Un Barrage contre le Pacifique
Diaphana Films

L’adolescence de Marguerite Duras est au programme ce soir d’« Une dose de ciné » sur France O.

Un roman largement autobiographique

Une mère - abusée par l’administration coloniale et ayant investi toutes ses économies dans des terres incultivables – qui survit tant bien que mal dans l’Indochine de 1931 avec ses deux enfants de 20 et 16 ans, Joseph et Suzanne. Avant de voir dans l’intérêt du fils d’un riche homme d’affaires chinois pour sa famille un moyen de s’en sortir… Publié en 1950 au moment où sa mère rentre en France pour cause de guerre d’Indochine, ce troisième roman de Marguerite Duras se révèle largement autobiographique sur l’adolescence de celle née en 1914 à Ho- Chi Minh- Ville. Et même si elle manque le Prix Goncourt de peu (remporté à la surprise générale par Les jeux sauvages de Paul Colin, peu passé à la postérité depuis), il la révèle aux yeux de tous.

Un roman déjà porté une fois à l’écran

Cinquante ans avec que Rithy Panh ne s’en empare en réunissant le trio Isabelle Huppert- Gaspard Ulliel- Astrid Bergès- Frisbey, Un barrage contre le Pacifique avait déjà été porté à l’écran en 1958 par René Clément, peu avant qu’il ne mette en scène Plein soleil. Au casting de cette co- production italo-américaine, on retrouve un casting de choix : Silvana Mangano (Riz amer), Anthony Perkins (deux ans avant Psychose) et Jo van Fleet, révélée trois ans plus tôt face à James Dean dans A l’est d’Eden. Un James Dean qui faisait d’ailleurs partie du casting envisagé au départ pour ce Barrage contre le Pacifique avec Anna Magnani dans le rôle de sa mère. Avant que sa mort prématurée en 1955 ne brise net à ce rêve…

Un cinéaste roi du documentaire derrière la caméra

Bien que révélé en 1994 par une fiction – Les gens de la rizière, sélectionné en compétition à Cannes -, c’est avant tout par le documentaire que s’exprime merveilleusement Rithy Panh, rescapé des camps de travail des khmers rouges dans lesquels il perdit ses parents et une partie de sa famille. Et ce avec des chefs d’œuvre comme S21, la machine de mort khmère rouge, Duch, le Maître des forges de l’enfer ou L’image manquante. Depuis Un barrage contre le pacifique, il n’a d’ailleurs plus réalisé de fiction pour le grand écran. Juste un téléfilm, Gibier d’élevage, diffusé en 2011 par Arte.