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Agora : le nouveau chef d'oeuvre d'Alejandro Amenabar

06/01/2010 - 07h42
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5 ans, 5 ans sans nouvelle d’Alejandro Amenabar. C'est long. Depuis Mar Adentro, le surdoué espagnol n’était pas repassé derrière la caméra. Agora (l'histoire d'amour entre une philosophe et un esclave chrétien) prouve qu’il reste pourtant l’un des plus grands filmeurs du moment. Avec ce peplum métaphysique, il confirme ses ambitions esthétiques et narratives. On le sait depuis Ouvre les yeux : Amenabar envisage chaque nouveau projet comme un défi et déteste la routine. Ouvre les yeux redéfinissait le fantastique espagnol ; dans Mar Adentro, "l'académisme" cachait des idées de cinéma démente. Agora est donc un pur fantasme de cinéaste : ressusciter un genre moribond pour en bouleverser les codes et le porter à son firmament. Amenabar - comme Kubrick auquel on pense souvent - s’empare donc du peplum hollywoodien pour le transfigurer. Apex classique, fresque postmoderne gonflée, Agora convoque des références écrasantes (Ben-Hur), pose sa réflexion sur la liberté de pensée et emballe le tout dans une histoire pleine de bruit, de discours et de fureur. "J'avais dès le début imaginé de garder un point de vue comique sur cette histoire d'amour. Je ne voulais pas que les clichés du peplum me paralysent" nous confiait le cinéaste, "je voulais explorer des questions essentielles".
De fait, plus dense et plus puissant que n’importe quel drame en costume aperçu récemment, Agora est d'abord un grand film d'amour (avec une sublime Rachel Weisz) qui s’interroge sur l’opposition entre raison et sentiment, savoir et intolérance, religion et pyrrhonisme. Lyrique, viscéral, Agora raconte finalement comment une civilisation stable et raffinée meurt rongée par le fanatisme. Les barbus étaient chrétiens hier, aujourd’hui ce sont les talibans. Et à travers l'histoire d'Alexandrie, c’est du monde contemporain que parle Amenabar dans un film aussi virtuose et passionnant que ses explications... Magnéto.

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COMMENTAIRES
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Film absolument magnifique que je recommanderai à tous, l'histoire est poignante, les plans magnifiques et le rythme sans pareil. N'hésitez surtout pas et faîtes vous votre propre opinion, mais vous ne resterez pas insensible devant ce chef d'oeuvre.
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Anonyme | le 24/01/2010 à 20h26 | Signaler un abus
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Le défaut d'une croyance en un dieu unique, c'est que celui-ci permet au croyant de mépriser toute autre manière de voir que la sienne puisque cette dernière est validée par l'autorité la plus haute imaginable. C'est la négation assurée de la tolérance et la garantie de guerres de religions, quelles que soient les dénégations proférées par les diverses religions monothéistes qui se présentent comme des modèles d'amour du prochain - pourvu qu'il accepte de se convertir ou au moins de se taire. Si aucun système de pensée ne peut garantir que chaque individu y adhérant soit parfaitement tolérant, au moins certains, dont les croyances polythéistes du monde païen antique entre autres, ne prétendent pas détenir l'unique vérité; et c'est déjà un bon début pour accepter les autres.
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Anonyme | le 14/01/2010 à 00h02 | Signaler un abus
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Une personne a écrit, le mercredi 6 janvier: "(...) alors que la civilisation culturelle, scientifique et politique sur laquelle nos sociétés se sont construites reposent pour une grande part sur les progrès apportés par le christianisme?" C'est plus faux que vrai, les avancées technologiques et philosophiques de notre civilisation ont surtout été faites à la Renaissance, qui s'appelle ainsi car on l'a considérée comme la "Renaissance de l'antiquité". Les avancées faites au Moyen-Age l'ont été par des personnes souvent mises au banc de la société, dans le cas de la plupart des scientifiques, et par des personnes se mettant de fait "hors la loi" pour en construire une autre, comme l'ont fait ceux qui ont réinventé la démocratie au Moyen-Age et en Italie au début de la Renaissance italienne. Bien-sûr ce n'est pas un fait généralisable, mais la plupart(70%?) de ces "inventeurs" et philosophe étaient en marge de la chrétienté.
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Anonyme | le 11/01/2010 à 20h18 | Signaler un abus
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Les pires choses sont et ont été faites au nom de DIEU !!! Plus on est inculte, plus on croit !!
