus fou. Pour le coup, J. K. Rowling aurait apprécié les idées du créateur de Brazil, mais c'est la Warner Bros qui aurait imposé un réalisateur "plus classique". Chris Columbus (Maman j’ai raté l’avion, Madame Doubtfire...) s’est donc chargé de la mise en scène, ainsi que de celle de sa suite, La Chambre des secrets. Soit les deux épisodes les plus enfantins de la franchise.

Précisons que plusieurs acteurs populaires ont failli intégrer le projet, comme Tim Roth pour le rôle de Rogue, Robin Williams pour celui de Hagrid, et David Thewlis pour incarner Quirell. Le premier a décliné, le second n'a pas obtenu le rôle parce qu’il n'était pas Britannique, et le troisième a finalement été choisi quelques années plus tard pour interpréter le professeur Lupin.

Pourquoi Robin Williams n'a pas eu le rôle d'Hagrid

2. 8 films, 4 Dumbledore et 6 Voldemort
En parlant d’acteurs, aviez-vous remarqué que Voldemort a déjà deux interprètes dès ce premier volet. A l’époque, Ralph Fiennes n’avait pas encore été casté, puisqu’il n’arrive dans la saga qu’à partir du quatrième film, mais le futur grand méchant de l’histoire est déjà visible dans les flashbacks et la scène de la forêt interdite sous les traits de Richard Bremmer. A la fin, lorsque Quirrell montre son vrai visage (créé en numérique), le grand méchant a la voix de Ian Hart, l’interprète du professeur.
Par la suite, il sera aussi joué par Christian Coulson (dans le deuxième film), Franck Dillane (dans les souvenirs de Dumbledore du sixième opus) et Hero Fiennes-Tiffin, qui n'est autre que le neveu de Ralph Fiennes, quand il apparaît enfant.

Notons que l’un de ses principaux adversaires, Albus Dumbledore, a lui eu quatre interprètes différents. Richard Harris dans les deux premiers épisodes, puis Michael Gambon après son décès, en 2002, Toby Regbo dans les flashbacks où on le voit adolescent au cours des Reliques de la Mort, et bientôt Jude Law, donc, qui arrivera dans Les Animaux fantastiques 2. On sait aussi qu’à l’origine, le rôle avait été proposé à Ian McKellen, mais qu’il l’a refusé, car il jouait à l’époque Gandalf dans Le Seigneur des Anneaux et trouvait les deux personnages trop proches.

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3. La mauvaise habitude d'Emma Watson qui a gâché plusieurs prises
Comme Rupert Grint, Emma Watson a obtenu son premier rôle au cinéma dans Harry Potter : elle avait seulement 10 ans sur le plateau de Chris Columbus, et l’actrice en herbe avait développé une mauvaise habitude qui a gâché plusieurs prises : elle apprenait par cœur ses dialogues, mais aussi ceux de ses partenaires, et ne pouvait s’empêcher de les marmonner pendant le tournage. Invitée dans l'émission de Jimmy Kimmel en 2017, la comédienne à présent devenue une star était revenue en riant sur cette "habitude assez traumatisante. Ça a causé des problèmes sur le tournage. J’ai bousillé plusieurs prises à cause de ça. Chris (Colombus, le réalisateur) était obligé d’intervenir : ‘Coupez ! Emma, tu recommences. Tu es en train de marmonner les répliques de Dan’. Mais je ne pouvais pas m’en empêcher. J’étais tellement nulle. J’adorais les bouquins et je voulais faire de mon mieux, mais en fait, j’en faisais trop !"

La vidéo est ici.

4. Alan Rickman connaissait le secret de Rogue
Attention, spoilers ! Quand Alan Rickman a commencé à tourner les films Harry Potter, en 2000, les livres de J.K. Rowling étaient encore loin d’être terminés. La romancière savait cependant déjà comment elle comptait boucler l’histoire des sorciers et avait imaginé le retournement de situation concernant Severus Rogue.

