Solo : A Star Wars Story, la critique sans spoiler

Solo : A Star Wars Story

Que vaut le nouveau spin-off de Star Wars ?

"Réalisé par Ron Howard". Ce nom au générique suffira à faire rager ceux qui voulaient que Solo soit shooté par les deux réals hype de 21 Jump Street et La Grande Aventure Lego, Phil Lord et Chris Miller, virés en plein tournage pour avoir oublié qu'ils ne faisaient pas un film à eux, à la déconne, mais qu'ils étaient employés de Lucasfilm pour faire un boulot. Le vétéran Howard, lui, est là pour faire le job. Compagnon de longue date de George Lucas, le réalisateur a donc été chargé de terminer le deuxième film dérivé de Star Wars consacré à la jeunesse de Han Solo. Le film est donc emballé efficacement, mais se perçoit très clairement comme un pur produit dérivé, à l'instar des bandes dessinées consacrées à Star Wars parues dans les années 80 où Luke, Han, Leia et les autres vivaient mille et unes aventures, enrichissant à mort l'univers de Lucas sans que cela ne prête vraiment à conséquence : il s'agissait d'aventures de papier. Elles se déroulaient à côté des films. Elles n'étaient pas événementielles. Comme ces BD, Solo : A Star Wars Story n'est pas un événement. C'est un bon film d'aventures, une bonne BD, un bon divertissement. Ce n'est pas Les Derniers Jedi. Envisagé comme un film de casse galactique situé dans le monde des vauriens et des contrebandiers, Solo reste cool à regarder. Mais la mythologie Star Wars, à l'arrière-plan, n'est guère présente, sauf pour boucher maladroitement les trous volontaires du premier film de Lucas : nous n'avions vraiment pas besoin de savoir ce qu'était le "raid de Kessel en douze parsecs". On préférait l'imaginer. Tout comme Solo ne peut faire aussi bien que Les Derniers Jedi en termes d'ampleur et de cinéma, évidemment Alden Ehrenreich ne peut pas faire aussi bien qu'Harrison Ford. Sans surprise, c'est Donald Glover qui tire le mieux son épingle du jeu en jouant un jeune Lando Calrissian charmant et souple.

Unhappy Days

Au début du film, Han vole un speeder pour foncer à toute berzingue dans les rues pluvieuses de sa planète natale, pour échapper aux forces violentes qui dominent sa vie. Il suffit de ce moment-là pour se rappeler d'American Graffiti, plongée dans des années 60 fantasmées où George Lucas filmait Ron Howard et Richard Dreyfuss au volant de grosses bagnoles. Un film déjà rétro et nostalgique où le futur réal de Star Wars proposait à l'Amérique de 1973 d'oublier le Vietnam. Et dès la troisième séquence de Solo, Han est plongé dans l'horreur de la guerre impériale lors d'une séquence incroyable et inédite dans l'univers cinéma de Star Wars. Même si Solo n'est pas à la hauteur des autres Star Wars, il suffira au spectateur de ressentir cette connexion avec Howard pour que le film se colore d'une jolie teinte nostalgique et complètement funèbre, la teinte d'un monde où les amours adolescentes sont mortes et les figures paternelles nous lâchent. La fin du film -sans spoiler- est à ce titre curieusement émouvante, même si elle rend une suite inévitable. Plus rien de nouveau ne va arriver. Comme si Ron Howard nous disait que son Richie Cunningham de Happy Days est bel et bien parti pour le Vietnam. Comme tout le monde, il n'est jamais revenu.

Exclu - "Nous pensons que le prochain spin-off de Star Wars sera consacré à Lando Calrissian"

Bande-annonce de Solo : A Star Wars Story, en salles le 23 mai prochain :

 


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