Simon Pegg : "Le Dernier Pub... est un compromis entre l'enfance d'Edgar et ma vie d'adulte"

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À l'occasion de la diffusion du Dernier Pub avant la fin du monde ce soir sur NT1, retour sur notre entretien avec Simon Pegg, Nick Frost et Edgar Wright à l'époque de la sortie du film.

Répliques cultes

Edgar Wright : "You’ve Got Red On You" (dans Shaun of the Dead, le gag leitmotiv du stylo qui fuit dans la poche, ndr) est celle que les gens nous citent le plus souvent.

Simon Pegg : Et "Yaaarp" ! (dans Hot Fuzz, quand  Pegg se fait passer au téléphone pour le simplet analphabète, ndr).  On a résisté à "You’ve Got Blue On You" pour Le dernier Pub avant la fin du monde. Ça semblait trop facile. On l’a consciemment évité. Je suis sûr qu’on sera puni pour ça…

Ecriture comique hyper dense

Edgar : Ça nous vient de Spaced, la sitcom qui nous a lancés, juste avant Shaun. Ça nous est venu naturellement, donc j’imagine que c’est notre style. On était déjà dans Spaced dans une forme de comédie basée sur les détails, sur la profusion de détails… Quelque chose de très geek, il faut bien l’avouer. Les épisodes étaient truffés de gags au second plan, on avait conscience que les spectateurs regardaient chaque épisode en boucle et on voulait leur donner de vraies raisons d’y revenir encore et encore… 

Nick Frost : Ça reflète aussi nos personnalités, une sorte de tac-au-tac permanent. Ce n’est pas vraiment réfléchi, c’est juste comme ça que ça marche.

Simon : En tant que spectateurs, on aime le challenge, on aime tenir une part active dans ce qu’on regarde. Une fin de film est encore plus gratifiante pour le spectateur lorsqu’on lui demande en cours de route de relier certains points dans sa tête, de "collaborer". L’expérience est plus enrichissante lorsque le film lui-même considère son public comme une entité intelligente. 

Nick : On aime à penser que quelqu’un achètera le DVD de Hot Fuzz cinq ans après sa sortie et le regardera comme si c’était la première fois, en y découvrant tout un tas de trucs dont il ne soupçonnait pas l’existence. Ça donne une plus grande longévité aux films. Potentiellement, le type regardera Hot Fuzz jusqu’à la fin de sa vie. 

Simon : Jusqu’à la fin des temps. Multiplié par l’infini.

Edgar : Et s’il regarde Hot Fuzz sur son lit de mort, on se dévoue pour venir lui montrer toutes les choses qu’il a pu rater les douze fois précédentes.

Nick : On sera sur votre lit de mort !

3 films, 1 univers de cinéma

Simon : Ahahah oui ! Et on en fera trois autres dans vingt ans.  

Nick : Et ce sera de la merde.  (Hilarité générale) 

Simon : Comment on l’appelle, notre univers ? Il n’a pas de nom cet univers…  

Edgar : Et on n’a pas de personnages qui font le va-et-vient à l’intérieur des films, plutôt des effets spéciaux et des gags qui communiquent, la manière dont c’est shooté…

Nick : L’amitié ! La nature changeante de l’amitié entre hommes. L’amitié que les hommes partagent à différents stades de la vie. On a ça.  

Simon : Les trois films expriment aussi un refus du conformisme. Des zombies, une conspiration de villageois, une menace galactique… Il s’agit toujours d’un petit groupe de gens marginalisé qui doit faire face à un collectif du Mal.