En 2011, Alan Rickman confiait ainsi à HitFix que Rowling lui avait donné "un bout d’information qui m’a aidé à réaliser qu’il (Rogue, NDLR) était plus compliqué qu’il n’y paraissait et que l’histoire n’allait pas être si simple que les gens le pensaient (…) Je savais qu’il était un être humain et pas un automate, et qu’il semblait vouloir protéger Harry (…) C’était suffisant, je ne savais pas qu’il était un agent double".

J.K. Rowling a par la suite précisé les choses, assurant qu’elle avait confié à Alan Rickman le sens du mot "toujours". Les fans savent qu’il s’agit d’une référence à la scène où Harry apprend après la mort de Rogue que ce dernier était amoureux de sa mère, Lily. Dans un flashback, Dumbledore demande : "Même après tout ce temps ?" "Toujours", lui répond Rogue.
C'est le seul acteur qui a pu construire l'ambiguïté de son personnage dès le début de l'aventure.

Alan Rickman : ses 5 moments Rogue

5. Un succès phénomenal…
En 2001, Harry Potter est plus qu'un succès, c'est un phénomène planétaire. 974 millions de dollars récoltés dans le monde dès le premier volet d'une saga, c'est énorme. Et ça place la barre extrêmement haut pour la suite. Seul l'ultime épisode fera mieux, dix ans plus tard, en franchissant la barre symbolique du milliard.

En France, L’Ecole des sorciers a pris la tête du classement annuel en enregistrant près de 9 millions et demi d’entrées, ce qui lui a permis de battre l’autre gros succès de l’année, Amélie Poulain.

Globalement Harry Potter a connu pendant dix ans un énorme succès, récoltant entre 796 millions de dollars (l'épisode le plus faible est Le Prisonnier d'Azkaban, paradoxalement le plus créatif) et le milliard des Reliques de la Mort partie 2, donc. La saga cumule plus de 7 milliards et demi de recettes, et cela continue avec Les Animaux fantastiques, qui devrait comprendre 5 volets. Le premier a récolté 814 millions de billets verts il y a deux ans et sa première suite est attendue le 14 novembre au cinéma.

6. … mais pas d’Oscar
Au moment des Oscars 2012, soit environ 6 mois après la sortie de l’ultime épisode, Les Reliques de la Mort partie 2Daniel Radcliffe estimait que les Oscars avaient snobé Harry Potter. Après 10 ans de saga au cinéma et "seulement" 12 nominations, celle-ci avait effectivement toujours fait chou blanc, alors que son concurrent direct (en tout cas jusqu’en 2003), multipliait les prix : Le Seigneur des Anneaux a reçu 17 statuettes pour 30 nominations !

Effectivement, la franchise de la Warner Bros n’a jamais reçu d’Oscar, alors que plusieurs récompenses auraient été mérités. Une pour la musique de John Williams, notamment, mais en 2002, il était nommé face à Howard Shore, le compositeur de La Communauté de l’anneau, qui a remporté le prix. En 2003, le blockbuster le plus esthétique, Le prisonnier d’Azkaban, a seulement été nommé pour sa BO et ses effets visuels. La Chambre des secrets et L’Ordre du Phénix, eux, n'ont pas été sélectionnés du tout.

Il a en fait fallu attendre le premier volet des Animaux fantastiques, en 2017, pour qu’un film de la saga (étendue) de J. K. Rowling soit honoré d’un Oscar : celui des meilleurs costumes, remis à Colleen Atwood.

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7. Des voix fidèles
Les doubleurs de Harry, Ron, Hermione et des autres personnages clés de la saga ont généralement participé à l’ensemble de la saga. Kelyan Blanc est d’ailleurs resté la voix de Daniel Radcliffe pour ses films plus récents comme La Dame ne noir, Horns ou Jungle, et celle de Harry dans les jeux vidéo tirés des longs métrages, depuis L’ordre du Phénix, en 2007. Idem pour celui de Rupert Grint, Olivier Martret, qui l’a suivi pour Charlie Countryman (2013) et Moonwalkers (2016). Par contre, Manon Azem n’est plus la voix officielle d’Emma Watson depuis 2015. L’actrice de Section de recherches(elle joue l’adjudant Sara Casanova) trouve que la comédienne anglaise a depuis peu un timbre trop grave, qui ne lui correspond plus. 

