Trois raisons de (re-)découvrir Samuel Fuller

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La rétrospective à la Cinémathèque Française de Paris et la sortie en vidéo d’un portrait intime par sa fille, incite à se replonger dans l’œuvre foisonnante d’un des plus grands francs-tireurs du cinéma américain.

La guerre et la plume

Samuel Fuller (1912-1997) a tâté du journalisme dès 12 ans, fait la guerre a 30 et signé son premier long métrage a 37. L’homme, fils d’immigrés juifs d’Europe de l’Est, a su faire le dos rond pour satisfaire les pontes d’Hollywood et montrer les crocs quand il le fallait. Il est une sorte de trait d’union entre le classicisme de l’âge d’or des studios et la modernité à partir des sixties. Cela donne une carrière un brun erratique mais avec des lignes de forces évidentes. Son passé de journaliste a donné le fringant Violence à Park Row (1952) et le paranoïaque Shock Corridor (1963). Les cicatrices de la guerre ont permis entre autres: le tendu Baïonnettes au canon (1951), l’oppressant  Les maraudeurs attaquent (1962) et la fresque intimiste Au-delà de la gloire (1980).

 

Triple face

Samuel Fuller a donné à son autobiographie le titre énigmatique : Le troisième visage (ed. Allia) . Il s’en explique: "Ne trouvant pas de nom accrocheur en psychologie pour mon moi privé, j'ai trouvé "le troisième visage". Ce n'était pas juste pour moi un concept, mais la geisha captivante, fantasque, intime et séductrice de mon cerveau." L’emploi du mot "geisha" n’est pas fortuit tant Fuller s’est passionné pour l’extrême orient. Ainsi sa Maison de bambou (1955) peut se targuer d’être le premier film hollywoodien intégralement tourné au Japon. Sa filmo compte aussi : J’ai vécu l’enfer de Corée (1951), Porte de Chine (1957) ou Le kimono pourpre (1959), film noir trépidant et antiraciste situé dans le Little Tokyo à Los Angeles. On notera également dans sa pléthorique filmo : Le démon des eaux troubles, film de sous-marin de 1954 certes mineur mais qui recèle quelques saillies de mise en scène. Témoin cette séquence où l’image soudain baignée dans une lumière rouge, érotise l’action au maximum permettant à Richard Widmark et Bella Darvi un rapprochement sauvage. Ce film de commande anti-communiste tout en cinemascope a été tourné dans la foulée d’un des plus grands films de Fuller : le thriller Le port de la drogue (1953) avec le même Widmark. L’autre sommet étant un western : Quarante tueurs (1957).

 

Fuller intime

La fille de Samuel Fuller, Samatha a signé A Fuller Life, un documentaire en forme de portrait de son père tout juste édité en vidéo chez Carlotta, où des "amis" (James Franco, James Toback, Mark Hamill, Tim Roth…) lisent des extraits du Troisième visage et d’autres textes de Fuller, le tout illustré par des archives personnelles de la famille. Une belle occasion de se plonger dans les mille vies de l’homme au cigare à la crinière blanche qui tira sa révérence cinématographique avec notamment une adaptation étonnante d’un roman de Romain Gary (Chien blanc), Dressé pour tuer, récit sauvage et brutal d’un chien raciste. Le cinéaste qui s’est un temps installé en France est, lui, resté farouchement indomptable.

Rétrospective Samuel Fuller à la Cinémathèque Française de Paris du 3 Janvier au 15 Février

En Blu Ray et DVD : A Fuller Life de Samantha Fuller chez Carlotta.


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