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Anonyme | le 10/01/2010 à 19h57 | Signaler un abus
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La trame du film, dont on peut voir au générique de fin la longue liste de conseillers historiques, est totalement fidèle aux événements historiques connus. Socrate de Constantinople (Constantinople, 380 - 450), historiographe romain chrétien de langue grecque, spécialisé dans l'histoire de l'Église, et qui avait 35 ans en 415 l'année de la mort d'Hypatie d'Alexandrie, rapporte dans son Histoire de l'Église (vers 440) : « Il y avait à Alexandrie une femme du nom d’Hypatie ; c’était la fille du philosophe Théon ; elle était parvenue à un tel degré de culture qu’elle surpassait sur ce point les philosophes, qu’elle prit la succession de l’école platonicienne à la suite de Plotin, et qu’elle dispensait toutes les connaissances philosophiques à qui voulait ; c’est pourquoi ceux qui, partout, voulaient faire de la philosophie, accouraient auprès d’elle. Contre elle alors s’arma la jalousie ; comme en effet elle commençait à rencontrer assez souvent Oreste, cela déclencha contre elle une calomnie chez le peuple des chrétiens, selon laquelle elle était bien celle qui empêchait des relations amicales entre Oreste et l’évêque. Et donc des hommes excités, à la tête desquels se trouvait un certain Pierre le lecteur, montent un complot contre elle et guettent Hypatie qui rentrait chez elle : la jetant hors de son siège, ils la traînent à l’église qu’on appelait le Césareum, et l’ayant dépouillée de son vêtement, ils la frappèrent à coups de tessons ; l’ayant systématiquement mise en pièces, ils chargèrent ses membres jusqu’en haut du Cinarôn et les anéantirent par le feu. Ce qui ne fut pas sans porter atteinte à l’image de Cyrille et de l’Église d’Alexandrie ; car c’était tout à fait gênant, de la part de ceux qui se réclamaient du Christ que des meurtres, des bagarres et autres actes semblables soient cautionnés par le patriarche. » Son père, Théon d'Alexandrie le Mathématicien (335 - 405) était un érudit et le dernier directeur du Musée de la Bibliothèque d'Alexandrie, le Museion, jusqu'à ce qu'il soit fermé par le patriarche Théophile d'Alexandrie sous les ordres de l'Empereur Romain Théodose Ier en 391. En 380, Théodose Ier était devenu l’ardent défenseur des Chrétiens et à Thessalonique, il avait publié l’édit (dit édit de Thessalonique) suivant lequel : « Tous les peuples doivent se rallier à la foi transmise aux Romains par l’apôtre Pierre, celle que reconnaissent Damase et Pierre d'Alexandrie, c’est-à-dire la Sainte Trinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » Enfin, dans le code de 409 de Théodose II (401 - 450), l'Empereur Romain d'Orient à l'époque de la mort d'Hypatie, le mot "païen" remplace définitivement l'ancien terme de "gentils", pour désigner toutes les croyances non-chrétiennes et au titre De paganis sacrificiis et templis, il est écrit qu’il faut détruire les lieux de culte païens avec toutes leurs idoles, une perte inestimable du point de vue artistique et culturel.
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Anonyme | le 08/01/2010 à 17h16 | Signaler un abus
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Savoir que de tels fanatiques ont été élevé au rang de Saint par l'Eglise, me fait vomir. Mais tout de même quel film grandiose, on avait besoin d'un film pour se souvenir de tout le temps que nous avons perdu avec ce savoir perdu puis retrouver un millier d'année plus tard.
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Anonyme | le 08/01/2010 à 00h50 | Signaler un abus
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Film grandiose ,émouvant ,qui place notre vie aujourd'hui devant toutes ces réalités ,le non respect de l'autre pour ces pouvoirs ,an nom de Dieu ,des Dieux .N'est ce ce pas que nous sommes entrain de réaliser ?; Dans le commentaire précedent ,Gabriel ,repousse cette réalité ,le christainisme ne peut être dans cette histoire fanatique ,les récits de l'inquisition proches encore sont là non inventés ,et tant trés récentes dans le monde ,étayées de déclarations diverses ,ou condannations . Merci à ces êtres courageux qui osent ,provoquer ,ou aussi sincérement nous secouer pour un monde qui doit peut peut s'éveiller ,pour ne reproduire sans cesse ,l'intolérance ,le sectarisme ,merci à Alejandro et merci aussi à vous de témoigner par vos propos l'implication du christianisme ,dans l'influenc de ce que nous sommes aujourd'hui ,puissance oui ,là nos valeurs ,et le résultat ,mais est-elle la seule religion qui faconne l'humanité ,malgré cet apparent repli du monde vivant? merci à ceux qui participent à cet éveil ,rendre porter la mémoire ,de ce qui est là ,
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Maryam30 | le 07/01/2010 à 13h10 | Signaler un abus
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Il faudrait quand même ne pas prendre le cinéma pour de l'histoire. Dans le cas précis de la disparition de la Bibliothèque d'Alexandrie, trois événements distincts sont rapportés par des historiens. Les sources sont extrêmement limitées et les positions des historiens tout aussi tranchées les unes que les autres7. La seule certitude est qu'aucune trace matérielle de la bibliothèque d'Alexandrie n'a été, à ce jour, identifiée ou retrouvée. L'absence d'élément matériel met donc les chercheurs dans l'impossibilité de valider, infirmer ou corroborer les dires des sources qui, au fil du temps, ont pu être manipulées, incomprises ou interprétées (dans un sens ou un autre). L'évêque d'Alexandrie Theophilus, une bible en main, se tenant debout triomphalement sur le Sérapéum. Le dieu Sarapis est représenté couronné à l'intérieur du temple (en bas de l'image). Illustration en marge d'une chronique écrite à Alexandrie au début du ve siècle. Il y a trois principales hypothèses pour expliquer la destruction de la bibliothèque d'Alexandrie : la guerre civile romaine entre César et Pompée (env. -50) ; les conflits de primauté politique et religieuse entre paganisme et christianisme (250 - 350) ; les conséquences de la conquête arabe (env. 650).La vérité se trouve certainement dans la conjugaisons de ces trois moments de l'histoire. Pourquoi est-ce si facile de démolir le christianisme comme source de tous les maux, alors que la civilisation culturelle, scientifique et politique sur laquelle nos sociétés se sont construites reposent pour une grande part sur les progrès apportés par le christianisme? Ce sera toujours pour moi un mystère! Que des gens aient trahis l'idéal, ce qui arrive dans n'importe quelle corporation, n'implique pas nécessairement que cet idéal soit mauvais. Gabriel
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Anonyme | le 06/01/2010 à 10h48 | Signaler un abus
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