Parmi les doubleurs des adultes, Claude Giraud a suivi Alan Rickman jusqu’au bout. Notons que Marc Cassot est resté la voix de Dumbledore après la mort de Richard Harris. Il est cependant lui-même décédé en janvier 2016. Par contre, Claude Chantal et Patrick Messe n’ont doublé McGonagal et Hagrid que durant les cinq premiers films.

8. L’univers de Harry Potter a inspiré Bruce Springsteen…
Au moment de la sortie des Animaux fantastiques, Bruce Springsteen a révélé à la BBC 2 avoir composé un morceau pour le premier Harry Potter, qui ne figure pourtant pas dans la bande originale du blockbuster de Chris Columbus sorti en 2001. "Oui, c’est vrai, répond en riant le musicien derrière les tubes ‘Born In The U.S.A.’ et ‘Streets of Philadelphia’. J’ai écrit une chanson intitulée ‘I’ll Stand By You’, mais ils ne l’ont pas utilisée. Pourquoi ? Je ne sais pas, il faudra leur demander. C’était une bonne chanson, en plus. Une ballade que j’avais écrite pour mon fils aîné, qui ne ressemble pas à ce que je chante d’habitude. Je trouvais qu’elle collait bien à l’univers. J’espère qu’elle figurera un jour sur la bande originale d’un film pour enfants, car c’était vraiment une chanson mignonne…".

La BO de Harry Potter à l’école des sorciers ne comprend finalement aucun morceau chanté par une star de la musique. C’est John Williams qui s’est chargé entièrement de l’orchestration, et par la suite, même si les compositeurs ont changé, peu de chansons ont été proposées sur les différentes BO. Une chorale d’enfants interprète ‘Double Trouble’ dans Le Prisonnier Azkaban, et quelques morceaux chantés sont présents lors du bal de La Coupe de Feu, comme ‘Do the Hippogriff’, du groupe fictif Bizarr’ Sisters (composé entre autres dans le film de Jarvis Cocker, de Pulp ou encore de Jonny Greenwood, de Radiohead).

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9… Et Michael Jackson voulait en tirer une comédie musicale !
En 2010, quelques mois après la mort de Michael Jackson, J. K. Rowling révélait que le Roi de la Pop l’avait approchée pour créer une comédie musicale autour de Harry Potter. "Je lui ai dit non. J’ai refusé des tas de projets", expliquait l’auteur, sans détailler. Le chanteur était en tout cas un grand fan de la saga : il avait même invité les trois acteurs principaux à venir le voir à Londres lors du concert inaugural de sa tournée This is It, mais il est décédé quelques semaines avant cette première représentation.

10. Daniel Radcliffe ne veut plus jamais porter de lunettes !

Tous films confondus, l’acteur a dû porter environ 160 paires de lunettes lors des tournages de Harry Potter, qui se sont étalés sur dix ans. Un accessoire dont il se serait bien passé… comme son personnage, d’ailleurs !

En 2014, soit trois ans après la sortie du dernier blockbuster, le comédien expliquait qu’il ne tournerait plus jamais de film avec des lunettes rondes, afin de ne pas trop rappeler ce personnage. "Ce sera des lentilles de contact, ou alors des montures triangulaires, en tous cas, quelque chose qui ne rappelle pas Harry Potter", expliquait-il, tout en ayant bien conscience que ce rôle lui collerait toujours à la peau. Même s’il a multiplié les projets éclectiques depuis la fin de la saga au cinéma, le comédien sait bien qu’il restera toujours Harry dans l’esprit de ses fans : "Il n’y a aucun film qui me distingue complètement d’Harry Potter aux yeux du public, et ça n'arrivera pas."

Quant à l’incontournable cicatrice du jeune sorcier, elle a été refaite 5800 fois par ses maquilleurs au cours de la décennie.

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