Vieillir / Rester jeune

Edgar : L’un des privilèges de cette série de films est qu’elle nous laisse l’opportunité de vieillir entre chaque opus. Six ans séparent Hot Fuzz du Dernier Pub, et je pense que ça joue en faveur du film. Si nous l’avions écrit en 2007, ça aurait été moins bien, j’en suis convaincu. Shaun est l’histoire d’un trentenaire qui doit apprendre à devenir responsable. Dans Le Dernier pub, on a quatre adultes responsables et un cinquième qui veut les ramener avec lui vers l’enfance. Ça donne une boucle intéressante sur l’idée de l’adolescence perpétuelle… On connaît tous ce pauvre gars qui refuse de dire au revoir à sa fausse gloire passée… Et vous savez, je suis très heureux dans ma vie et ma carrière aujourd’hui. Mais j’ai toujours ce désir enfoui de revenir en arrière, de rejouer les Greatest Hits de mon enfance. Je ne peux pas m’empêcher de sympathiser avec Gary. D’une certaine manière, on est pareils…

Autobiographique ?

Simon : Le film est un compromis entre l’enfance d’Edgar et ma vie d’adulte.  

Edgar : Ahah, vrai ! Avec Simon, on a grandi dans une petite ville en banlieue de Londres. On a tous fait l’expérience de retrouvailles entre vieux amis, à un mariage ou à une réunion d’anciens élèves, ce truc un peu doux-amer où l’on s’aperçoit que rien ne sera plus jamais comme avant. J’ai toujours pensé que ce serait un bon point de départ pour un film d’invasion extra-terrestre où la ville elle-même serait en question : est-ce que j’ai changé ou est-ce que la ville a changé ? Est-ce qu’on a changé tous les deux ?  

Simon : C’est le premier gag auquel on a pensé : non, on n’a pas changé, c’est la ville et tous ses habitants qui ont changé. Littéralement : ils ont été remplacés par des aliens ! Et ça devient la justification de Gary pour continuer sur sa lancée. La situation lui donne raison.

Simon et Nick : dynamique duo 

Simon : C’est important de ne pas refaire la même chose. On a pensé, pour un autre projet, jouer des ennemis façon "Spy vs Spy"…  

Nick : Ce serait dommage que les gens se lassent de nous. Notre relation dans la vie est infiniment… 

Simon (il coupe) : Finie. 

Nick : Elle est infiniment finie… Non mais voilà : en plus d’être meilleurs amis, on est acteurs, et toutes les opportunités d’approcher différemment ce dynamique duo sont bonnes à prendre.

Star Wars par J.J

Simon : Je doute que J.J fasse appel à moi. Il devrait caster des inconnus, c’est ce qui a si bien réussi à la première trilogie. Et jamais je n’irais le voir pour lui demander un rôle dans Star Wars. S’il veut me proposer quelque chose, il le fera… Mais je suis très excité de voir sa version. Il est le coup de boost dont la saga avait besoin.  

Nick : On m’a fait une offre pour jouer un garde Gamoréen (les gros à têtes de sangliers, ndr)… 

Edgar : Ah c’est génial !  

Nick : J’ai refusé. Je vais quand même pas jouer un Porc de l’espace.  

Recueilli par Benjamin Rozovas

L'histoire du Dernier Pub avant la fin du monde : L’histoire débute le 22 juin 1990 dans la petite ville anglaise de Newton Haven : cinq adolescents au comble de l’âge ingrat fêtent la fin des cours en se lançant dans une tournée épique des pubs de la ville. Malgré leur enthousiasme, et avec l’absorption d’un nombre impressionnant de pintes de bière, ils ne parviennent pas à leur but, le dernier pub sur leur liste : The World’s End (La Fin du Monde). Une vingtaine d’années plus tard, nos cinq mousquetaires ont tous quitté leur ville natale et sont devenus des hommes avec femme, enfants et responsabilités, à l’alarmante exception de celui qui fut un temps leur meneur, Gary King, un quarantenaire tirant exagérément sur la corde de son adolescence attardée. L’incorrigible Gary, tristement conscient du décalage qui le sépare aujourd’hui de son meilleur ami d’antan Andy, souhaite coûte que coûte réitérer l’épreuve de leur marathon alcoolisé. Il convainc Andy, Steven, Oliver et Peter de se réunir un vendredi après-midi. Gary est comme un poisson dans l’eau. Le défi : une nuit, cinq potes, douze pubs, avec un minimum d’une pinte chacun par pub.

Le dernier pub avant la fin du monde est diffusé ce soir à 20h55 sur NT1.


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