Wind River : Taylor Sheridan explique le lien avec Sicario et Comancheria

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A l’heure où les franchises règnent sur le cinéma moderne, jusqu’à l’écœurement, il est cocasse qu’un nostalgique de l’Hollywood d’antan du genre de Taylor Sheridan utilise le terme de trilogie pour lier ses œuvres entre elles. C’est pourtant ainsi que le Texan aime présenter Sicario, Comancheria, dont il a signé les scénarios, et Wind River, pour lequel il assume également la réalisation.

Quel rapport entre une plongée dans l’univers des narcos (Sicario), un néo-western sous forme d’ode au Texas (Comancheria) et un film-enquête froid et brûlant comme la neige (Wind River) ? Dis comme ça, on serait tenté de répondre : aucun. Mais quand c’est Taylor Sheridan, le maitre d’œuvre des trois films, qui l’explique à Collider, tout devient limpide.

"Si vous les regardez dans l’ordre, vous verrez des similitudes. Quand on y pense, il s’agit de trois pères, chacun devant faire face à un échec. Que ce soit Alejandro (Benicio del Toro, dans Sicario) qui enfreint la loi, ou Toby (Chris Pine) dans Comancheria, qui faute de parvenir à endosser le rôle du chef de famille prend la décision, lui aussi, de sortir du cadre de la loi en devenant un martyr égoïste. En ce qui concerne Cory (Jeremy Renner, dans Wind River), son erreur a été de faire confiance à son enfant alors qu’il vit dans un endroit où la loi n’existe pas. Donc oui il y a des thèmes qui se croisent, certaines questions posées dans Sicario trouvent leur réponse dans Wind River. C’est une expérience intéressante quand on les prend comme un tout, mais ils fonctionnent aussi indépendamment les uns des autres."  

Avec Wind River, Jeremy Renner trouve enfin son grand rôle

Mais s’il y a un fil rouge dans la filmographie de Taylor Sheridan, et cette trilogie dite de la Conquête de l’Ouest, c’est bien celui de l’importance des lieux, de la géographie, voire du climat, qui font partie des personnages principaux des histoires contées par la nouvelle coqueluche du cinéma américain. Une approche qui rappelle, une fois de plus, ce bon vieux genre du Western que Sheridan ressuscite avec brio.

"On retrouve plusieurs thématiques propres au Western, comme le fait de rendre soi-même la justice, voyager d’un point A à un point B, ne pas avoir une conclusion prévisible, et faire en sorte que ce chemin soit vraiment rugueux. Dans la plupart des Westerns traditionnels on voit les héros ou les méchants parcourir des plaine à cheval, je le fais aussi mais avec des voitures, des hélicoptères ou des scooters des neige. Disons que ce sont des chevaux de fer."

Dans ses trois films, Sheridan explore également la violence inhérente à l’être humain ("je ne sais pas pourquoi notre espèce est violente à ce point"), violence qui s’exprime d’autant plus dans ses territoires perdus, comme dans Wind River, région où les crimes restent le plus souvent impunis.

"J’ai beaucoup trainé dans une réserve indienne plus jeune, quand j’avais entre 20 et 30 ans, et j’en ai été témoin. J’ai vu l’échec du gouvernement, qui ne parvient pas tenir ses promesses, à protéger, dans ces zones spécifiques, avec des conséquences plus terribles qu’ailleurs."  

Finalement, sous l’œil de Taylor Sheridan, on réalise que le Far West est toujours d’actualité dans certaines contrées des Etats-Unis. Une Amérique du chacun pour soi qu’il se plait à retransscrire depuis trois films. Et ce n’est sans doute que le début. 


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