Sleepy Hollow : "On ne coupe pas les têtes sans éclabousser les feuilles mortes" [critique]

Sleepy Hollow

La Légende du cavalier sans tête, de Tim Burton, reviendra dimanche soir sur Arte.

L’an 2000 démarrait en France avec un film événement : Sleepy Hollow La Légende du cavalier sans tête. Entre Mars Attacks ! et La Planète des singes, Tim Burton revenait avec ce conte gothique porté par Johnny Depp et Christina Ricci, qui sera proposé à la fin du week-end sur Arte. Le long-métrage avait fait la couverture du magazine en janvier, en proposant d’abord une interview du réalisateur, où il évoquait notamment ses acteurs et son amour des films d'horreur de la Hammer, puis le mois suivant était marqué par un portrait de Ricci, et enfin la critique du film, signée Gérard Delorme, qui vantait la beauté visuelle de cette enquête du XIXe siècle.

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"Dans Sleepy Hollow, le détective joué par Johnny Depp emporte avec lui une bizarre panoplie d’instruments optiques qui lui permettent d’ajuster à son propre regard les événements sur lesquels il est chargé d’enquêter. De la même façon, Burton puise dans son infini réservoir d’images pour donner sa vision d’un conte horrifique populaire. Il est probable que personne mieux que lui n’aurait pu illustrer cette histoire surnaturelle de cavalier sans tête. Il est probable aussi qu’il n’y a pas trouvé la même inspiration que dans ses meilleurs films, où le drame naissait des efforts déployés par des personnages quasi schizophréniques pour concilier deux mondes différents, le normal et le monstrueux. Ce thème de la dualité est ici présent, mais seulement en surface.  (…)
Les seconds rôles sont excellents, et on regrette de ne les voir qu’épisodiquement. Et c’est un peu le problème du film : tout le plaisir réside dans une succession fluide et régulière de moments splendides, qui valent chacun mieux que l’image générale qui s’en dégage. Jamais peut-être Tim Burton n’avait créé en studio un univers avec autant de perfection –et des effets spéciaux numériques réduits au minimum. Il a même fait des progrès dans les scènes d’action, réussissant une très acrobatique poursuite en calèche. Les censeurs américains lui ont reproché d’être un peu trop gore, mais c’est plutôt une qualité : on ne coupe pas les têtes sans éclabousser les feuilles mortes.
Sans aucun doute, Tim Burton a réalisé un grand et beau film. On notera simplement que, faute de substance, il a fait davantage un travail d’illustrateur que d’auteur."

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