Six Godard à connaître pour tout comprendre au Redoutable

Le Redoutable

C'est le moment de réviser ses classiques.

Le Redoutable, l’anti-biopic de Jean-Luc Godard par Michel Hazanavicius, détourne le style du génie suisse en convoquant consciencieusement ses gimmicks sixties, tout en utilisant le tournage de certains de ses films comme toile de fond. Revue de détails.

La Chinoise (1967)

La Chinoise

C’est là que commence Le Redoutable. Et que s’achevait en 1967 une certaine idée de Jean-Luc Godard. La révolution se profile à l’horizon, et l’agitateur helvète annonce la couleur (rouge) avec ce tract maoïste filmé dans un appartement bourgeois, starring sa nouvelle muse Anne Wiazemsky. Le film est visionnaire mais les critiques sont tièdes, le grand public (celui qui a fait un triomphe à Pierrot le Fou et au Mépris) s’en contrefout, et même les intellos s’endorment devant (Jean Vilar à Avignon, scène tordante du Redoutable). L’équivalent godardien de l’accident de moto de Bob Dylan à Woodstock en 1966 : épuisé, lessivé, traumatisé, JLG meurt symboliquement pour mieux passer ensuite sa vie à se réinventer.

Une femme est une femme (1961)

Coincé entre deux chefs-d’œuvre noir et blanc auxquels Le Redoutable fait assez peu référence (A bout de souffle et Vivre sa vie), c’est le premier film en couleurs de Godard, qui met au point avec le chef opérateur Raoul Coutard son style « mondrianesque » (dixit Hazanavicius), une débauche de couleurs pop et pétaradantes, rouge, jaune, bleu, blanc. C’est aussi un sommet du genre « trois pièces cuisine », qui va devenir dès lors le territoire favori du cinéma d’auteur français, et auquel Le Redoutable, portrait d’un artiste en crise autant que joli marivaudage sexy, paye respectueusement son tribut.

Week-end (1967)

Le travelling latéral qui suit Godard et ses amis marchant dans Paris le long d’un mur graffité est un clin d’œil au spectaculaire travelling de Week-end le long d’une route de campagne embouteillée, l’un des plus fameux (et interminables) de l’histoire du cinéma. A noter qu’il y aussi un long travelling latéral dans le supermarché de Tout va bien (1972). Mais un peu moins fameux.

Une Femme Mariée (1964)

La première scène d’amour du Redoutable, en noir et blanc, très graphique, est un clin d’œil à ce film-là, l’un des moins souvent cités des Godard sixties (avec Les Carabiniers), mais qui contient pourtant quelques-uns de ses plans les plus iconiques. La preuve.

Le Mépris (1963)

Le Mepris

Capri, Fritz Lang, Homère, la Méditerranée et les fesses de BB… L’opus magnum de Godard, son grand triomphe sixties. Et le vrai modèle du Redoutable, qui est, comme l’adaptation de Moravia par JLG, l’histoire amère d’une jeune femme déçue par son amant, et apprenant douloureusement à se détacher de lui. On peut voir Le Redoutable comme un pastiche cinéphile, et c’est très bien. On peut aussi le voir comme une love story déchirante, et c’est encore mieux.

Pravda (1970)

Le Redoutable

C’est ici que tout finit. Wiazemsky est partie, Godard n’existe plus (provisoirement), il s’est fondu dans le collectif Dziga Vertov, et va tourner en Tchécoslovaquie le premier de ses films politiques seventies hardcore. C’est ici que tout fini, oui. D’ailleurs, à ce propos : si vous n’avez jamais vu un Godard de votre vie, ne commencez surtout pas par celui-ci.  

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