Showgirls : de la crucifixion à la résurrection

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Détesté hier, adoré aujourd'hui : le critique du Monde Jean-François Rauger réfléchit à l’incroyable destin du film de Paul Verhoeven.

Mise à jour du 22 janvier 2018 : Arte poursuit son cycle Paul Verhoeven avec la diffusion de Showgirls, à 21h, suivi de La Chair et le sang.

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Interview du 14 septembre 2016 : Les critiques se sont-ils plantés sur Showgirls ? Reçu comme un nanar racoleur lors de sa sortie, le film de Paul Verhoeven sur les coulisses de Las Vegas n’a pas cessé de voir sa côte d’amour grimper au cours des vingt dernières années. Alors qu’il ressort aujourd’hui en salles et en blu-ray, accompagné d’une bande-annonce qui se fait un malin plaisir de citer les critiques négatives de l’époque, on a demandé au journaliste du Monde Jean-François Rauger, pas tendre avec le film en 1996, pourquoi et comment il a fini par changer d’avis.

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Jean-François Rauger : Et je me suis planté ! J’ai peu de regrets mais celui-là en est un. Je n’étais pas très content de l’article, d’ailleurs. J’étais indécis, pas sûr de mon coup. Je sentais qu’il y avait quelque chose dans le film, je crois que le papier en témoigne, mais je ne suis pas allé au bout de ma réflexion. J’étais resté sur la déception de Total Recall et Basic Instinct, deux films que je continue de trouver mineurs. Je voyais Paul Verhoeven comme un cinéaste jadis intéressant mais qui avait perdu son inspiration. C’est ce préjugé-là qui a déterminé mon texte.

La bande-annonce de la version restaurée joue sur la mauvaise réputation du film en citant les critiques négatives de l’époque. Dont la vôtre : « Le vide, même avec la conscience de la vacuité, reste le vide. »
Il y a à la fois du vrai et du faux dans cette phrase. Oui, Verhoeven dépeint le vide de Las Vegas, et j’avais le sentiment qu’il n’y avait que du vide à l’écran. Or, le film n’est pas vide du tout…

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Aux Etats-Unis, Showgirls est devenu culte dans les années 2000 et a des fans célèbres comme Tarantino ou John Waters. En France, c’est la fameuse interview de Jacques Rivette aux Inrocks (« C’est l’un des films américains les plus importants de ces dernières années », disait le réalisateur de La Belle Noiseuse en 1998) qui a fait basculer l’intelligentsia…
Oui, ça m’a questionné. Mais c’est surtout Starship Troopers qui m’a tout fait comprendre : la dialectique entre le corps-simulacre, le corps-image, le corps fétichisé, et le corps réel, la biologie… Showgirls parle bien sûr de cela.

« De la crucifixion à la résurrection » dit Verhoeven à propos de son film. Qu’est-ce que vous pensez de ce spectaculaire revirement critique ?
Que ce n’est que justice. Quand on regarde les grands films de l’histoire du cinéma, on voit que très peu ont été compris en leur temps. L’art est toujours en avance.

L’autre critique négative citée dans la bande-annonce est celle de Frédéric Bonnaud des Inrocks. Il dirige aujourd’hui la Cinémathèque, où vous travaillez aussi. Et la Cinémathèque organisait il y a quelques mois une projo événement de Showgirls en compagnie de Paul Verhoeven…
Oui. Mais ça n’empêche pas Frédéric Bonnaud de détester le film ! Il continue de trouver ça très mauvais…

Showgirls, en salles et en blu-ray (Pathé) le 14 septembre. 

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